C'est A. Romin qui a montré que l'antipy
. rine ralentissait les échanges nutritifs (Bull. Acad. d. Méd. Paris, 1889)
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10 h. 15 matin. Injection intra-péritonéale de 5 centimètres cubes d’une solution de morphine à {4 p. 100, soit 5 centigrammes de morphine.
F16. 118. — Chien de 5 kil. Injection de 5 centigrammes de morphine. Courbes de la température et de la fréquence de la respiration. Non-parallélisme de ces courbes.
La ligne pointillée est la courbe de la température, la ligne pleine est la courbe de la respiraticn. — L'ordonnée horizontale représente le temps exprimé en minutes; sur l'ordonnée verticale sont inscrits les nombres de respirations et les degrés de la température.
L'état de la respiration et de la température est noté pendant 5 heures consécutives. Les courbes de la fig. 119 représentent les variations de ces deux éléments physiologiques.
MINUTES 20. 40 Xi 120 #40 2*
Fig. 449. — Lapin. Injection de 5 centigrammes de morphine. Courbes de la température et de la fréquence de la respiration. Non-parallélisme de ces courbes.
La ligne pointillée représente la température, la ligne pleine, la respiration.
Expérience XXV. — 21 octobre 1891. — Chien adulte. — Poids 9 kilogrammes. T. 39° 6. Température du laboratoire 12°.
4 h. 10. — Injection intra-péritonéale de 5 centimètres cubes d’une solution de morphine à 1 p. 100, soit 5 centigrammes de morphine.
Les courbes de la fig. 120 représentent l’état de la respiration et de la température pendant une heure et demie.
Les courbes des figures 118, 119 et 120 indiquent nettement que les modifications de la respiration, sousl’influence de la morphine, ne sont pas
fonction de l’abaissement F1. 120. — Chien de 9 kil. Injection de 5 cede la température. Si pau de unes de en était ainsi, les deux piration. Non-parallélisme de ces courbes- : . La ligne pointillée représente la température, cCourbestde la respiration, isne teprésente la respiration, et de la température devraient être parallèles, Il n’en est rien, la température baisse déjà alors que la respiration est en pleine phase de polypnée (Hig. 120). Ce fait seul suffirait à contredire toute idée tendant à subordonner, dans le morphinisme aigu, la respiration à l’'hypothermie. Mais encore, d'autre part, tandis qu'à un moment donné la fréquence de la respiration prend une valeur qu'elle continue à conserver sensiblement constante pendant tout le sommeil narcotique, la température au contraire ne cesse de baisser progressivement jusqu'à la fin de la narcose. Ce fait ressort nettement des courbes des figures 118, 119 et 120. Il permet de conclure de la facon la plus catégorique que, si des deux éléments température et respiration il en est un qui, dans les conditions de ces expériences, est subordonné à l’autre, c’est certainement la température qui subit l'influence de la diminution de l’activité respiratoire ; mais non celle-ci qui dépend de la chute de la température. Les effets respiratoires de la morphine sont done, d’une part, indépendants des nerfs pneumogastriques ; d'autre part indépendants de l’abaissement de la température. C’est qu'ils
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dépendent de l'intoxication du système nerveux central. Mais à quel élément du système nerveux central intoxiqué par la morphine doivent-ils donc être rapportés? Au bulbe, à la M moelle, au cerveau? Il serait fort simple, pour les expliquer, de les rapporter à lintoxication des centres respiratoires excito-moteurs c'est-à-dire des centres bulbaires. Ces centres, diminués dans leur excitabilité, réagiraient avec moins d’intensité aux diverses stimulations chimiques et dynamiques qui contribuent à les faire entrer en action pour produire les mouvements respiratoires. La respiration se trouverait ainsi
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diminuée, de par ce fait. Mais précisément la diminution d'excitabilité des centres bulbaires, sous l'influence de la morphine, est bien plutôt un fait couramment admis que réellement démontré. Si elle existe, c’est, certes, à un bien faible degré; sinon comment expliquer que les excitations banales, telles qu’un léger bruit, un simple frôlement de la peau avec le doigt, le passage sous les narines d’une éponge à peine imbibée de quelques gouttes de chloroforme, amènent pendant le sommeil morphinique des réactions respiratoires comme à l’élat normal (expériences XVII et XIX)? Si la diminution d'excitabilité du bulbe a, sous l’influence de doses modérées de morphine (5 à 10 centigrammes chez le lapin), une valeur importante, comment expliquer surtout que la même intensité minima de courant électrique, qui produit à l'état normal l'arrêt de la respiration, produit encore ce même arrêt, dans les mêmes conditions, pendant le sommeil mor- -phinique, et, en particulier, pendant la respiration périodique? Ce dernier fait qui s’est nettement affirmé dans les expériences X VIII et XIX, a, je crois, une réelle importance dans la question de la diminution de lexcitabilité des centres bulbaires sous l'influence de la morphine à doses modérées. Que l'excitabilité des centres respiratoires bulbaires soit, dans ces conditions, diminuée d’une certaine valeur, c’est là ce que je w’affirme ni ne nie. Mais la conclusion à laquelle m'autorisent d'incliner, je pense, mes expériences (XVII, XIX) cest
que, du moins, cette diminution d’excitabilité des centres bulbaires n’atteint pas une valeur suffisante pour qu'il soit légitime d'admettre qu’elle soit la cause — et surtout la cause exclusive — des effets respiratoires de l’intoxication morphinique.
A. Lœwy, qui s’est occupé de déterminer les variations de l’excitabilité du centre respiratoire‘ sous l'influence du sommeil normal et du sommeil provoqué par divers hypnotiques, hydrate de chloral, hydrate d’amyle, chloralamide, écrit que « les changements respiratoires que l’on observe sont dus à ce que le centre, normalement excitable, reçoit en réalité des excitations différentes ». C’est bien là le sentiment que j'ai des modifications respiraloires dues à la morphine. Les centres bulbaires ont leur excitabilité normale — ou peu s’en faut ; — mais ils reçoivent du cerveau intoxiqué une stimulation bien moindre qu’à l’état normal. Ce n’est en effet pas du côté de la moelle, que l’apport des stimulations vers le bulbe est diminué; la réflectivité médullaire est exagérée sous l'influence de la morphine (Craune Bernar») et diverses expériences que j'ai rapportées le prouvent clairement. Mais la morphine est le poison, par excellence, de la cellule cérébrale (FLourEns, Cu. Ricuer); sous l'influence de la morphine l’action excitatrice du cerveau est considérablement diminuée, sinon anéantie, tandis que la réflectivité de l'organe cérébral subsiste relativement intacte. Dès lors, si le cerveau envoie normalement au bulbe respiratoire quelques stimulations dynamiques — mais qui se ramènent sans doute, en dernière analyse, à des stimulations chimiques, — ces stimulations excito-motrices se trouveront très diminuées ou supprimées sous l’influence de la morphine, au même titre que l’action excitatrice générale du cerveau. Et la respiration sera diminuée d'autant.
Voilà bien précisément comment l’étude des effets respiratoires de la morphine, poison particulièrement sensible à
1. À. LæwYy, Zur Kenntniss der Erregbarkeit des Athemcentrums; Archives de Pflüger, XLVII, p. 401.