‹ Physiocrates (volume 2)Chapitre 68 sur 99 · V. — Première cause de la valeur, la propriété usuelle · texte numérisé non relu

V. — Première cause de la valeur, la propriété usuelle

Il est plusieurs causes combinées qui décident de la valeur, et c'est de leur concours qu'elle résulte : elle est d'abord fondée sur la propriété usuelle !.

En effet, une chose qui ne serait d'aucune utilité, ne pourrait avoir de valeur; mais cette utilité peut n'être que relative, une même chose pouvant être réputée utile par les uns et inutile par les autres. Il suDit qu'elle soit connue pour être recherchée par un certain nombre de personnes , pour avoir une valeur même aux yeux de ceux qui ne l'estiment pas, et qui pourront la recevoir en échange dans la vue de s'en défaire. Il est bien des choses qui ,. sans avoir une utilité réelle ou sans avoir plus de mérite que d'autres du même genre, acquièrent de la valeur ou une plus grande valeur par la fantaisie, la curiosité ou la mode- Tant que les motifs qui les font rechercher subsisteront, elles auront une valeur, quelles perdront en toutou en partie, lorsque le goût viendra à changer. C'est par celle raison que le prix des perles est si fort diminué. Les femmes à la parure desquelles servaient ces babioles, ont préféré les diamants : quelque jour elles reviendront aux perles. Un enfant préfère aujourd'hui son cheval, demain il le laissera pour son tambour.

Trouver une propriété à une chose qui n'en avait pas, c'est lui donner de la valeur; découvrir un nouvel usage d'une chose qui en avait déjà, c'est l'augmenter.

Le tabac était une plante qui n'avait aucune valeur avant que les hommes ne lui eussent trouvé une propriété. Le nouveau besoin qu'ils s'en sont fait, a donné lieu à une nouvelle culture, et par conséquent à un accroissement de population, qui, par le moyen de l'échange, trouve moyen de vivre sur ce nouveau produit. Ce besoin, loin d'être une cause d'appauvrissement, est donc une nouvelle cause de richesses (bien en-

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