‹ Physiocrates (volume 3)Chapitre 25 sur 92 · II. — De VArl fécond ou productif · texte numérisé non relu

II. — De VArl fécond ou productif

L'homme policé a poussé la réOexioû, la prévoyance et l'adresse jusqu'au point de préparer, d'assurer, de multiplier les productions naturelles, d'où dépendent sa conservation et son bien-être.

Tous les animaux travaillent journellement à se procurer la jouissance des productions spontanées de la nature, c'est-à-dire des aliments que la terre leur fournit d'elle-même.

Quelques espèces plus industrieuses amassent et conservent ces mêmes productions pour en jouir dans la suite. Presque tous ceux qui nous sont connus façonnent plus ou moins leur habitation, le lieu de leur repos, celui qui sert à l'éducation de leurs petits.

L'homme seul, destiné à étudier les secrets de la nature et de sa fécondité, s'est proposé d'y suppléer en se procurant, par son travail, plus de productions utiles qu'il n'en trouverait sur la surface de la terre inculte et sauvage.

Cet art, père de tant d'autres arts, par lequel nous disposons, nous sollicitons, nous forçons pour ainsi dire la terre h produire ce qui nous est propre, c'est-à-dire utile ou agréable, est peut-être un des caractères les plus nobles et les plus distinctifs de l'homme sur la terre.

On l'appelle art fécond ou productif, parce qu'il travaille directement et immédiatement a opérer la plus grande fécondité de la nature, à tirer du sein de la terre une plus abondante récolle de productions; a préparer, assurer et multiplier la naissance des objets utiles à notre conservation et a notre bien-être.

La fécondité de la nature et de ses productions fait donc Vobjet de cet art, puisque c'est pour aider, pour multiplier les opérations de cette fécondilé, que nous l'employons avant la naissance des productions, pour que la récolte en soit plus cerlaine et plus abondanle.

La production naturelle, prise dans son état brut ou dans sa plus grande simplicité primitive, caractérise donc cet art fécond ou productif, dont elle est l'effet.

Il s'exerce sur les trois règnes de la nature; car l'homme policé fait usage des animaux, des végétaux et des minéraux divers.

On peut donc subdiviser l'art fécond ou productif en trois arts, suivant ces trois règnes.

La chasse et la pêche raisonnées et préparées, l'éducation et la multiplication (les animaux pKis ou moins domestiques, est le premier.

L'agriculture proprement dite forme le second.

INTRODUCTIOiN A LA PHILOSOPHIE ÉCONOMIQUE. 659

L*art de tirer les minéraux quelconques du sein de la terre fait le troisième.

Tous les trois appartiennent à Tart fécond ou productif, qui est la cause de la récolte et de son abondance.

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