CHAPITRE ni
Analyse particulière de la première Classe.
Cest l'art social qui caractérise cette première classe. Elle renferme donc tous les hommes dévoués à l'exercice de l'autorité publique , et même tous ceux qui remplissent les fonctions de l'administration privée, 00 qui font les avances foncières. Ce qui forme deux divisions de cette première classe, savoir : 1** celle du souverain, et 2* celle des propriétaires fonciers.
On l'appelle en général classe des nobles ou des propriétaires, et pour abr^er, chsse propriétaire. En effet, la seconde division de cette classe est totalement composée des hommes qui possèdent les héritages privés et qui sont chargés des avances foncières ; ainsi, cette seconde division forme proprement une classe propriétaire.
Mais, puisque la première division est composée de tous ceux qui exercent Tautorité souveraine, et puisque l'une des principales fonctions de cette autorité est de former, de maintenir, de perfectionner les grandes propriétés publiques, qui rendent plus immédiatement le sol de l'État susceptible des travaux de l'art productif, et par conséquent de l'art stérile, on regarde encore avec raison l'autorité souveraine comme la première et la plus grande propriété d'une société policée , ses propriétés étant réellement étendues sur toute la surface de l'Etat.
Le nom de propriétaire convient donc à Tune et à l'autre division de la première classe ; mais la nature même de ses fonctions et de ses droits la peut faire nommer aussi classe des nobles, et en ce sens, la noblesse, bien loin d'être une chimère, ainsi qu'on le dit quelquefois, est une réalité
très utile aux empires civilisés, comme je le ferai voir par Fimportance des travaux qui caractérisent cette première classe, et par leur influence sur la prospérité générale des Etats, pour le bien-être de rhumanité.
Art. P^ — Analyse de la première division en trois ordres de Mmuda--
taires du Souverain.
Tout État policé n'est proprement qu'une grande famille composée de plusieurs petites familles particulières, et Tautorité publique n'est que le devoir et le droit de pourvoir k Tinstruction, à la protection, à l'administration universelle.
Mais le chef d'une famille particulière a souvent besoin de s'associer des coopérateurs pour l'accomplissement de ses devoirs et l'exercice de ses droits, parce que la multitude et la variété des soins qu'ils exigent demandent plus de forces physiques et morales qu'un seul homme n'en peut employer.
A plus forte raison, le chef de la grande famille, qui est le souverain, a4-il besoin de s'associer, ou plutôt de mettre en mouvement une foule d'agents, sans lesquels il ne pourrait ni accomplir ses devoirs, ni exercer le droit qu'il a de pourvoir k l'instruction, k la protection, k Fadministration générale.
Ces agents sont les mandataires et les représentants du souverain dans tout ce qui regarde l'exercice de l'autorité publique ; ils lui sont comptables de la manière dont ils s'acquittent des emplois qui leur sont confiés.
On doit donc distinguer trois ordres de mandataires, suivant les trois fonctions de raulorilé publique : ordre de Tinstruetion, ordre de la protection, ordre de l'administration.