‹ PhysiocratesChapitre 99 sur 157 · XVI · texte numérisé non relu

XVI

^ Nous avons prolongé le paragraphe précédent pour donner une idée des malheurs auxquels les nations s'exposent, quand elles croient pouvoir se gouverner ou être gouvernées arbitrairement, tandis qoe la nature nous a environnés de lois suprêmes, et d'un enchaînement physique et inviolable de causes et d'effets qui ne laissent à notre intelligence et à notre liberté que le soin de les étudier et d'y conformer notre conduite, pour profiter des avantages qu'elles nous offrent, et éviter les maux qu'elles nous attireraient inévitablement , si nous refusions on si nous négligions de nous éclairer sur l'ordre qu'elles constituent, et de nous soumettre à ce qu'il nous prescrit.

Nous venons de voir que lorsqu'on veut prendre une route indirecte pour lever l'impôt, il n'en est pas moins payé, en dernière analyse, par le produit net des biens-fonds; mais qu'il l'est alors d'ui^e manière extrêmement désastreuse et beaucoup plus onéreuse pour les propriétaires fonciers; qu'il gêne la liberté et restreint la propriété des citoyens; qu'il fait baisser le prix des productions, à la vente de la première main; qu'il diminue la masse des produits, et encore plus la somme des revenus du territoire ; qu'il amène la misère et la dépopulation ; qu'il ruine par degrés la culture, les cultivateurs, les propriétaires fonciers, la nation et le souverain.

Il est évident par là que des impositions indirectes seraient entièrement contraires au but de l'impôt, à celui de l'établissement de l'autorité souveraine, et à celui de la société.

I II est donc évident que l'impôt doit être levé directement sur le pro-

j duit net et disponible des biens-fonds; car alors il ne dérangera point

I les combinaisons légitimes et nécessaires des cultivateurs , auxquels il

I est indifférent de payer une partie du produit net entre les mains du

( souverain, ou entre celles des propriétaires fonciers. La liberté de tous

les travaux restera entière, et le prix des récoltes, à la première vente,

ne baissera nullement , parce que Tordre des dépenses ne sera point

changé, que rien ne les empêchera de retourner directement k la terre

ORIGINE ET PROGRES D'UiNE SCIENCE NOUVELLE. 355

pour en solder les productions , et que Tautorité tutélaire ne sera (|(ie substituée aux propriétaires fonciers pour la dépense d'une partie du produit disponible.

Il ne s'agit plus que d^examiner quelles règles la nature indique pour la levée directe de la part qui doit appartenir a Timpôt dans le produit net du territoire.

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