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TOME II

est une condition qui, indépendante de l'agent toxique, peut, en agissant sur l’état d'activité cérébrale de l'animal en expérience, favoriser dans une grande mesure l'apparition de la respiration périodique. Cette condition, c’est le calme parfait du laboratoire. Si tout, dans le voisinage de l’animal morphiné, est absolument tranquille, si aucun bruit extérieur ne vient à aucun moment réveiller son cerveau endormi, alors on aura beaucoup de chance pour voir se produire la respiration périodique. Si, au contraire, il se fait dans la salle où se passe l'expérience un va-et-vient de personnes qui circulent, si de cette salle l’on peut entendre les gémissements de quelque autre animal, dès lors le sommeil narcotique qui laisse intacte la réflectivité psychique aussi bien que la réflectivité médullaire sera constamment troublé l'animal redressera la tête à tout instant, il réagira sans cesse aux excitations extérieures, et la respiration périodique ne se montrera pas. Le calme parfait du laboratoire constitue donc, en l’occurrence, une condition expérimentale qui favorisera dans une très large mesure l'apparition dela respiration périodique. Quand celle-ci s’est élablie, même le moindre bruit la fait disparaitre; c’est là une expérience fort simple et qui réussit toujours. Et si j'insiste sur ces faits, c’est que j'ai longtempsrecherché pourquoi chez un même animal, le lapin par exemple, je ne voyais plus survenir, avecles mêmes doses, le même manuel opératoire, la respiration périodique qui s’était manifestée dans de précédentes expériences. La raison, ou, du moins, l’une des raisons de ce pourquoi se trouve, je crois, dans la condition expérimentale que je viens d'indiquer.

Je vais maintenant rapporter quelques-unes de mes expériences qui ont plus spécialement trait au rythme périodique de la respiration sous l'influence de la morphine.

Exrérience XVII — 17 août 1891. — Lapin adulte. Poids 2540 gr. T. 390.2. Température du laboratoire 149, 2 h. 30. Injection intra-péritonéale de ÿ centimètres cubes d’une solution de morphine à 1 p. 100, soit à centigrammes de morphine.

2 h. 40. La respiration n’est pas visiblement modifiée.

9 h. 55. L'animal est abso- Jument calme; étendu sur la table d'expérience, il ne fait aucun mouvement. La respiration est diminuée: 28 respirations par minute.

3 h. 5. Le lapin est toujours très calme, absolument immobile, et paraît plongé dans un sommeil profond. Aucun bruit dans le laboratoire. La respiration tend à devenir périodique.

Le tracé de la fig. 109 correspond à ce moment : 14 respirations par minute.

3 h. 10. — 3 h. 50. La res- ‘piration continue avec le rythme indiqué par le tracé. L’animal réagit aux excitations extérieures. Si on lui pince les pattes, il les retire ; de même la queue, les oreilles; ses réflexes sont donc conservés. Si l’on siffle, il redresse la tête et le rythme de la respiration perd son caractère périodique, devient plus fréquent et tend à se régulariser.

Dans cette expérience, la respiration, sous l’influence de la morphine, n'a pas, à vrai dire, un rythme absolument périodique, mais bien plutôt une intermittence tendant vers le type périodique. Dans les expériences suivantes la respiration a nettement revêtu ce type.

Respiration périodique.

1 tour à la minute. Le tracé représente une durée de 25 secondes,

Injection de 5 centigrammes de morphine.

Lapin.

Fi.

rotation du cylindre enregistreur de Marey

Vitesse de

132 V. PACHON.

ExPÉRIENCE XVII. — 13 janvier 4892. — Lapin adulte, Poids 258» gr. T. 392.8. Température

es,

du laboratoire 44° 5.

3 h. 18. Injection sous-cutanée de 10 centimètres cubes d’une solution de morphine à 1 p. 100, soit 10 centigrammes de morphine ; injection par dose de 5 centigrammes chaque en 2 points de la région dorsale.

3 h. 30. L'animal est très calme. Pas de période d’agitation. La respiration est immédiatement entrée dans la phase de diminution de fréquence, 15 respirations par minute.

Le tracé représente une durée de 22 second

Ë Rythme périodique. Les respira- A tions se reproduisent par séries & de deux ou de trois, chaque 2 série s’accompagnant d’une 8 assez longue pause respiratoire î (fig. 410).

3. h. 50. — 4 h. 30. La respiration garde les mêmes caractères de fréquence et derythme.

L’état général du lapin est important à noter. T. 37°9 à 3-h. :50.,.T. 3706. à 4h. 30. Les réflexes sont conservés, l’excitation des pattes, de la queue, des oreilles, provoque des mouvements de retrait ou de flexion de ces organes. Des modifications fort importantes surviennent du côté de la respiration sous l’influence de diverses causes. Si l’on siffle auprès de l’animal, si on lui passe sur la peau un corps chaud (thermomètre sorti d’une éluve à 55°) ou un

Injection de 10 centigrammes de morphine. Respiration périodique.

F1G. 110. — Lapin.

Vitesse de rotation du cylindre enregistreur de Marey

corps froid, si on lui frôle sim-

plement la peau avec le manche d’un porte-plume, dans tous ces cas le rythme dela respiration perd son ar actère périodique, augmente de fréquence et tend à se régulariser.

D'autre part le même courant électrique minimum (courant d induction du chariot de Gare, la bobine étant à 0.01 c. m. 25 de l'échelle) qui, appliqué dans le rectum, avait produit chez le lapin, avaut toute Injec-

une duree

représente

tracé

1 tour par minute. Le

10 centigrammes de morphine. Respiration périodique. de 20 secondes.

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