‹ Physiocrates (volume 3)Chapitre 84 sur 92 · V.,plus haut, la note a da la p. 1S · texte numérisé non relu

V.,plus haut, la note a da la p. 1S

aurait sans contredit le nn*me intérêt qu'a toute autre nattoiî agrkoK d'élre servie dans son commerce aux ineilleiires conditions pos.sibtes;€< par conséquent de jouir d'une entière liberté dans ses échanges» craclieicr et de vendre dans Fétai de concurrence.

Cet intérêt est légitime, car il dérive du droit de propriété : il est mi^me d'autant plus sensible pour une colonie, qu'à raison de son étoigneincnl, elle a de plus grands frais de transport à supporter.

Son intérêt ne change point, parce qu'au lieu dVflre un étal tndépês^ dant, elle est altuchée h une autre société dont elle est membre. Son rap* port avec h métropole est celui d'une partie au lout, celui d'une praTÎnce au restederempire-Ce rapport lui donne droit à la protection, ei lui ihipose le devoir de contribuer d'une portion du produit de son territoire aux déyienses sociales* Mais ce droit et ce devoir n'ont rien Je contraire au droit delà propriété, et à celui de la liberté des échanges^ qai en est la suite.

La métropole contracte de son côté envers la colonie le devoir de la protéger, qui fait conip^^nsalion ava; le droit de partager ses récoltes.

Coite manière si simple d'envisager cette question ne permet pas de sépiirpr rintérét de la métropole de celui de la colouie : cependant ell^ est également réprouvée dans la théorie et dans la pratique. On a IrouTê moyen de mettre en opposition ces deux intérêts ; et comme la luélro* pôle a une volonté et une Ibrce prépondérantes^ il est admis, comme principe pratique d*administration^ que ce n'est pas rintérét de la colonie que la métropole doit se proposer, mais le sien propre; qu'elle ne Ta londée au-del'a des mers avec tant de dépense, qu'elle ne continue de la protéger et de la soutenir que pour son utilité particulière ; que la colonie ne doit cnltivcr que pour elle, ei seulement les productions qu'elle lui permet; qu'elle ne doit cousommer que les denrées et les ouvrages de la métropole; qu'elle est destinée h lui servir de débouché ; que, daus son commerce de vente et d'achat, elle ne doit être servie que par la métropole, et que, sans ces conditions, elle lui serait plus onéreuse que profltable.

Telles sont les prétentions de la métropole; et comme elle a en main la puissance nécessaire pour les faire valoir, telle est laconduite qu'elle tient avec la colonie.

Cette manière de voir et d'agir est-elle juste, est-elle utile?

D'abord, si l'on admet dans les colons une vraie et pleine propriété, la liberté des échanges en est la suite : la métropole n'a donc pas le droit de les en priver par des réserves et des exclusions. Si l'on soutient que son utilité particulière Tautorise à porter une atteinte aussi formelle à la propriété, il n'y a plus de droits et de devoirs absolus : rintérét de celui

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qui commande devient la seule raison des lois. Mais, en celle partie, comme en bien d^autres, la justice parait n'être qu'une vertu abstraite et spéculative, dont les préceptes doivent être modifiés par les circonstances, soumis à la raison d'État, et ^ ce que Ton croit être l'avantage de la société ^

C'est donc à l'examen du quid utilius de la métropole qu'il faut revenir. Heureusement, comme je me suis attaché à le prouver dans mon ouvrage sur l'ordre, le véritable intérêt est inséparable de la justice : le juste et l'utile sont unis par des liens indissolubles.

Je n'ai plus rien ^ dire sur l'intérêt des colonies, il est évident. Je n'ai ^ discuter que celui de la métropole. Est-il bien constant que son intérêt soit de tenir les colonies sous le joug des prohibitions? C'est ce qu'il faut examiner sous différents rapports.

II. — Ttie générale. Qu'il est difficile que ce qui est nuisible à une province^ soil avantageux à l'empire.

Un empire est un composé de plusieurs provinces : sa prospérité ne peut naître que de celle de ses membres. Chaque province doit contribuer d'une portion du produit net de sa culture aux dépenses publiques: ce qui tend à diminuer le revenu des terres, seule base de la puissance d'un État agricole, est donc une cause d'appauvrissement.

Ce principe n'est pas moins vrai sous un impôt désordonné que sous un impôt régulier, parce que, quelque part qu'il soit assis, ce sont toujours des portions de la reproduction qu'il exige, et que sa part peut «te d'autant plus grande que la reproduction est abondante. Toute la diUérence est que, sous l'impôt déréglé, la part est moindre, suivant qu'il est plus ou moins destructeur; mais c'est toujours la reproduction qui le fournit.

Or, en Amérique comme en Europe, il est vrai de dire que les richesses consistent dans le produit du terjitoire; que la somme du produit net dépend de la valeur, et que la liberté du commerce est une condition nécessaire pour atteindre ^ la meilleure valeur possible.

Il s'ensuit que, la métropole ayant droit au partage du produit net de la colonie, il est de son intérêt, sous ce rapport, de la faire jouir de la liberté du commerce.

On opposera peut-être que la manière dont la métropole tire sa part du produit de la colonie, s'oppose k la liberté du commerce; qu'au lieu de le percevoir sur les lieux par un partage régulier et proportionnel, elle taxe les productions à feur arrivée dans ses ports ; qu'à ce moyen il est

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