XL
L'examen auquel les magistrats sont obligés, ne saurait être préjudiciable à Tautorité souveraine; car l'autorité souveraine n'étant telle que parce qu'elle est dépositaire des forces publiques, elle n'a d'autre intérêt que celui d'accroître, par les meilleures lois positives, ces forces qui sont à sa disposition.
L'autorité souveraine est dépositaire des forces publiques et leur commande, parce que l'évidence de l'intérêt commun rallie îi elle toutes l^^s ^ volontés. *
Cëst cette réunion des volontés et des forces qui constitue la puissance et Tautorité souveraine.
Voila pourquoi ce qui est avantageux aux sujets accroît la puissance et Tautorité des souverains.
Ce serait offenser grièvement les souverains, car ce serait les supposer à la fois injustes et insensés, que de supposer qu'ils voulussent diminuer leur puissance et leur autorité, en désunissant par des injustices évidentes les volontés et les forces naturellement portées à se rallier à leur personne.
Quand il échappe donc une erreur aux souverains dans leurs ordonnances positives, ce ne peut être qu'involontairement, et les magistrats les servent utilement, fidèlement et religieusement, en leur faisant remarquer ces erreurs involontaires.