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F1G. 108, — Chien de 10 kil. Injection de 0.05 cent. morphine. Courbe de fréquence de la respiration.
dans un sommeil profond. Il reste pendant une heure et demie étendu tranquillement sur la table d'expérience, dans une pause très lasse de tout le corps, relevant de Lemps à autre la tête quand quelque bruit arrive brusquement jusqu’à ses oreilles. Les réflexes sont conservés tout le temps. |
La courbe ci-dessus résume les modifications de fréquence présentée par la respiration au cours de cette expérience.
Expérience XV. — 29 septembre 4891.— Chienne griffon. Poids 4k.800. __ T. 380 8. L'animal est très émotif ; dès qu’on approche de lui et qu’on l’appelle, il se met à trembler. —- Respiration normale, 38 respirations par minute. |
3 h. 46. — Injection sous la peau de la région dorsale de 3 centimètres cubes d’une solution de morphine à 1 p. 100, soit trois centigrammes de morphine.
3h. 50. — L'animal est pris immédiatement de polypnée. Il ouvre la gueule, tend la langue absolument comme un chien qui a trop chaud et se refroidit par une évaporation pulmonaire aclive.
3 h. 51. — Le chien vomit. La polypnée n’est pas continue. Dans les périodes de polypnée intense l’animal est occupé exclusivement à respirer très vite; rien d'autre ne le distrait; dans les périodes de calme relatif au point de vue respiratoire, l'animal regarde de tous côtés, il est très impressionné.
3 h. 53. — 100 respirations par minute.
4 h. — La respiration commence à se calmer. L'animal est tranquille.
4 h. 2. — 66 respirations par minute. T. 3806.
4h. 4. — 35 respirations par minute. T. 3895. L'animal est mainte-
nant absolument calmé. Il est couché sur la table, la tête entre les pattes, et paraît se disposer à dormir.
4 h. 6. — 21 respirations par minute. T. 3804, L'animal dort. Il est très sensible aux excitations extérieures : quand on frappe sur la table, il a des soubresauts.
4 h. 10 — 24 respirations par minute.
L'animal dort très tranquille. A chaque inspiration correspondent des petits mouvements de flexion sur l’abdomen des membres postérieurs ainsi qu’un léger tremblement du tronc.
4 h. 27 — 20 respirations par minute. T. 3607.
4 h. 30 — 20 — — Tea 4h. 45 — 20 — T. 3304.
5h. — 24 rs cn: 19702,
L'animal dort très tranquille, Il présente toujours les mouvements de flexion des membres postérieurs isochrones aux inspirations ainsi que le tremblement du tronc isochrone aussi aux mouvements inspiratoires. Si l’on vient à siffler, le chien redresse la tête, mais la laisse vite lourdement tomber. Réflexes des membres et de la queue bien conservés.
ConcLuston. — Chien très émotif. Injection sous-cutanée de morphine. Polypnée immédiate intense, suivie, après un quart d'heure, d'une diminution de fréquence de la respiration égale à près de la moitié de la valeur normale. Réflexes conserves.
128 V. PACHON.
ExPÉRIENCE XVI. — 12 février 1892. — Chienne épagneule. Poids 8k. 410. — T. 3803.
Respiration normale, 27 respirations par minute.
3 h. 5, — Injection intra-péritonéale de 10 centimètres cubes d’une solution de morphine à 2 p. 100, soit vingt centigrammes de morphine,
3 h. 12. — L'animal vomit une quantité peu abondante (une cuillerée à bouche) de malière blanche semi-liquide. Il est très abattu, couché sur le flanc dans le laboratoire, la respiration a immédiatement diminué de fréquence sans présenter la phase d’accélération ; elle est actuellement à 23 respirations par minute.
3 h. 19. — 20 respirations par minute, T. 3801.
L'animal est très calme, entièrement plongé dans le sommeil. Si l’on vient à faire du bruit, il relève la tête, ouvre les yeux, et, si on fait mine alors de lui donner un coup de poing sur l'œil, il baisse la paupière. Le réflexe psychique du clignement de la paupière est donc conservé. Les réflexes ordinaires des membres, de la queue, sont plutôt exagérés.
3 h. 55. — 9 respirations par minute.
& h. 15. — 9 — T. 36°. État général sensiblement le même. D’autre part l’animal a des mouvements de flexion du tronc de derrière isochrones aux mouvements inspiratoires.
4 h. 30. — 9 respirations par minute. L’inspiration est profonde, dure plus longtemps que l'expiration, pause respiratoire. Le rythme rappelle celui de la section des pneumogastriques. Les mouvements du tronc de derrière, isochrones aux inspiralions, se sont généralisés, tout le corps est pris d’un tremblement général au moment de l'inspiration.
5 h. 5. — 9 respirations par minute. — T. 3508. L'animal continue à trembler de tout le corps au moment de l'inspiration. Si, après l’avoir éveillé en frappant sur la table, on lui menace l'œil du poing, il ferme la paupière ; les réflexes psychiques persistent donc dans l’intoxication par la morphine. De même les réflexes médullaires des membres, qui sont plutôt exagérés, dans le cas actuel.
L'animal est reporté dans sa niche. Le lendemain il est très bien
remis de l’expérience ; la respiration est à 26 par minute.
Conczusiox. — Chien de 8 kg. Injection intra-péritonéale de vingt centigrammes de morphine. Diminution des deux tiers de la fréquence de la respiration sans phase d'accélération. Réflexes psychiques et médullaires conservés.
Enrésumé, des expériences X, XI, XIT, XIII, XIV, XV, XVI, et de bien d'autres encore que, à cause même de leur parfaite
analogie avec les précédentes, je n'ai pas cru devoir rapporter — car elles n’auraient fait que les répéter sans apporter aueune donnée nouvelle — on peut conclure que :
1° La morphine, à doses modérées, produit des modifications dans la fréquence de la respération ;
9 Ces modifications présentent très nettement deux phases. Dans une première phase, qui coëncide avec un étal général d'excitation de l'animal, la respiration est augmentée de fréquence. Cette phase dure de 20 à 30 minutes. —: Dans une seconde phase, qui coïncide avec le sommeil narcotique de l'animal, la respiration est diminuée de fréquence. Cette phase est de beaucoup la plus importante comme durée, elle dure autant que le sommeil lui-même; d'autre part, la diminution de fréquence de la respiration atteint le tiers et parfois même la moitié de la valeur normale ;
3° Ces modifications de fréquence de la respiration se présentent avec un état plutôt exagéré de la réflectivité médullaire et une persistance de la réflechivité psychique.
B. — La morphine modifie le rythme de la respiration. Respiration périodique.
Les modifications que le morphinisme aigu imprime au rythme de la respiration ont été bien étudiées par Ficenwe, dans un travail sur le phénomène de Cneyxe-Srores'. Cet expérimentateur a parfaitement signalé la respiration périodique qui survient chez l'animal intoxiqué par la morphine. C’est là, du reste, une aclion que la morphine partage avec un autre poison essentiellement psychique, le chloral (lrause, Mosso). Cette respiration périodique survient le plus souvent avec les doses élevées de morphine. Toutefois il est assez fréquent de la voir apparaître même à la suite de l’injection de faibles doses de ce poison. Dans ce dernier cas il | 4. FILENNE. Archiv. für experim. Path. und Pharm. Leipzig, 15 mai 1879 (analyse in Journal de Thérapeutique, 1819, no 11).