AU COMMERCE INTÉRIEUR ET EXTÉRIEUR
C'rtluae belle idée que d'appeler tous le* homme* à la diiouMioo des vérité» ailles, et c'est un signe de grandeur que de la permettre.
lîlF.r.iER , De la législation et du commtrte des grains, 4e pari., en. u.)
Les erreurs spéculatives dans lesquelles on est tombé sur la valeur et la circulation , sur la nature et les effets de l'industrie et du commerce, ont occasionné une foule d'erreurs pratiques dans l'administration. On n'a pas craint d'apporter à la valeur et au débit des productions, des obstacles sans nombre, dont la suite a été la dégradation de la culture, la diminution du revenu national, et par conséquent celle de la population, qui décroit avec les moyens de subsistance : on a ignoré les lois de la distribution des richesses comme celles de leur formation ; on a attribué à l'argent des effets que sa circulation ne peut avoir, puisqu'il n'a d'autre mouvement que celui qui est imprimé par les productions. On a regardé comme productifs les travaux du commerce et de l'industrie, c'est-à-dire, qu'on a pris des frais pour des produits, et des dépenses pour un accroissement de richesses. Dans cette confusion
1 L'avertissement ci-dessous est joint à l'ancienne édition de cet ouvrage .- « La forme que j'ai donnée à mon ouvrage sur V Ordre social f ne m'a pas permis de discuter à fond plusieurs matières très essentielles à la théorie de Tordre. Je crois devoir le faire par une dissertation particulière, dans Inquelle je me propose de soumettre à une logique exacte les principes les plus importants, et d'en déduire les principales conséquences. »
(') V. la notice sur Le Trosne.
«SSG LE TllOSNK.
d'idées factices et reçues sans examen, comment n'aurait-on pas méconnu l'intérêt social, qui est simple et uniqae? 0*a fait prévaloir sur lui des intérêts très subordonnés et souvent très contraires, et ces fausses opinions ont induit à blesser en même temps les lois de la reproduction et celles de la justice, dont l'accord indissoluble forme l'ensemble des lois sociales.
Je tâcherai de concilier la précision avec la clarté nécessaire, pour mettre à la portée de tout le monde des matières abstraites par ellesmêmes. Je serai forcé de présenter souvent les mêmes raisonnements, parce que, la doctrine que je vais établir dérivant d'un petit nombre de principes, tous les points se rapprochent et se touchent. Dans les quatre premiers chapitres, je la réduirai à des propositions simples, suivies de leur développement; j'en ferai ensuite l'application à l'industrie et au commerce considérés sous tous leurs rapports.
Cette doctrine, que j'ai enseignée dans mes discours sur Y Ordre social, et que je vais exposer méthodiquement dans cet essai, a été publiée, prouvée et démontrée dans plusieurs ouvrages depuis quinze ans. Elle ne l'a pas encore été assez, puisqu'un auteur aussi capable que M. l'abbé de Condillac de la saisir et de la faire valoir avec tant d'avantage, n'en a adopté qu'une partie, et l'a rendue méconnaissable par un mélange d'opinions contraires. Mais cette théorie forme un ensemble tellement lié par une suite de déductions nécessaires et cohérentes, que, dès qu'on en rompt la chaîne, on ne peut plus présenter que des membres épars, des vérités isolées et altérées, des principes tantôt obscurcis par un langage peu exact , tantôt modifiés par des exceptions qui les détruisent, enfin des résultats qui ne sont justes que parce qu'ils ne sont pas d'accord avec les prémisses. L'autorité d'un auteur aussi célèbre m'en aurait imposé, si la doctrine que j'ai enseignée dans les ouvrages que j'ai publiés jusqu'ici n'avait pour moi celte évidence que rien ne peut obscurcir. Elle a pu en imposer à beaucoup de personnes, qui, n'ayant pas fait une étude suivie de ces matières, ont peine à démêler ce que la science économique peut avouer ou réprouver dans l'ouvrage de M. l'abbé de Condillac. Je ne m'altacherai pas à l'ordre de son ouvrage, mais je discuterai ses principes a mesure que la matière les amènera. J'apporterai dans cette discussion, qui n'a pour objet que l'instruction publique, tous les égards que mérite l'auteur, et j'ose me flatter qu'elle ne me fera rien perdre de l'amitié qu'il a bien voulu me témoigner \
• Tout ceci s'applique au livre : Du Commerce et du gouvernement considérés relativement Vun à l'attire, qu'avaU pubflé Condillac en 1776 , et dont les principes