‹ Physiocrates (volume 3)Chapitre 47 sur 92 · IV. — Les règles générales et particulières · texte numérisé non relu

IV. — Les règles générales et particulières

l"" Désirer la multiplication des hommes sur la terre , des hommes éclairés, justes et bienfaisants, heureux et dignes de l'être, c'est-à-dire la perfection des arts sociaux, des arts productifs, des arts stériles, c'est-k-dire l'amélioration progressive et continuelle des propriétés, l'extension et la perfection des libertés, non-seulement le désirer, mais y contribuer de son mieux , et ce par sentiment intérieur de respect et d'amour pour l'ordre bienfaisant de la nature.

Surtout ne jamais usurper aucune propriété , n'en jamais empêcher l'acquisition, la perfection , la jouissance, c'est-à-dire ne violer jamais aucune liberté^ et ce par obéissance à la loi de justice par essence.

Telle est la règle générale, éternelle et universelle de tous les hommes quelconques, sans nulle exception, en tout état et en toute circonstance.

INTRODUCTION A LA PHiLOSOPHIK ÉCONOMIQLli. 821

S" Perfectionner de plus en plus, principalement et en premier lieu, Vinstruction morale économique , c'est-à-dire renseignement de la loi naturelle de justice par essence^ dé V ordre naturel de bienfaisance sociale^ et de tout ce qui peut contribuer au maintien et au progrès continuels des trois arts caractéristiques des sociétés policées : en second lieu, la protection, tant intérieure qu'extérieure, contre les usurpateurs des propriétés et les violateurs des libertés, c'est-k-dire la justice civile et criminelle, les bonnes et sages relations politiques d'alliances défensives, la force militaire contre les invasions et les ravages de la barbarie seulement; en troisième lieu, la bonne et sage administration publique, c'est-k-dire la perception directe des seuls vrais revenus de la souveraineté, qui consistent dans une portion du produit net parfaitement disponible, telle que la classe productive ait toujours prélevé largement ses reprises et les propriétaires largement la double portion qui leur appartient, sur la valeur de la production totale, perception qui procure sans injustice et sans délit k l'autorité souveraine les moyens de remplir les fonctions augustes et sacrées de son ministère; user de ces moyens avec sagesse pour améliorer, non-seulement l'instruction et la protection, mais encore les grandes propriétés publiques et communes ^ qui font valoir toutes les propriétés privées.

Telles sont les règles éternelles, immuables, universelles, des dépositaires quelconques de l'autorité suprême.

S"* Améliorer ses propriétés foncières sans attenter k la portion de revenu qui forme le patrimoine de la souveraineté, sans subjuguer, sans dépouiller, sans avilir la classe cultivatrice, sans usurper nulle propriété, sans violer nulle liberté de nul individu : c'est la règle des propriétaires fonciers.

4"* Améliorer les exploitations productives, épargner les hommes, les travaux, les avances, le sol, en multipliant les productions naturelles, en les bonifiant dans leur espèce^ en observant, d'ailleurs, toute justice et dans l'augmentation de ses avances primitives, et dans la jouissance des fruits qu'on en retire : c'est la règle de la classe productive.

b"* Exercer ses talents acquis ou naturels, sans lésion de personnne, c'est la règle de la classe stérile.

En un seul mot, être vraiment ami des hommes^ voila toute la philo^ Sophie morale et toute Véconomie politique.

FIN DE l'introduction A LÀ PHILOSOPHIE ÉCONOMIQUE.

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