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CINQUIÈME OBSERVATION

Oiioi(ju1I y air iiii commerce cxlérieur, on ne doit calculer les dépenses rrime nation que sur la reproduction annuelle de son territoire ; car elle ne peut acheter de Tciranger qu'autant qu'elle lui vend. Les frais de voiturage se payent réciproquement par les nations. Us forment un article de dépense onéreuse prélevée sur le revenu des propriétaires. Le commerce doit être infiniment libre pour que ces frais soient le plus restreints qu'il est possible. Dans Tétat d'un commerce libre, les prix qui ont cours entre les nations commerçantes doivent servir de base au calcul des richesses et des dépenses des nations.

On a supposé, dans l'état des dépenses que l'on vient d'exposer, que la nation ne commerce que sur elle-même. Or il n'y a point de royaume dont le territoire produise toutes les richesses propres à la jouissance de ses habitants; de sorte qu'il faut un commerce extérieur, par lequel une nalion vend à l'étranger une partie de ses productions pour acheter de rélranger celles dont elle a besoin. Cependant, comme elle ne peut ache-

ClNQUIÈiME OBSERVATION SUR LE TABLEAU ÉCONOMIQUE. 71

1er (ie rélrangerqu'aulanlquelie vend à l'élranger', l'état de ses dépenses doit toujours être conforme à la rcproduclion qui renaît annuellement de sou territoire. Les calculs de ces dépenses peuvent donc être régulièrement établis sur la quotité de celte reproduction même, abstraction faite de tout commerce extérieur, dont les détails sont indéterminés, incalculables et inutiles à recbercher : il suflit de faire attention que, dans l'état d'une libre concurrence de commerce extérieur, il n'y a qu'échange de valeur pour valeur égale, sans perte ni gain de part ou d'autre.

Quant aux frais de voiturage, la nation et l'étranger les payent de part et d'autre dans leurs ventes ou dans leurs achats ; et ils forment pour les commerçants un fonds séparé de celui de la nation, parce que, dans le commerce extérieur des nations agricoles, tout négociant est étranger relativement aux intérêts de ces nations. Ainsi un royaume agricole et commerçant réunit deux nations distinctes l'une de l'autre : l'une forme la partie constitutive de la société attachée au territoire qui fournit le revenu, et l'autre est une addition extrinsèque qui fait partie de la république générale du commerce extérieur, eni;)loyée et défrayée par les nations agricoles. Lesfraisdece commerce, quoique nécessaires, doivent être regardés comme une dépense onéreuse, prélevée sur le revenu des propriétaires des terres ; ainsi ils doivent être dégages de tout monopole et de toutes surcharges, qui retomberaient désaslreusement sur les revenus des souverains et des autres propriétaires.

Dans l'état de libre concurrence de commerce extérieur, les prix qui ont cours entre les nations commerçantes doivent être la base du calcul des richesses et des dépenses annuelles des nations qui ont un commerce facile et immune*. Le commerce extérieur est plus ou moins étendu

* De toutes manières , c*est avec des produits que nous achetons ce (|uc rFautres ont produit. Un bénéficier, un pensionnaire de T filât eux-mt^mes, qui ne produisent rien, n'achètent une chose que parce que dos choses ont été produites, dont ils ont profité. (J.-B. Say, Cours d'économ. polit. ^ tome ï, p. 2^1.)

• Ost-à-dire exempt de toutes contributions fiscales, seigneuriales, etc., de monopoles , d'appointements d'inspecteurs et d'autres officiers inutiles. Le commerce, comme l'agriculture, ne doit avoir d'autre gouvernement que l'ordre naturel. Dans tout acte de commerce , il .y a le vendeur et Tacheleur qui stipulent contradictoireinent et librement leurs intérêts ; et leurs intérêts ainsi réglés par eux-mêmes , qui en sont seuls juges compétents , se trouvent conformes à Tintérét public : toute entremise d'ofliciers, revêtus d'autorité, y est étrangère , et d'autant plus dangereuse qu'on y doit craindre l'ignorance et des motifs encore plus redoutables. Le monopole dans le commerce et dans l'agricullurc n'a que trop souvent trouvé des protecteurs; la plantation des vignes, la vente des eaux-de-vie de cidre, la liberté du commerce des grains, l'entrée des marchandises de main-d'œuvre étrangères, ont été prohi- ])ées ; les manufactures du royaume ent o))tenu des privilèges exclusifs au préjudice

seloDia diversité des consommations des liabitanls, et selon que les productions sont plus ou moins variées. Plus les productions d'un royaume sont variées, moins il y a d'exportations et d'importations, et plus la nation épargne sur les frais du commerce extérieur qui cependant doit être toujours fort libre, débarrassé de toutes gènes et exempt de toutes impositions, parce que ce n'est que par la communication qu'il entretient entre les nations, qu'on peut s'assurer constamment dans le commerce intérieur le meilleur prix possible des productions du territoire, et le plus grand revenu possible pour le souverain et pour la nation.

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