L INTRODUCTION
Qu'enfin la production sert de mesure à la consommation, et réciproquement.
Revenant ensuite à la circulation réelle ou monétaire, Técole de Quesnay insistait avec force sur la nécessité de n'apporter aucun obstacle à ce que le cultivateur pût vendre ses denrées à un (aux qui lui permit, non-seulement de rentrer dans la totalité de ses avances ou de couvrir ses frais de production, mais encore d'aeqnilter am rente territoriale. Si le fuit n'avait pas lien, sootenait-elle , des avances réduites seraient appliquées à une étendue de terres moins considérable, ou h la même étendue de terre que précédemment. Mais, dans Tun et Taulre cas, la masse des subsistances et des matières premières diminuerait, parce que Ton cultiverait moins dans le premier, et que dans le second on cul* tivcrait avec un capital insuOisant. Dès lors, donc, moins de travail serait entretenu dans la société, puisque les cultivateurs et les propriétaires qui le payent, auraient h se partager un moindre produit. D'où elle concluait que la haute valeur vénale des denrées agricoles, ou ce qu'elle appelait leur bon prix, pourvu que ce prix n'eût rien d'artificiel et résultât uniquement du libre débat des vendeurs de ces denrées et des vendeurs de travail, n'offre rien que de très conforme à l'intérêt général. Telle est la valeur vénale^ tel est le revenu, disait son chef, qui n'admettait pas, opinion complètement adoptée par Adam Smith \ que l'intérêt des propriétaires fut, plus que Tintérét des capitalistes, en désaccord réel avec celui de la société.
La pensée dominante du Tableau économique est, comme on le voit.
avec des vivres et des matières premières dont la fabrication l'occupera le même espace de temps, les machines les plus ingénieuses, que deviendra- t-il si le premier, ou d'autres , ne recueillent un excédant de productions agricoles pour payer ses services ? (V., dans ce volume, les paragraphes 5, 6 et 7 du ch. v de llniéréi iocial, de Le Trosne).
* Smiih va même plus loin , car il démontre que l'intérêt des g«^ns qui vivent de profils n'a pas, avec Tinlérét général de la société, une liaison aussi étroite que celui des hommes qui vivent de renies ou de salaires. Mais, tandis qu'il fait de ces trois classes les classes primïlives et consliluanles de loule société civilisée^ du revenu desquelles loule aulre classe lire en dernier résultai /^«i>n, Quesnay soutient que c'est de la classe agricole que part te revenu qui se partage à toutes les autres classes de la société. On verra, dans le $ suivant, que Ricardo, Buchanan, Mac-Culloch, et beaucoup d'autres économistes anglais, qui semblent emprunter Jf^ idées de
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que le sol constitue principalement * le fonds qui doit perpétuer et accroître la richesse nationale *. Que Ton en fasse, si Ton veut, disparaître Tappropriation individuelle, toujours rcstcrait-il que TÉtat doit exploiter ce fonds de manière à en tirer le plus grand produit net possible, ce qui De saurait arriver qu'en laissant à la terre tous les capitaux dont elle a besoin, et en attribuant une rémunération convenable aux services de ceux qui la mettent en valeur. Il y aurait donc lieu, même dans cet état des choses, à donner le pas aux dépenses d'utilité sur les dépenses de luxe, et Si délibérer, une l'ois les reprises de Tagriculture assurées, dans quelle proportion le revenu s'employerait en améliorations foncières, telles que routes, ports ^ canaux, amendement des terres, etc., d'une part; et dans quelle, de rautre,on le consacrerait h des bâtiments de pare somptuosité, ^ la fabrication de babioles magniûques, à Fentretien de comédiens, de danseuses et autres producteurs de services analogues. Les dépenses de cette dernière espèce , l'école de Quesnay les appelait luxe de décoration ; et, sans les défendre aux propriétaires», elle s'efforçait de les convaincre qu'ils ne devaient pas même y employer la moitié de leur revenu , tant qu'il resterait des perfectionnements à apportera l'exploitation du territoire. Aussi, ce revenu ne se distribue-t-il également, dans le Tableau économique^ entre les deux classes que les Physiocrates nommaient productive et stérile, que par suite de la supposition que la culture a atteint sa dernière limite \ Il y aurait également lieu, dans cette hypothèse de l'exploitation du sol par l'État, de ne considérer l'industrie et le commerce que comme une
Neeker sous ce rapport, ne s'associent aucunement à la sympathie de Pauteur de la Rèckfise des nations pour les propriétaires (V. Smiih, liv. i, ch. xi, p. 521 et suiv., édit. GuiUaumin).
* Les Physiocrates ne niaient pas qu'on ne pût retirer quelques bénéfices du commerce extérieur. Mais il ne le considéraient gciiéraiemeut, ainsi qu'un le verra plus loin, que comme un échange de valeurs égales,
* Malthus partage complètement celte opinion. Tout le troisième livre de l'Essai sur le princ. de populalion eu est la preuve, et notamment le passage de ce livre que nous citons à la fin du Jj viu de rc travail.
* La classe propriétaire comprend TÉtat : on l'a dit, noie 3 de la p. 45.
* V. Quesnay, Tableau économique^ p. 6» de ce vol.; — Mirabeau , Vhilosophie rurale^ I, p. 162-164, sur la tendance à donner à Tindustrie dans l'intérêt du grand nombre, tliiir W lux«.