En poids de métal, par litre de liquide
Si l’on prends le poids atomique de ces doses sapides limites, tout à fait comparables entre elles, comme l'ont été précédemment les doses toxiques limites, nous trouvons les chiffres suivants, qui indiquent la dose sapide moléculaire :
Lithium. . . 0,0078 . Sodium, . , 0,0056 Potassium. . 0,0072
Rubidium, . 0,0059
C'est là une concordance très remarquable, étant donnée l'incertitude des notions objectives fournies par le sens du goût. Nous pouvons donc établir la même loi que plus haut, à savoir que les substances sapides (qui sont comparables entre elles) réagissent sur les nerfs périphériques de la gustation à la manière des agents chimiques, c’est-à-dire proportionnellement, non au poids absolu, mais au poids moléculaire.
De mème, en associant entre eux les divers sels, nous les avons vus ajouter leur action gustative l’un à l’autre. L'effet observé est une somme, et les sels alcalins, mélangés les uns aux autres, surajoutent leurs effets. Ainsi, en mélangeant un quart de molécule de chlorure de rubidium avec un quart de molécule de chlorure de lithium, un quart de molécule de
chlorure de sodium et un quart de molécule de chlorure de
potassium, nous avons obtenu à peu près les mèmes effets que si nous avions mis une moléculeentière d’un seul de ces sels. Cela prouve bien qu'ils agissent de la même manière, et sur les mêmes éléments chimiques du même tissu anatomique (terminaisons gustatives nerveuses).
Il y a là évidemment une confirmation intéressante des faits indiqués dans les chapitres précédents.
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Conclusion.
La conclusion de ce long travail sera courte, et on peut la formuler à peu près ainsi:
Les actions toxiques sont des actions chimiques. Elles se font suivant les mémes lois. Donc, pour des substances qui portent leur action sur les mêmes éléments anatomiques, les doses mortelles sont proportionnelles non aux poids absolus, mais aux poids moléculaires.
KXXVI
DE LA SENSIBILITÉ GUSTATIVE AUX ALCALOIDES
Par MM. E. Gley et Ch. Richet.
Il nous à paru intéressant de rechercher quelle était la limite de sapidité pour les alcaloïdes dont l’amertume est, en général, très considérable; jusqu’à présent, aucune recherche méthodique d'ensemble n’a été faite sur ce point.
Comme dans nos recherches antérieures, nous avons constaté que la sensibilité gustative varie suivant les personnes qui expérimentent, et varie même quelquefois suivant l’état physiologique ou psychologique d’une personne donfée.
Quelques précautions sont à prendre : d’abord il ne faut pas employer d’eau distillée, comme céla était nécessaire quand il s'agissait de solutions métalliques (l'eau contenant des sels qui précipitent les métaux lourds). En second lieu, il ne fautgoûter que lamême quantité volumétrique du liquide, attendu que ce n’est pas seulement la dose relative, en dilution plus ou moins grande, mais encore la quantité absolue de substance qui joue un rôle. Enfin, il faut mettre un certain intervalle entre les essais gustatifs; car il y a des arrière-