XVIII. — BON PRIX POUR LES DENRÉES ET MARCHANDISES
Qu'onne fasse point baisser le prix des denrées et des marchandises dans le royaume ,• car le commerce réciproque avec l'étranger deviendrait désavantageux à la nation *. telle est la valeur vénale, tel est le revenu : abondance et non valeur nest pas richesse. Disette et cherté est misère. Abondance et cherté est opulence •.
terres en non-valeur et sans revenu ; que l'incertitude du débit inquiète les fermiers, arrête les dépenses de la culture, fait baisser le prix du fermage; que ce dépérissement s'accroît de plus en plus, à mesure que la nation souffre d'une précaution insidieuse, qui enGn la ruine entièrement.
Si pour ne pas manquer de grains, on s'imaginait d'en défendre la vente à Tétran ger, et d'empêcher aussi les commerçants d'en remplir leurs greniers dans les années abondantes qui doivent suppléer aux mauvaises années, d'empêcher, dis-je, de multiplier ces magasins libres, où la concurrence des commerçants préserve du monopole, procure aux laboureurs du débit dans l'abondance, et soutient l'abondance dans la stérilité; il faudrait conclure, des principes d'une administration si craintive et si étrangère à une nation agricole qui ne peut s'enrichir que par le débit de ses productions, qu'on devrait aussi restreindre autant qu'on le pourrait la consommation du blé dans le pays, en y réduisant la nourriture du menu peuple aux poni mes de terre et au blé noir, aux glands, etc., et qu'il faudrait, par une prévoyanc-f si déplacée et si ruineuse, emi)écher le transport des blés des provinces où ils abon dent, dans celles qui sont dans la disette, et dans celles qui sont dégarnies. Quels abus, quels monopoles cette police arbitraire et destructive n'occasionnerait-elle paî»! Que deviendrait la culture des terres, que deviendraient les revenus, l'impôt, le salaire des hommes, et les forces de la nation I
• Si, par exemple, on achète de l'étranger telle quantité de marchandises pour la valeur d'un selier de blé du prix de -^O liv., il en faudrait deux selicrspour payer la même quantité de cette marchandise, si le gouvernement faisait baisser le prix du blé à 10 livres.
^ On doit distinguer dans un État les biens qui ont une valeur usuelle, et qui n'ont pas de valeur vénale, d'avec les richesses qui ont une valeur usuelle et une valeur vénale ; par exemple, les sauvages de la Lousiane jouissaient de bciuiconp de biens, tels sont Tenu, le bois, le gibier, les fruits de la terre, etc , qui n'olainit pas des richesses, parce qu'ils n'avaient pas de valeur vénale. .Mais, depuis que (pielques branches de commerce se sont établies entr'eux et les Français, les Anglais, les Espagnols, etc., une partie de ces biens a acquis une valeur vénale et est devenue richesse. Ainsi l'administration d'un royaume doit tendre à procurer tout ensemble ii la nation, la plus grande abondance possible de productions, et la plus grande valeur vénale poi^sibie, parce qu'avec de grande -; richesses elle se procure par le