‹ Physiocrates (volume 3)Chapitre 35 sur 92 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Analyse particalière de la troisième Classe.

Art. I". — Travaux caractéristiques de cette troisième Classe.

Les avances publiques de la souveraineté, c'est-k-dire les travaux de l'art social, ou les soins de l'autorité suprême instruisante, protégeante, administrante, et les avances foncières de l'autorité domestique, qui forment les propriétés territoriales, caractérisent la première classe.

La culture^ ses préparatifs ou avances primitives, et ses procédés ou avances annuelles et journalières, caractérisent la seconde.

Toute récolte des bienfaits de la nature est l'effet de ces travaux; c'est par eux, c'est par leur efficacité qu'il existe des productions naturelles propres h nos jouissances utiles ou agréables ; des productions disposées par leurs qualités physiques k devenir ou des subsistances des êtres vivants, ou les matières premières des ouvrages de durée.

Tons ces IraTsmx piurtent le nom à^ataneei , parce qalis «ml en «At ^ '^ des préparatifs plus ou moins immédiats, qui se font cmNil les ] le fitçonnement et la consommation des productions natorelles.

Je viens d*expliqaer Tordre de ces avances productives, et d*6ii < tinguer quatre espèces diflférérentes : deux qui s'c^ièrent par h < noble ou propriétaire; savoir, les avances souveraines sur tont le aol d*un État ou d*une province, et les avances foncières sur le sol partinlier d*un héritage : deux qui s'opèrent par la classe productive; savoir, les avances primitives on les préparatifs de la culture, et les avances tonnelles on procédés joumaliersde cette exploitation : les unes ei les avties dûrigées et payées par les chefs on directeurs de la culture, appliquées anx risques, périls et fortune de ces entrepreneurs, par les i on simples ouvriers salariés de cette classe.

De là naissent des récoltes plus faciles, plus abondantes, ] de productions d'une qualité supérieure. C'est la classe prodocdve qû «» les recueille; c'est à l'entrepreneur de la culture qu'elles appartiemem, sauf l'acquittement des droits que la classe noble ou propriétaire pMl et doit réclamer pour prix des avances foncièreset souveraines. > •

Mais ces bienfaits de la nature considérés dans les mains de hdMiB productive, ne sont encore que des iitaltéret inUei , et dans cet éUità» simplicité primitive , elles n'ont point encore acquis les qualités qoi les rendent propres aux jouissances utiles ou agréables, qui font notn eooservation et notre bien-être.

11 faut que ces matières brutes soient plus ou moins polies, façonnées, combinées entre elles, pour devenir ou des subsistances journalières d'êtres vivants, ou des ouvrages de durée.

Tous les hommes qui s'occupent immédiatement à préparer ainsi des jouissances^ ou qui sont dévoués aux travaux de Fart slériU , forment la troisième classe des États policés. Je le répète encore ici, puisque nous avons éprouvé mille fois qu'on ne peut pas trop le répéter stérile^ par opposition k fécond ou productif, non par opposition k utile ou nécessaire*. Car il est de la plus suprême évidence que la plupart des productions naturelles ne nous sont agréables ou salutaires , qu'après avoir reçu des

' L'abbé Baudeau a, dans les Èphémérides de 1767, t. VIII, donné une interpré* tation fort explicite du vrai sens dans lequel les Physiocrates prenaient le mot stérile^ en rappliquant à rindustrie. Cette épithète a été trop vivement reprochée à ces philosophes, et Baudeau est entré, à cet égard, dans des détails qui touchent de tro{> près au fond de la doctrine de Qnesnay, pour qu'on n'ait pas dû reproduire son travail dans oc volume. Le lecteur Ty trouvent donc à l'Appendice du présent ouvrage. (E. D.)

mains de Fart stérile plusieurs préparatious qui font leur mérite ou leur igrément.

Voici donc le caractère distinctif de cette troisième classe et de ses travaux, c'est qu'ils ont pour but immédiat les jouissances des hommes, la consommation des productions de la nature, soit la consommation totale, subite et momentanée en subsistances, soit la consommation lente , successive et partielle en ouvrages de durée.

Art. II. — analyse de la troisième Classe en quatre divisions.

Si nous considérons les emplois divers de tous les hommes qui ne sont occupés ni aux travaux de Tart social, c'est-k-dire, à Texercice de Tantorité souveraine ou h l'administration des propriétés foncières, ni lux travaux de l'art productif, c'est-h-dire, aux préparatifs ou aux procédés de la culture , nous les trouverons partagés en quatre espèces.

Les uns façonnent les productions naturelles, ils les divisent, les polis- ; sent, les incorporent et les combinent en cent et cent manières. — j Les autres les voiturent d'un lieu dans un autre, soit dans l'état brut de: leur simplicité primitive, soit après qu'elles ont été plus ou moins façon- ' nées. — Les troisièmes les achètent de la main de ceux qui les ont produites ou façonnées , pour les revendre à ceux qui doivent les consommer.

Ces trois espèces d'hommes employés aux travaux de l'art stérile, opèrent sur les productions naturelles, et procurent aux hommes divers des jouissances utiles ou agréables, en mettant k leur portée des objets réels sous une forme convenable h leur conservation et k leur bien-être. — Mais il en est une quatrième espèce qui rendent des services pu-; rement personnels, pour lesquels ils ne mettent en usage que leur savoir,; leur adresse, leurs attentions, leur obéissance. t

Telles sont les quatre divisions de la classe stérile.

La première est celle des manufactures ou des ouvriers façonneurs; la seconde est celle des voituriers; la troisième est celle du trafic ou des marchands et négociants; la quatrième est celle des services personnels ou des simples salariés.

Art. III. Analyse de la division des manufactures en deux subdivisions.

Pour analyser avec exactitude et précision cette première division de la classe stérile, il faut distinguer, premièrement, les façons qui sont relatives aux subsistances; secondement, celles qui forment les ouvrages de durée ou de conservation.

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