‹ Physiocrates (volume 3)Chapitre 60 sur 92 · AU COMMERCE INTÉRIEUR ET EXTÉRIEUR · texte numérisé non relu

AU COMMERCE INTÉRIEUR ET EXTÉRIEUR

CVslune bel!e idée que d'appeler tous lethomiDtf A l.i di»4iu:»s»ion des vérités utiles, et c'esl un signe de graudeur que de la permeUre.

( Nbckkr , De la légUlaiion ei du commerce des grahUf 4<' pari., cb. ii.)

Les erreurs spéciilMiivcs dans lesquelles on est tombé sur la valeur et la eirculation , sur la nature et les effets de Tindustrie et du commerce, ont occasionné une foule d'erreurs pratiques dans Tadministra- Uon. On n'a pas craint d'apporter à la valeur et au débit des productions, des obstacles sans nombre, dont la suite a été la dégradation de la culture, la diminution du revenu national, et par conséquent celle de la population, qui décroît avec les moyens de subsistance : on a ignoré les lois de la distribution des richesses comme celles de leur formation ; on a attribué à l'argent des effets que sa circulation ne peut avoir, puisqu'il n'a d'autre mouvement que celui qui est imprimé par les productions. On a regardé comme productifs les travaux du commerce et de l'industrie, c'est-à-dire, qu'on a pris des frais pour des produits, et des dépenses pour un accroissement de richesses. Dans cette confusion

* L'avenissf ment ci-dessous est joint à l'ancienne édition de cet ouvrage .* « La forme que j'ai donnée à mon ouvrage sur VOrdre tœial * ne m'a pas permis de discuter à fond plusieurs matières très essentielles à la théorie de Tordre. Je crois devoir le faire par une dissertation particulière, dans laquelle je me propose de soumettre à une logique exacte les principes les plus importants, et d'en déduire les principales conséquences. »

(') V. la notice lor Le Trosae.

nm W^^ LE TROSXE. f

d*t<lëes factices ci reçues sans es:amen, commenî ii^auna-on pas tnéconnu riûtérét social, qui est simple et uaique! Ou a fait prévaloir sur lui des inléréls très subordoanés et souvent très contraires, et ces fausser opinions ont induit à blesser en même temps les lois de ta reproduction et celles de la justice, dont Taccord indissoluble forine Tenserable des lois sociales.

Je tacherai de concilier la précision avec la clarté nécessaire^ pour mettre k la portée de tout le monde des maiiêres abstraites par ellesmêmes. Je serai forcé de présenter souvent les mêmes raisooDemcDti, parce que, la doctrine que je vais établir dérivant d^'un petit nombre de principes, tous les points se rapprocbent et se touchent. Dans les quatn? premiers chapitres, je la réduirai à des propositions simples^ suivies de leur développement; j'en ferai ensuite Tapplicatian à rindustrie et an commerce considérés sous tous leurs rapports.

Cette doctrine, que j'ai enseignée dans mes discours sur fOrJrt utciat^ et que je vais exposer méthodiquement dans cet essai , a été ptrbliée, prouvée et démontrée daus plusieurs ouvrages depuis quini:ê ans. Elle ne fa pas encore été assez, puisqu'un auteur aussi capable ipm M. Tabbé de Condillac de la saisir et de la faire valoir avec tant d';ivantage, n'en a adopté qu'une partie, et Ta rendue méc^onnaissable par un mélange d'opinions contraires. Mais cette théorie forme un ensemble tellement lié par une suite de déductions nécessaires et cohérentes* que, dès qu'on en rompt la chaîne, on ne peut plus présenter que des membres épars, des vérités isolées et altérées , dt^s pnncipï^si \\inW*\ obscurcis par un langage peu exact , tantôt modiûés par des e&ceptîoos qui les détruisent, en6n des résultats qui ne sont justes que parce qu'ils ne sont pas d'accord avec les prémisses. L'autorité d'un auteur aussi célèbre m'en aurait imposé, si la doctrine que j'ai enseignée dans les ouvrages que j'ai publiés jusqu'ici n'avait pour moi celte évidence que rien ne peut obscurcir. Elle a pu en imposer k beaucoup de personnes, qui, n'ayant pas fait une étude suivie de ces matières, ont peine à démêler ce que la science économique peut avouer ou réprouver dans l'ouvrage de M. l'abbé de Condillac. Je ne m'attacherai pas k l'ordre de son ouvrage , mais je discuterai ses principes k mesure que la matière les amènera, ^'apporterai dans cette discussion, qui n'a pour objet que l'instruction publique, tous les égards que mérite l'auteur, et j'ose me flatter qu'elle ne me fera rien perdre de l'amitié qu'il a bien voulu me

témoigner *.

* Tout ceci s'applique au livre : Du Commerce et du gouvernement considérés reialivemcni l'un à l'aulre^ qu'avait publie Condillac en 1776, et dont les principes

Page 1