V. Quesnay, p. 101, 180, 155 et i5S de ce volume
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gcraienl i1e$ vins en retour, et leratent une égale consommation de \m denrées. I.es aoires provinces, gênées par celle prohibition^ s'approvisionneront d'un autre côlc, Etqiiii tliriez vonssi, usant de représâilii^ et repoussant votre acte ennemi pur une liosttlitë du mênve getire, eltas défendaient a ¥0S voiiuriers l'enlrêe de leur territoire? Jugex vous-mèRMî qui serait le plus puni,' ou d'elles ipii, faute de vos viDs^en Iroiiveraieut ais4^tnent ailleurs, ou de vous qui ne pourriez plus Tendre!
C'est à peu près de cette manière que le commerce est traité de nation à nation ; et ceux qui démontrent aux nations leur véritable intérêt toujours inséparable de la justice ; qui leur prouvent, par le raisooiiemeiit et par le calcul, que leur a^-aalage réciproque ne peut se trouTer que dans unecommunication libre, sont réputés les délnic leurs du commerce,
VIL — Qu^r intérêt nahùnal est simple et unique,
11 est bon de remarquer que, lorsqu'il s'agit du commerce eilérieiir,b question de la liberté et de Texclusion ne peut rouler que sur b voîtare* attendu qu'on ne s'informe pas et qu'on ne peut même savoir avec quel argent se font les achats. Ainsi donc lorsqu'on met en avant cet argn^ ment tant répété, « qne la nation n'e*t pas simplement agricole» qu'elle a d'autres intérêts à ménager que ceux de sa cultnre; qu'elle dort pro* fjter de tous ses avantages^ et ne pas souiîrir, autant qu'il est po^riite, que les étranjfers viennent faire son commerce, etc, ^ Tout cela &e réihiit à diviser riniérét national, et a metLre en opposition celui des voituriers avec cehii de la nation.
Mais si, dans le sein d'une même société qui doit être réunie par un intérêt commun, on fait autant de nations qu'il y a de professions diverses, et que chacune soit admise h faire prévaloir son intérêt particulier, dans quel désordre ne se jelte-t-on pas? El, dans ce chaos d'intérêts contraires, que deviendra le véritable intérêt social ? Ne sera-l-on pas également en droitde dire que la nation est rentière, qu'elle est financière, etc. Chacune de ces nations a son intérêt très distinct et très opposé à celui de la société. La nation rentière a intérêt que le fur soit haut, et que l'État lui ouvre souvent des débouchés par des emprunts. La nation financière a intérêt que les impôts soient variés à l'infini; que leur perception occupe un grand nombre d'hommes, et procure de grands profits. L'intérêt de ces deux nations mérite d'autant plus de considération, qu'à jugerdcleur population par ce qu'elles ont k dépenser, elles sont bien autrement considérables que la nation voiturière. La nation rentière a peut-être cent quarante millions h dépenser, non compris les créances sur particuliers; et qui pourrait savoir ce qu'h la nation financière? On en peut dire autant de la nation gagée et salariée pour l'administration
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de la justice, et qui a grand intérêt à la multiplicité des procès et des frais. C'est ainsi que chacun veut être la nation, et croit voir l'intérêt général concentré dans le sien.
Quel est en particulier le résultat du faux calcul par lequel on veut faire prévaloir, sur l'intérêt national clairement établi, l'intérêt très subordonné et très petit de la nation voiturière? C'est d'abord de restreindre le commerce et d'en augmenter les frais ; c'est ensuite de donner à l'étranger un exemple qui, s'il était suivi généralement et pour toutes les marchandises exportées de chez chaque nation, n'irait k rien moins qu'à doubler les frais de tout le commerce maritime. En effet, si une nation fait sagement d'exclure la voiture des étrangers dans un genre, elle ferait également bien de le faire pour tout ce qui sort de chez elle ; et si sa conduite est sage, elle mérite d'être imitée par les autres nations. Dès lors il faut que tous les vaisseaux ne fassent que porter sans rapporter, et que tous les retours se fassent à vide. Est-ce là l'intérêt des nations et du commerce général?
VIII. — Que Vexemple des nations commerçantes ne fait point exception aux principes établis ci-dessus.
L'exemple de quelques nations qui ont établi leur fortune sur Texercice du commerce de revente, n'est point un argument dont on puisse se servir pour persuader aux nations agricoles qu'elles peuvent s'enrichir par la même voie ; que les richesses des agents domiciliés chez elles sont des richesses nationales auxquelles elles participent, et dont elles doivent favoriser l'accroissement par des exclusions. Relativement aux États agricoles, ces petites nations ne peuvent être regardées que comme des étapes et des comptoirs où se sont rassemblés, sous les ailes de la liberté, un grand nombre d'agents du traficqui servent les nations dans leur commerce, et font partie de cette classe répandue au milieu d'elles.
Chez un tel peuple, l'intérêt du trafic est véritablement l'intérêt de l'État, puisqu'il est pour ses membres le moyen de subsister et de s'enrichir. Cet État peut donc ambitionner et rechercher les frais du commerce pour eux-mêmes, parce qu'ils forment son patrimoine. Mais ce qu'il faut bien remarquer, c'est que cette manière de les envisager ne l'autorise pas à les multiplier; mais au contraire l'engage h les borner, le plus qu'il est possible, par une sévère économie qui, en mettant ses services au rabais, les fasse accepter aux nations agricoles. Ainsi, quoiqu'il doive en désirer la cherté, il est forcé de travailler à les réduire pour obtenir la préférence ; et c'est en quoi le service de ces nations voiturièrcs devient très utile aux nations agricoles. Celles-ci doivent
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d'autant moins envier les richesses pécuniaires qu'amasSëïïnês nâlion*; marchandes, que ces richesses sont employées à les servir : loyl leur intérêt consiste à rendre ce service du commerce moins cher, par le moyen de la concurrence et de Viinniunîté,
On reste, une nation agricole ne peut nullement être assimilée à une nation marchande, La première ne considère !e commerce que du cùte delà valeur et par rinlërêt de la reproduction ; la seconde cherrhc à acheter k bas prix et à revendre cher, parce qu'elle ne gagne que snr h différence, La première doit désirer la motlérationde^ frais, parce qu*ils sont pour elle une dépense qu'elle supporte dans ses renies et ses achats^ La seconde, qui gagne ses frais, ne les réduit que malgré elle potir acctimuler des profits et obtenir la préférence, La première subsisle par elk*raême; elle voit tous les ans ses richesses se renouveler par le liietifail do la nature. La seconde n'a qu'une existence et une puissance précaires: elle est attachée au service de la première, La première s'enrichit parune forte consommation faite k bon prix du produit de son territoire, Iji seconde ne peut s'enrichir que par une grande économie, Dans la première, l'État pourra être riche sans nuire a la reproduction et k l'aisance des sujets, lorsqu'il voudra établir son revenu sur un partage régulier et proportionnel du produit net de la culture. Dans la seconde, (es particuliers pourront s'enrichir h force d*écouomie; mais TÊtat est pauvre, parce qu'il ne peut partager les ricltesses de& sujets que par des impôts qui grèvent le commerce et renrhérissent le service : le revenu imUWc de cette nation est donc très défavorable pour elle, il contredit rinlérêi social ; c'est un des inconvénients de sa position.
La Hollande n'est qu'en partie dans ce cas : elle a un territoire très bien cultivé, et des colonies très-productives et très riches. Les moyens de sa puissance sont donc établis snr le sol; mais ils le sont aussi sur r^xercice du commerce; et les impôts qu'elle est forcée de lever sur lui sont certainement pour elle un désavantage. Ce qui lui permet aujourd'hui d'en lever sans inconvénient, c'est la conduite que tiennent les autres nations. La rétribution de leurs commerçants étant grevée de toute part par des impôts multipliés dont ils sont forcés de se rédimcr par le renchérissement de leurs services, les commerçants hollandais trouvent dans ce renchérissement l'indemnité de leur propre impôt sans perdre la concurrence.
Il suit de là que l'immunité du commerce, établie chez une grande nation, réduirait chez elle la rétribution au taux indispensable, et forcerail le gouvernement de Hollande à ôter lui-même ses imp^Us, ce qui affaiblirait l'État, ou forcerait ses sujets h se borner à un moindre bénélice, ce qui les appauvrirait. Ainsi, quoiqu'il soit vrai de dire que cette
nation ne doive rien tant désirer en général que la liberté du commerce, peut-être sous ce rapport lui deviendrait-elle préjudiciable, et donneraitelle un avantage sur elle aux commerçants des autres nations^ qui n'auraient plus aucun impôt à supporter. En effet, que font aujourd'hui aux Hollandais ces impôts dont les nations k l'envi accablent leur commerce ? Ils les réunissent aux frais, et les font supporter aux nations dont ils achètent, et à qui ils revendent; et leur État en profite en tant qu'il en tire la possibilité d'en mettre aussi, qui au fond lui sont payés par les nations agricoles. Mais, s'il n'en existait plus, peut-être le gouvernement de Hollande serait-il forcé de suivre cet exemple, parce que la concurrence des nations affranchies ne lui permettrait plus d'en lever sans préjudicier à ses sujets, qui, ne pouvant plus s'en indemniser, seraient forcés de les supporter sur leurs bénéfices '.