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Vous me reprochez la minière di*re et ^filotne avec laqii^ je parle de mes prédéeeeseurt. Je les combats, j'en conviens ; mais je ne leur dis pas d'injures comme les héros d'Homère. Mon intention était de passer en.rearue toutes les
' Si J.-B. Say veut dire que le travail ddtine aux matières premières une valeur en uea§e qu'elles n'avaient pas, et qui est une liebesse pour la société, le feit eu ineontestable, et les Physiocrates ne le nient point. Mais, s'il entend qu'au point de vue de la vakmr éekangee^le , la société devienne pkis riche par la UransCormation de ees matières en produits manufocturés, l'analyse de» éléments constitutifs de la valeur de ees produits démontre pleinement que cette opinion est une erreur. V. plus haut, la note de la p. 400. (E. D )
* Il nous seipble que l'école de Smith a mauvaise grâce de vouloir imposer le mlaire et les eapitaux ; le ulaire, parce qu'elle reconnaît qu'il n'équivaut qu'à Pentreden du travailleur; les çapîtauXp puisqu'elle les considère comme* des éléments essentiels de la production. Quant aux profits du capiul, il nous semble encore, comme Dupont le dit plus loin, en répondant à cette lettre, que le fisc ne saurait les atteindre qu'accidentellement et par surprise. V. la note de la p. 40i, et le passage auquel elle se rapporte. (t. D.)
* Y. le développement de cette opinion dans le Caun eompUi d'étonom, polii, de J.-B. Say, S* pari., ekap. II.
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principaleiYérités de la science. Parmi ces Térités» iiOLgraiidBOiiibre;OBtétési-. gnalées parles écriraiiis qui m'ont précédé. S'3 avait falin qoe je reodbM.beahr mage à leors travaux, j'aurais doublé le volume de mon livre, que j*ai tlcfaé de resserrer, au contraire, en réduisant mes eqdications à lenr nMnndre exptcssÎML Beaucoup des vérités que j'ai exposées, sont exprimées en termes diSos, obscon; même lorsque j'en ai bit mon profit, c'est plutftt le suc qœ la po^ dont je om suis servi. Il n'était pas nécerâdre de m'qppuyer d'aucune aotmité lorsque js m'appuyais sur des faits, des analyses et des démonstrationsL Je n'avais BnDemetf l'intention de faire preuve de politesse, mais d'élever un édifiée solide et utik; les politesses n'ont rien à ajouter à ces deux quaDtés ; et je voiis avouerai qm j'ai trouvé, dans les auteurs que je combats, tant de choses insontoiaUes et riificules, qu'en mâant des révérences à mes^coups de bitoo, si je leur avais demandé pardon de Ja liberté grande , on aurait pu me taxer de jouer le itte de Scapin. , .
Pardonnei-moi, mon cher maître, un ton qui a pu vous choquer, ee qui as-, sûrement n'était pas dans mon intention. Je vous promets, au reste , de m'tt corriger dans tout ce qui ne portera point atteinte à la.vérité, et poorva qu^ensa puisse pas le prendre pour de l'hypocrisie, que j'ai en horreur.
Tous me rqiroches d'avoir coupé en iletup notre bdlesdaice ; d'en avoir i»r tranché h loi naturelle, le droit de l'homme et du citoyen, pour n'y hûsser qm la science des richesses*. Ged demande quelque explication.
Vous sentez bien que je partage les opinions du vertueux Quesnay, les vtoti, celles de tous les hommes de Uen , sur les droits que nous tenons de notre quaUlé d'hommes, et d'hommes en société ; mais nos rapports avec nos semblables sont si nombreux et si compliqués, que l'on ne peut les considérer tous à la fois et dan un seul ouvrage. Il faudrait que ce fût tout ensemble un traité de politique nisonnée, de droit pi^lic, de morale individuelle et publique, de droit international, en même temps que d'économie politique. Ce n'est pas en agglomérant les sciences qu'on les perfectionne. Elles ont toutes des points de contact, il est vrai: et les phénomènes que découvrent les unes exercent une influence sur ceux que découvrent les autres ; mais, en marquant les points de contact, il fant distingncr les sujets de nos études. Il était permis à Socrate, à Aristote, de parler de tout ce qu'on savait de leur temps, parce qu'on ne savait pas auUnt de choses qued» nôtre. A mesure que notre provision d'idées et de vérités s'est accrue, force a âé de les classer, sous peine d'entasser dans les esprits des notions obscures et eobroiiillées. Je vous avoue que je n'approuve guère les tentatives d'encyclopédies. Je dirais volontiers, en parodiant un vers de Molière :
^c consens quo chacun ait de* clartés de tout.
Mais, pour que nos faibles yeux ne soient pas éblouis, il me semble qu'il ne ù/A diriger le soleil de notre intelligence que sur un point à la fois. C'est le moyea de le bien voir.
1/étudc des points de droit est nécessairement plus sujette à la controverse que celle des points de faits. Des gens qui ne sont pas tout à fait fous, ont décidé que toute souveraineté vient de Dieu ; d'autres ont prétendu qu'elle venait dn
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peuple ; d'où uue double série de conséquences opposées qui aboutissent , les unes, au plus grand bien de ceux qui se disent les interprètes de la divinité ; les autres, au plus grand bien des nations. Voyez, mon cher maîtro, sur quel terrain vous attirez les instructeurs du genre iiumain. Ne vaut-il pas bien mieux leur dire à peu près ce qui est vrai : Vinlérêt des gouvernants et celui des gouvernés^ quand il est bien entendu des uns et des autres^ est le même? Or, les intérêts des hommes se résolvent en ce mot, leurs biens, leurs richesses. Les gouvernements qui, en général, aiment assez à lever beaucoup d'argent sur les peuples, ne le peuvent qu'autant que les peuples ont beaucoup de richesses. Le développement des richesses est donc un spectacle qui les réjouit. L'intelligence des princes peut s'élever au |)oinl de concevoir que ceux d'entre eux qui se refusent à favoriser les travaux utiles, joueront un rôle inférieur devant les gouvernements qui seront plus habiles. On peut donc se flatter que récx)nomie politique, loin d'être contrariée, trouvera de l'appui dans les dépositaires du pouvoir. Voyez la conséquence.
Oh ! que vous êtes injuste en me taxant de vouloir duper le peuple pour lui prendre plus aisément son argent l J'ai dit seulement que l'impôt sur les consouunations s'acquittait plus facilement, et l'on ne saurait le nier ; vous vous rappelez que notre judicieux Adam Smith met au nombre des qualités de l'impôt, d'être payé commodément et volontiers. Or, c'est là uniquement ce que j'ai remarqué dans l'impôt sur les consommations. Kt encore fais-je la restriction qu'il doit être modéré ; car, s'il devient excessif, il provoque les fraudes, les vexations des percepteurs, les rigueurs du fisc : maux que j'éprouve tout aussi vivement que vous-même. Je ne perds pas une occasion d'insister sur les abus, sur les dangers des contributions indirectes ; ce qui ne vous empêche pas de me taxer d'en être le patron, et de les appeler vos chers et abominables droits réunis. Convenez à votre tour, mou cher maître, que si je n'étais pas aussi, avant tout, un bon homme, je serais en droit, à mon tour, d'être un peu fâché. Je fus nommé parle gouvernement, en 18H, d'une conunission chargée de réviser les droits réunis. Je fus seul d'avis de les supprimer, ou du moins de les réduire au point de faire tomber toute tentation de frauder. Mais ce n'était pas cela qu'on voulait ; on voulait dépenser tout autant, et seulement faire crier on peu moins ; on se borna uniquement à changer le nom de droits réunis en celui de contributions indirectes ; et les courtisans de toutes les époques de dire : c'est une nation qui nest jamais contente ! comme s'il y avait de quoi.
Ah ! mon digne ami, que de bien l'on pourrait faire si l'on voulait ! Vous me conjurez de vous y aider; et je vous assure que j'y suis disposé de tout mon cœur, car ma vie est consacrée (aux dépens de mes intérêts personnels) à chercher, à trouver, à répandre des vérités utiles ; mais on ne les trouve pas aisément, et elles ne se répandent pas rapidement Nous ne sommes plus dans un siècle où elles puissent être adoptées sur parole. Il faut pouvoir se les prouver à soi-même avant qu'on puisse espérer de les prouver aux autres. Tourmenté d'un amour inné pour la vérité, je l'ai constamment cherchée avec la plus entière bonne foi. J'ai appris à lire dans les écrits de la balance du commerce; j'ai appris à penser dans ceux de vos amis et dans les vôtres ; mais c'est dans ceux de Smith qn-; j'ai
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appris à ne chercher la cause et les effets des phénomènes de la société que dans la nature des choses, qu'on ne parvient à connaître que par me scmpuleint analyse. Ce n'est point là un superbe dédain comme vous l'appelez. Je note l'aotorité des faits avant celle des hommes, voilà tout ; je ne dédaigne que rerreor, et je ne méprise que l'hypocrisie. J'ai dit ce que j'ai cru la vérité quand éàt pouvait être utile ; d'autres ont cru , avec autant de bonne foi , la découvrir en suivant d'autres méthodes. La postérité et l'expérience apprendront en quoi nous avons eu raison, en quoi nous avoiis été dans l'erreur.
Vous m'accusez de chercher à dénigrer de grands talents et de grandes réputations. Telle n'a point été mon intention. I>es bons écrivains ont répandu un immense nombre de belles et bonnes vérités. J'en ai profité. Je me suis emparé de toutes celles qui pouvaient entrer dans un système de connaissances bien lié, homogène, substantiel. Mais j'ai voulu qu'on les adoptât, non parce que c'était Quesnay, Voltaire ou Dupont de Nemours qui les recommandaient , mais parce qu'elles étaient surtout recommandées par l'expérience et la nature des choses. Ne valait-il pas mieux employer mon encre et mon papier à développer cette nature des choses qui ne nous trompe jamais, qu'à faire valoir des noms propres qui peuvent se passer de moi quand ils méritent la célébrité ? Il n'en est pas de même des erreurs soutenues par les grands écrivains. Leurs noms seuls contribuait à tes répandre, et toute erreur est suivie d'un nombre quelconque de dangers. YoiA pourquoi je combats les méprises soutenues par de grands noms, et pourquoi je ne donne pas l'appui des noms à des vérités qui reposent sur un garant bien malleur, c'est-à-dire sur la nature des choses.
Il vous est arrivé de me dire qu'en réfutant la doctrine de Quesnay, je battaif ma nourrice. Â Dieu ne plaise ! Je suis reconnaissant de toute la bonne nourriture que j'ai puisée dans son lait ; mais, en sortant des bras de cette nourrice, convenez, mon digne ami, que j'ai mangé bien des morceaux de pain, voire même des tranches d'aloyau. Ne m'accusez donc plus de marcher dans des rangi ennemis quand je combats dans un but que vous avouez, et avec un profond attachement que je ne cesserai jamais d'avoir pour vous.