XLII INTRODUCTION
de Timpôt, aux trois classes agricole, industrielle et libérale, en échange
des services que les propriétaires en reçoivent.
La classe agricole vil sur les reprises^ qui lui servent à payer tous les services industriels et personnels dont elle a besoin.
Ce sont les reprises et le produit net qui remplacent les affanees on ca/n- (auâ?derindustriemanufacturièreetcommerciale,eten soldent les pro/tti.
La production générale se compose de la totalité des subsistances el matières premières recueillies annuellement; et c'est sur cette masse de choses consommables, qui représente le produit brut de son territoire, que subsiste toute la société. Le produit net, dont le fermage des pro* priétaires est Texpression \ forme seul le revenu de celle-ci, en ce sens que tout ce qui est en dehors du produit net appartient de droit à l'entretien des personnes el des choses de Tagriculture, et n'est point une richesse disponible \
Si l'on suppose qu*avant d'être livrés au commerce et à l'industrie, c'est-à-dire h la vente de première matn, pour employer la langue des Physiocrales, les produits bruts de toute espèce aient ensemble une valeur échangeable de cinq milliards, toutes les ventes et reventes qui pourront s'en opérer ensuite, n'élèveront que nominalement le chiffre de cette valeur; car la nature des choses ne permet pas que la valeur totale de la consommation, sous quelque forme qu'elle s'opère, dépasse celle de la production territoriale, qui limite la consommation de la société avec autant de rigueur que, la circonférence borne, dans un cercle, retendue de tous les rayons qui parlent du centre. Ce phénomène économique n'offrirait aucune obscurité, si les échanges s'effectuaient en
' L'on sait quelle distinction on peut faire entre le produit net et le fermage. Il en est parlé plus loin.
* J.-b. Say ne semble pas avoir bien compris les idées de Quesnay sur le mode de distribution de la richesse dans les trois grandes classes, agricole (comprenant les propriétaires), industrielle et libérale. Après une première phrase qui parait accuser le contraire de ce qu^on vient de dire, Tiliustre économiste se livre à des explications qui donneraient à croire que les Physiocrates prétendaient que la société tout entière vit sur le produit de la rente territoriale. Une telle erreur ne résulte pas de ce qu'on a lu plus haut^; et ce qu'on a lu plus haut, tous leurs écrits en fournissent la preuve, notamment les Réflexions de Turgot sur la formation et la distribution des richesses^ est la véritable expression de leur doctrine. (V. Courw dUconom. polit. ^ S* partie, ch. ii.)
INTRODUCTION. xLlll
Dature, el non par Tintermédiaire de la monnaie, parce qu'on verrait clairement alors que les frais de transport d'une pièce de vin ou d*un panier de cerises ne peuvent être acquittés qu'au moyen, soit d'un produit brut, soit d'un produit fabriqué, dont la main-d'œuvre n'a pu trouver elle-même sa récompense que dans des productions agricoles quelcooqaes. Par là même, il deviendrait manifeste que toutes les modiGcalions apportées, soit par les opérations du commerce, soit parcelles de Pindustrie, soit par les accidents divers du marché, k l'évaluation primitive, eo monnaie de compte, de l'ensemble de la production territoriale, seraient purement fictives. Si un kilogramme de laine changée en un mètre de drap valait, au lieu de 5 liv., 20 liv, tout le monde comprendrait que cela signiGe seulement que, pour obtenir un mètre de drap, il faut donner quatre kilogrammes de laine, ou telle autre quantité, poids ou mesure de produits bruts ayant la même valeur que quatre kilogrammes de laine, mais que le chiffre de la production générale n'en reste pas moins fixé à cinq milliards. Si le prix des subsistances, des matières premières ou du travail venait h varier, tout le monde comprendrait encore que cette variation, favorable aux uns, défavorable aux autres, ne saurait faire, en dernière analyse, que la production totale évaluée primitivement cinq milliards, entretint dans la société plus de travail, donnât lieu à une dépense plus forte , k une consommation réelle plus grande que le travail, la dépense et la consommation supposés par le chiffre précédent. On apercevrait beaucoup mieux que l'homme tire ses moyens d*existence de la valeur en usage, et non de la valeur échangeable des choses, et que le blé ne devient pas plus nutritif, alors que sa mesure, au lieo de 20 fr., en vaut 30 '.
Pour connaître la richesse totale d'une nation, il faudrait pouvoir évaluer : l"" toutes ses propriétés foncières, terres et maisons, au denier courant de revenu qu'elles se vendent et s'achètent ; 2° ses propriétés mobilières de toute nature, telles que les subsistances, les matières premières partiellement fabriquées et les ouvrages parfaits, comme ma-
• Ici, comme partout ailleurs, Ton ue fait que traduire le fond de la doctrine phy- Hocratique en en modifiant plus ou moins la forme. — V. Quesuay, Dialog. »ur le €om». et les artis., p. 176 et 177 de ce volume ; ibid., p. 190 el 191, et tous lei écrivains de ton école.