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nés, sur le travail, sur les marchandises, sur les consommations, n*augmente pas la richesse des nations, et qu'elle diminue les occasions de commerce loin de les multiplier. Comment donc pourrait*on supposer nne augmentation de travaux de la part de la classe des salariés, par Teffet d'une imposition sur cette classe ? Un fabricant fera-t-il des étoffes que Ton ne pourrait lui acheter ? Un commerçant en enverra-t-il mille pièces dans un lieu où Ton n'en peut payer, et par conséquent consommer, que cinq cents? Un horloger ira-t-il, pourra-t-il, vendre des montres aux paysans de la Westphalie et du Limousin?
On objecterait encore en vain que les salariés pourraient, en restreignant leur consommation et se privant de jouissances , payer les taxes qu'on exigerait d'eux , sans qu'elles retombassent sur les premiers distributeurs des dépenses. On verra plus bas que, sans contribuer au payement de l'impôt indirect, les salariés souffrent, par l'effet de cet impôt qui anéantit les subsistances, une extinction, un retranchement fâcheux de salaire, qui les réduisent k la misère, et qui diminuent nécessairement leur population. Le prix des salaires, et par conséquent les jouissances que les salariés peuvent se procurer, sont Gxés et réduits au plus bas par la concurrence extrême qui est entre eux. Si l'on veut, chez une nation, contraindre par une taxe ces salariés à restreindre doublement leurs jouissances, ils émigrent pour passer chez les autres nations où leur subsistance est plus assurée et leur industrie plus protégée. Alors le petit nombre de ceux qui restent dans le pays, se trouvant moins gêné par la concurrence, fait la loi aux premiers distributeurs des dépenses, et les contraint a payer le salaire ordinaire, et la taxe, et les frais de la taxe encore pardessus; de sorte que ces premiers propriétaires des productions renaissantes, attachés au sol par leurs possessions, supportent nécessairement tout le fardeau de cette imposition destructive.
Si les salariés, dont on voudrait restreindre les jouissances par des taxes, ne peuvent émigrer pour se remettre au niveau, ils deviennent mendiants ou voleurs, espèces d'impositions indirectes, arbitraires et ambulantes, très onéreuses pour les premiers distributeurs des dépenses.
Ainsi, de (pielque façon qu'on s'arrange, la classe productive, les propriétaires des terres, et l'impôt même, comme premiers distributeurs des dépenses, payent inévitablement la totalité de l'imposition indirecte que Ton établit sur les hommes qu'ils salarient, ou sur les denrées et marchandises ((u'ils consomment; et ils y contribuent chacun à raison de la distribution de ses dépenses.
Deuxième observation. — On pourrait croire que la dépense de la classe productive, qui se lait à la campagne, contribue k l'imposition indirecte <lans une proportion moins forte que celle qui se fait dans les villes.
par les propriétaires qai y résident, et par Timpét même qui s'y dépense. Mais on n'aarait cette idée que faute de réfléchir que, si les agents de la classe productive ont en proportion moins k souffrir, dans leurs dépenses, de rimpôt sur les consommations, ils ont beaucoup plus à souffrir des tailles personnelles et arbitraires, et sont exposés k des vexations bien plus dures et bien plus multipliées que ceux qui font leurs dépenses dans les villes. S1I en fallait une preuve, on la trouverait dans ta désertion des enfants de laboureurs, auxquels leurs pères font quitter la campagne pour les envoyer dans les villes acheter des charges ou exercer des professions mercenaires.
Troisième observation. — Si Ton envisageait le cultivateur, non-seulement comme un des premiers distributeurs des dépenses, mais encore Cûmine un premier vendeur, en observant combien les charges indirectes pèsent sur les prix k la vente de la première main, on apercevrait que presque tout le fardeau des impositions indirectes est supporté par la classe productive , car les facultés des acheteurs sont limitées : si Timpôt indirect n'augmente pas le prix des productions pour Tacheteur-consommateur, il faut évidemment qu'il soit payé aux dépens du prix à la vente delà première main ; si Timpôt indirect augmente le prix pour les acheteurs-consommateurs, ceux-ci sont forcés de diminuer leur consommation ; dès-lors, le défaut de débit des productions force leur prix à diminuer, car il faut que le cultivateur vende, à quelque prix que ce soit, ou qu'il cesse de cultiver pour vendre *. Dans le fait, les deux cas se mélangent et se compensent; mais leur mélange, comme leur alternative, ne peut toujours être que ruineux et Tuneste an prix des productions.
Ces vérités sont encore trop inconnues pour être adoptées avec confiance par des lecteurs peu accoutumés k ces combinaisons: c'est pourquoi nous nous bornerons ici à faire entrer dans le calcul la contribution de la classe productive h l'impôt indirect, en raison de la dépense de cette
• On pourrait, il est vrai, penser au premier coup-d'œil que les dépenses de Timpôt indirect soutiennent le débit des productions du territoire, liais ce serait faute d'avoir réfléchi que le débit des productions est limité, comme nous Pavons démon> tré dans les Dialogues précédents*; que rimp<)t indirect ne rend point par sa dépense ce qu'il a enlevé sur le prix des productions ^ qu'il ne fait que le revendre ; que le|débit ne s'en ferait pas moins , et qu'il se ferait d'une manière plus avantageuse s'il n'y avait point d'impôt indirect, parce que ce genre d'impôt et sa dépense ne «ont p«is favorables au commerce, des provinces, au débit des productions communes à l'usage des consommateurs d'un ordre inférieur, et encore parce qu'une grande partie de la recette de cet impôt s'accumule, et forme des fortunes particulières qui se soustraient à la circulation, laquelle doit tout rapporter aux cultivateurs pour payer le revenu des propriétaires.
I Voyex la note précédente.
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classe. Il nous suffit d^avoir averti que cette supposition n'est pas entièrement exacte, et que, de toutes celles qu'on peut faire, c'est la plus avantageuse à l'impôt indirect.
Quatrième observation. — Quoique la reproduction totale soit de 6 milliards^ il n'entre que pour 5 milliards de productions dans le commerce, attendu que la classe productive en retient pour 1 milliard qu'elle consomme chez elle en nature, comme nous l'avons remarqué plus haut dans le Problème sur le renchérissement des prix ; mais la somme des dépenses contribuables aux impositions indirectes est cependant, dans le cas donné, de 5 milliards 500 millions, savoir :
1<> 2 milliards que dépense la classe productive sur ses reprises de 3 milliards, dont elle ne retient que 1 milliard pour la consonunation directe qu'elle fait sans Tentremise d'aucun commerce, ci 2,000 millions.
2° 300 millions d'impôt direct, cL 300
3° 2 milliards 700 millions de revenu, qui restent aux propriétaires» après qu'on a prélevé l'impôt direct sur le produit net, cL 2,700
U"* 500 millions que lève et que dépense l'imposition indirecte, ci 500
Total 5,500 millions.
On voit que l'imposition indirecte, qui se lève sur les dépenses, et qui elle-même dépense ce qu'elle a levé, forme un double emploi , dans la masse des dépenses, qui n'accroît pas celte masse, mais qui change la proportion des dépenses soumises k rimp(3t indirect, lequel contribue luimême à se payer lui-même.