‹ Physiocrates (volume 2)Chapitre 26 sur 99 · VII. — Utilité de l'Art social · texte numérisé non relu

VII. — Utilité de l'Art social

L'exercice de l'autorité (c'est-à-dire l'instruction, la protection, F^*^ministration , qui sont les causes de la prospérité des empires ) for donc l'objet de Vart social.

1° La nécessité de l'instruction vient de ce que l'homme brut et : donné à lui-même ne développerait ni les facultés de son esprit, ni celi de ses organes. Il languirait dans l'inertie, il serait trop souvent stupic paresseux, sujet à la colère et à la cupidité, mère des violences. Il n'écoi terait souvent que des désirs fougueux, n'ayant ni la prévoyance qui 1* empêche de naître, ni l'habitude de réfléchir qui les tempère; de là na^^^^ traient trop communément des usurpations, des représailles, des ver^^^ geances.

L'utilité de l'instruction vient de ce que l'homme enseigné est capabl de pousser de plus en plus à leur perfection toute espèce de vertus bie faisantes et de justice exacte, toutes sortes de sciences, tous les arts utile et agréables.

L'instruction, qui contient l'enseignement, l'exemple, l'émulation, i le moyen de former le cœur, l'esprit et les organes des hommes, chacu^^ suivant leurs talents et leur condition ; d'en développer avantageuseme toutes les facultés, de les tourner autant qu'on peut et de plus en plu

INTRODUCTION \ Là PHILOSOPHIE ÉCONOMIQl J 665

verstegrsmd ohjet des États policés, c'est-a-dire, d'abord vers la preste l'art fécond ou productif, puis par elle vers la prospérité des autres arts, qui en est L'effet, Par la continuité, par la généralité, parla perfection de Part d'instruire. -mes s'approprient de bonne heure le résultat des réflexions, des 'aces, et des succès de plusieurs générations et de plusieurs il cotte appropriation qui développe les facultés de l'esprit, du coîiir et des organes corporels, qui en dirige remploi vers le breti commun des États policés et de l'humanité.

,i protection ou la puissance tutélaire est de deux sortes, L'une est ifiJi lie empêche, réprime et punit les usurpations faites par vio-

< e ou par fraude sur les propriétés des hommes réunis en société; Stee qu'on appelle plus communément justice distribulive, c'est la justice civile ou criminelle qui fait jouir chaque citoyen de sa liberté Mtnnelle, de ses possessions et de ses droits légitimement acquis. L'autre est extérieure; c'est la force publique militaire et politique l'État, qui le garantit des invasions du dehors, La nécessité de la protection ou de la puissance tutélaire vient de ''inclination trop réelle qu'ont les hommes à l'usurpation elaux violen parce qu'il nous est naturel à tous de vouloir jouir. Or, il semble plus y plus prompt de s'approprier le fruit du travail d'aulrui, que de ^ vaille r soi-même pour acquérir des jouissances légitimes.

Dana le vrai, l'usurpation et la violence sont les moyens les pluscoûteu \ frs p]os dangereux, les plus odieux pour chaque individu, puismirent la haine, la vengeance, les représailles, les combat:--, a** motus ta crainte, le péril et les remords.

Ils sont évidemment tout en perle pour l'espèce humaine prise en gé-

puisque tout usurpateur pourrait créer ou mériter légitimement

^B objets propres à ses jouissances, et cela souvent sans être obligé

autant de force, d'adresse et de temps qu'il en met pour pré-

pour exécuter, pour pallier ou soutenir ses usurpations.

Il n'en est pas moins vrai que, dans la fougue des désirs, l'homme est

^aliieureusement enclin à l'usurpation, h la violence, a la fraude- El c'est

i ni rend nécessaire la protection publique ou la puissance tutélaire.

L'utilité de la protection ou de l'autorité garantissante ( surtout quand

|àUe est précédée de Instruction qui rend communément les hommes

tiit-illeurs, en les rendant plus éclairés et plus industrieux), cette utilité;

-je, vient de ce que dans les Etats policés, lorsque la puissance pu-

bien organisée, lorsqu'elle est partout présente, agissante,

■apposante, elle prévient et réprime les attentats de la violence ou de la

j de privée, par une justice exacte; elle contient ou repousse les usur-

pateurs du dehors, par la force militaire de l'État et par l'efficacité de ses relations politiques avec de bons et fidèles alliés.

3° Enfin, l'administration comprend tous les travaux, tant généraux que particuliers, qui disposent le sol ou le territoire d'un État à l'exercice, à la prospérité de tous les arts féconds ou productifs, puis de tous les arts stériles qui en sont l'effet.

La nécessité de cette administration se tire de ce que la terre inculte et sauvage a besoin de préparations, pour devenir un empire organisé, une société policée.

Car il faut y former des propriétés particulière «, c'est-à-dire, des portions de terres toutes prêtes à recevoir la culture, à produire abondamment, à être récoltées commodément. Ce qui suppose, comme tout le monde sait, les défrichements ou l'enlèvement des obstacles naturels opposés k la culture, à la fécondité, à la facilité des récoltes ( tels que les pierres, les sables, les buissons ); l'extirpation des racines, des mauvaises plantes ou des arbres inutiles, et la substitution des bons à leur place; l'écoulement convenable des eaux, ou les commodités des arrosements, les clôtures, les abris contre les vents, contre le hàle, contre les animaux destructeurs; enfin, les édifices convenables pour loger les cultivateurs, leurs instruments, leurs troupeaux et leurs denrées.

C'est là ce qu'on appelle avances foncières : c'est ainsi que l'administration privée forme des propriétés particulières sur le terri toirede l'État

Il faut en même temps y former les grandes propriétés publiques, qui font valoir celles des particuliers: les chemins, les canaux, les rivières navigables, les ponts, les ports, les villages, les villes et tous les autres grands ou petits édifices publics.

C'est l'administration générale et suprême qui forme ces grandes propriétés publiques, par ses avances souveraines.

L'utilité de cette administration, tant privée que publique , n'est pas douteuse. Elle vient de ce qu'un territoire ainsi disposé, par de grandes avances de l'un et de l'autre genre, peut entretenir un nombre prodigieux d'hommes dans l'abondance et la prospérité; tandis qu'un sol tout pareil, de même étendue, mais dénué de ces avances, n'en entretiendra qu'un petit nombre, ayant peu de jouissances.

Instruire, protéger, administrer, voilà donc l'autorité ou l'art social

Dans les États policés , la perfection de l'art social est une cause de prospérité pour l'art fécond ou productif, et pour l'art (utile, nécessaire même ) que j'appelle stérile, c'est-à-dire infécond ou non productif, qui ne fait pas naître les productions, mais qui leur donne une forme, et qui rend par cette forme les jouissances plus variées, plus utiles ou pltt agréables.

VOMIQUI

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