Fécondité de la terre, aidée du travail de Vhomme
Le créateur, en soumettant l'homme k tant de besoins, a rendu la terre féconde, et a doué l'homme d'intelligence et de force.
L'homme se sert de son intelligence pour observer les lois de la nature, pour examiner les productions les plus propres k ses besoins, en découvrir les propriétés, et étudier les moyens de les multiplier : il fait usage de sa force et de son industrie pour solliciter et aider la fécondité de la terre. Ce n'est donc pas l'homme qui, par son travail, lui donne
se trouvent souvent cités et combattus, par Le Trosne, dans le cours du présent ouvrage.
Les principaux points de dissidence, entre Condillac et les Économistes, tenaient aux idées que le premier avait émises sur la productivité de l'industrie, les causes et la nature de la valeur, les effets de l'échange, et la division normale de la société. H est certain que son livre, qui contient d'excellentes choses, est semé de nombreuses contradictions, telles, par exemple, que celle deréputer l'industrie productive et de vouloir, cependant, reporter toute la charge de l'impôt sur les propriétaires. Du reste, et ce n'est pas une remarque sans importance, cet écrivain ne conclut pas, en faveur de la liberté, avec moins de force que les Physiocrates. Aussi pourrait-on ajouter que, depuis Quesnay jusqu'à M. Rossi, Ton ne rencontrerait peut-être pas un seul nom considérable auquel se rattache la défense du principe contraire. (E. D.)
cette faculté; elle la tient «lo la puissance du créateur et de la bénédiction originaire, source inépuisable de la fécondité de la nature. L'homme trouve cette faculté existante, il ne fait que s'en servir. Il remue la terre, la divise, et lui confie des semences qui tirent du sein où elles sont reçues la cause de leur développement. Ce principe de production est toujours prêt a agir dès qu'il est sollicité, ou plutôt il est si efficace par lui-même, qu'il agit seul et indépendamment de tout secours. Ce n'est que relativement a ses besoins que l'homme a droit d'accuser de stérilité la terre dépourvue de culture. D'elle-même, elle produit des forêts, des arbres de toute espèce, des plantes innombrables. La culture ne sait que déterminer le genre de ses productions, substituer les unes aux autres, en faciliter la multiplication par des soins, et la provoquer par des secours toujours fournis par la terre. Si les animaux ont en eux-mêmes un principe de reproduction qui leur est propre, il est toujours dépendant de la terre , puisqu'ils périraient, s'ils cessaient d'y trouver leur subsistance.
La reproduction des êtres étant un développement successif de la première création, ne peut appartenir qu'à celui qui a tiré du néant tous les êtres. Mais il associe en quelque sorte l'homme a cet acte de sa puissance, en exigeant le concours de son travail. L'homme peut donc a bon droit appeler son travail productif, lorsqu'il l'emploie a obtenir la multiplication des biens. En lui-même son travail n'est qu'une action, un mouvement, une manière d'être dirigée par l'intelligence. Il est productif ou stérile, suivant la nature de son objet et du fonds sur lequel il s'exerce; mais quoiqu'il soit stérile, lorsqu'il n'est pas appliqué à la terre, il peut être très utile et très nécessaire.
III. — Il faut considérer dans les productions » leur utilité et leur valeur.
C'est donc de la terre seule que l'homme peut tirer les moyens de remplir ses besoins. Mais il ne su Hit pas d'estimer les productions par leurs qualités usuelles, il faut considérer la propriété qu'elles ont d'être échangées les unes contre les autres, propriété qui dérive de leur utilité \
L'homme isolé qui, sans rapport avec ses semblables, vivrait sur la récolte, n'estimerait dans les productions que son utilité personnelle:
1 V. la note 2 de la page 479.
* Ce passage et les paragraphes suivants prouvent que les Physiocrates avaient conni, avant Smith, l'importante distinction de la valeur en usage et de la valeur *'H échange. (E. D.)
il réglerait l'étendue de sa culture sur sa consommation, et ne travaillerait pas pour faire naître un excédant qui lui deviendrait inutile. Dèslors, le moindre accident physique pourrait le réduire à manquer du nécessaire; et faute de pouvoir embrasser plusieurs cultures et remplir les besoins de préparations, il vivrait dans une privation presque générale.
Mais pour peu que deux familles s'établissent a portée Tune de l'autre, il se forme entre elles une association naturelle de travaux et de services, et rechange se présente pour remplir tous les besoins, étendre les jouissances, et faire trouver a chacun, dans sou exédant en un genre, les moyens d'acquérir ce qui lui manque dans un autre.