QUATRIÈME OBSERVATION
On ne pourrait rien retrancher de la receUe de la classe productive sans dépérissement, ni rien ajouter sans augmeufation de richesses. Ainsi c'est par la lecelte de la classe productive que Ton peut juger de la prospérité générale. C'est de même par la recette de chaque classe que Ton peut évaluer leur population. — 11 y a des dépenses qui ne sont pas comprises dans le Tableau, et qui dans Thypothèse donnée se montent à un milliard 67 millions. On en a placé le détail, avec celui de toutes les autres dépenses, dans la Philosophie rurale^ Cliap. 7.
Dans l'ordre régulier que nous suivons ici, toute la somme des achats, qui se font annuellement par les propriétaires et par la classe stérile^ revient annuellement à la classe productive^ pour payer chaque année aux propriétaires le revenu de deux milliards^ et pour lui payer à elle-même les intérêts de ses avances primitives et annuelles.
On ne pourrait rien soustraire à celle distribution de dépenses au désavantage de l'agriculture, ni rien soustraire des reprises du cultivateur, par quelque exaction ou par quelques entraves dans le commerce, qu'il n'arrivât du dépérissement dans la reproduction annuelle des richesses de la nation et une diminution de population facile à démontrer par le calcul ^ Ainsi c'est par Vordre de la distribution des dépenses^ selon quelles reviennent ou quelles sont soustraites à la classe productive, selon quelles emgmentent ses avances^ ou qu'elles les diminuent^ selon quelles soutiennent ou qu'elles font baisser le prix des productions^ qu'on peut calculer les effets de la bonne ou mauvaise conduite d'une nation.
La classe stérile ne peut dépenser pour la subsistance de se&agents qu'environ la moitié des deux milliards qu'elle reçoit, parce que l'autre^
' Celle démonstration est Tobjet des formules de chiffres dont le marquis de Mirabeau s'est complu à hérisser r>imt des hommes et la Philosophie rurale, 11 y a lieu de croire que la première édition du Tableau économique en contenait d'analogues. (E. DO
raoilié est employée en achats de matières premières pour ses ouvrages. Ainsi celte classe ne forme qu'environ un quart de la nation.
Nous avons observé que, sur les reprises de trois milliards de la classe productive, il y en a un milliard pour les intérêts des avances primitives et annuelles de cette classe, lequel est employé continuellement a la réparation de ces avances: ainsi il ne reste à cette classe qu'environ deux milliards pour la dépense de ses propres agents immédiats, qui par conséquent sont environ le double de ceux de la classe stérile; mais chacun, avec Taide des animaux de travail, peut y faire naître une reproduction qui peut faire subsister huit hommes, c'est-b-dire sa famille, qui peut être supposée de quatre personnes, et une autre famille de pareil nombre de personnes appartenant a la classe stérile ou k la classe des propriétaires.
Si on veut entrer dans un examen plusdélaillo de la distribution des dépenses d'une nation, on le trouvera dans la Philosophie rurale^ chap, 7. On y verra qu'outre les cinq milliards qui forment ici la portion de la wation, il y a d'autres dépenses: tels sont les frais de commerce et la nourriture des animaux de travail employés à la culture. Ces dépenses ne sont pas comprises dans la distribution des dépenses représentées dana le Tableau, et étant ajoutées à celles-ci, elles font monter la valeur totale <lc la reproduction annuelle à six milliards trois cent soixante et dix millions. Mais il est a remarquer à cet égard que les frais du commerce peu- \(Mii augmenter au désavantage ou diminuer au profil de la nation, selon <|uo celle parlie est on n'est pas dirigée conlradicloirement à Tordre nalureL