‹ PhysiocratesChapitre 46 sur 157 · QUESNAY.— SEPTIÈME OBS. SUR LE TABLEAU ÉCONOMIQUE · texte numérisé non relu

QUESNAY.— SEPTIÈME OBS. SUR LE TABLEAU ÉCONOMIQUE

lier. Nos commerçants sont aussi les commerçants des autres nations; les commerçants des autres nations sont aussi nos commerçants; et les uns et les autres commercent aussi entre eux. Ainsi, la communication de leur commerce pénètre et s'étend partout, en visant toujours finalement vers l'argent que le commerce lui-même apporte et distribue dans les nations, conformément aux prix assujétis à l'ordre naturel qui règle journellement les valeurs vénales des productions. Mais les nations agricoles ont un autre point de vue, plus utile pour elles et plus étendu; elles ne doivent tendre qu'a la plus grande reproduction possible pour accroître et perpétuer les richesses propres h la jouissance des hommes ; l'argent n'est pour elles qu'une petite richesse intermédiaire qui dispa raitrait en un moment sans la reproduction.

FIN DE l'analyse DU TABLEAU ÉCONOMIQUE.

peu près Télat du pécule de la France dans ce temps où le royaume était beaucoup plus riche que sous la fin du règne de ce monarque.

En 1716, la refonte générale des espèces ne monta pas à 400 millions : le marc d'argent monnayé était à 45 liv. 12 sols ; ainsi la masse des espèces de cette refonte ne montait pas à neuf millions de marcs ; c'était plus de moitié moins que dans les refontes générales de 1685 et 1695. Cette masse de pécule n*aura pu augmenter par les fabrications annuelles d'espèces, qu'autant que le revenu de la nation aura augmenté. Quelque considérable que soit le total de ces fabrications annuelles depuis cette refonte, il aura moins servi à augmenter la masse d'argent monnayé, qu'à réparer ce qui en est enlevé annuellement par la contrebande, par les diverses branches de commerce passif, et par d'autres emplois de l'argent chez l'étranger ; car, depuis cinquante ans, le total de ces transmissions annuelles, bien calculé, se trouverait fort considérable. L'augmentation du numéraire, qui est fixé depuis longtemps à 54 iiv., ne prouve pas que la quantité de pécule de la nation ait beaucoup augmenté ; puisqu'augmenter le numéraire, c'est tâcher de suppléer à la réalité par la dénomination.

Ces observations, il est vrai, sont peu conformes aux opinions du vulgaire sur la quantité d'argent monnayé d'une nation. Le peuple croit que c'est dans Targcnt que consiste la richesse d'un État ; mais l'argent, comme toutes les autres productions, n'est richesse qu'à raison de sa valeur vénale, et n'est pas plus diflicile à acquérir que toute autre marchandise, en le payant par d'autres richesses. Sa quantité dans un État y est bornée à son usage, qui y est réglé par les ventes et les achats que fait la nation dans ses dépenses annelles ; et les dépenses annuelles de la nation sont réglées par les revenus. Une nation ne doit donc avoir d'argent monnayé qu'à raison de ses revenus ; une plus grande quantité lui serait inutile ; elle en échangerait le superflu avec les autres nations, pour d'autres richesses qui lui seraient plus avantageuses ou plus satisfaisantes ; car les possesseurs de l'argent, même les plus économes, sont toujours attentifs à en retirer quelque profit. Si on trouve à le prêter dans le pays à un haut intérêt, c'est une preuve qu'il n'y est tout au plus que dans la proportion que nous avons observée,' puisqu'on en paye l'usage ou le brsoiu à si haut prix.

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