‹ Physiocrates (volume 2)Chapitre 24 sur 99 · III. — De CArt stérile, vu non productif · texte numérisé non relu

III. — De CArt stérile, vu non productif

Quand Ui terre préparée, sollicitée, forcée même, pour ainsi dire, a j'in* féconde, nous a donné des productions propres à nos jouisla plupart ne sont pas encore en état de servir à noire conservation, a noire bien-être, dans l'état brut de leur simplicité primitive.

Mais ta réflexion, l'adresse, l'expérience ont appris aux hommes a varie: à l'infini les objets de leurs jouissances, par les formes difnles qu'ils savent donner aux productions de la simple nature; par ions el les altérations qu'ils leur font subir; par la manière dont semblent ou les incorporent Tune a l'autre. Il est donc une seconde espèce d'arts, qui s'empare des productions, après que la fécond i té de la nature les a données; qui ne destine pas utnie Part fécond ou productif) ces fruits naturels à revivre daus une postérité semblable à eux, ou a servir de moyens préparatoires, de moyens idnctifs d'une nouvelle et plus ample récolte du même genre, mais qui se propose seulement de les façonner, afin que la jouissance en devienne plus utile ou plus agréable.

On appelle cet art stérile infécond ou non productif par opposition a Tan fécond ou productif, parce qu'en effet il s'exerce sur les productions ion pour aider et pour augmenter leur fécondité; non pour quelles se reproduisent et se multiplient, mais au contraire pour les Iles-mêmes prochainement et immédiatement utiles aux jouisses des hommes, aux dépens de celte même fécondité, qui périt sous

km de l'art stérile.

tas arts non productifs, bien loin d'être inutiles, fout dans les États pos le charme et le soutien de la vie, la conservation et le bien-être de l'espèce humaine.

La plupart mémede ces arts stériles exigent beaucoup d'esprit naturel H d< e acquise, pour les exercer comme ils le sont dans les grands

empires florissants,

Ce n'est donc pas pour déprécier on avilir cette espèce d'industrie utile^ très nécessaire, qu'il faut distinguer l'art fécond ou productif de l'art stérile, ou non productif* C'est qu'en elïet, l'un prépare et augmente la fécondité de la nature et île ses productions, l'autre se contente d'en profiler. L'un s'occupe des productions futures pour en pro-

curer la naissance, l'autre ne sVrccupe que des productions déjà nées pour en préparer la jouissance ou la consommation.

Dans les grands Élas policés, où presque tout le sol est cultivé, il n'existe que très peu de productions spontanées, c'est-à-dire, de productions qui naissent d'elles-mêmes, sans aucun travail humain préparatoire. Presque toute récolte est donc effet subséquent de travail fait par quelqu'un des arts féconds ou productifs.

Mais aussi, dans ces empires florissants, comme il n'est que très peu de productions naturelles employées dans leur état brut ou de simplicité primitive, presque toute récolte est la cause antérieure du travail à faire par quelques uns des arts stériles ou non productifs.

Je le répète, en finissant, stériles par opposition à l'art fécond, mais non par opposition à utiles, comme quelques uns seraient tentés de le croire; car, au contraire, ces arts sont dans un État policé d'une très grande utilité, d'une très grande nécessité. Les productions qu'ils emploient servent immédiatement aux jouissances qui font la conservation et le bien-être des hommes. Elles y contribuent tant par leurs qualités naturelles, que par les formes qu'elles ont acquises.

Mais les productions employées par l'art fécond ou productif servent au contraire immédiatement à la reproduction, à la multiplication des dons de la nature, et ce n'est que dans leur postérité, s'il est permis de s'exprimer ainsi, qu'elles servent médiatement à toute autre espèce de jouissance.

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