SUR LES FONCTIONS DES CAPSULES SURRÉNALES CHEZ LES COBAYES
Par MM. J.-E. Abelous et P. Langlois
En même temps que nous poursuivions nos recherches sur les fonctions des capsules surrénales chez les grenouilles, nous avons étudié la physiologie de ces organes chez les animaux supérieurs, et spécialement chez le cobaye. Les recherches sur les mammifères, sur le chien, le lapin et le chat sont très nombreuses, elles ont conduit les auteurs à des conclusions extrêmement divergentes, et il nous est impossible de résumer, même très brièvement, les résultats de ces divers travaux.
Nos recherches ont porté presque exclusivement sur les cobayes. Nous considérons en effet le cochon d'Inde comme un animal de choix pour l'étude des fonctions de cet organe. Les capsules sont volumineuses, beaucoup plus considérables que celles des autres animaux par rapport au poids total. Pour des cobayes de 500 grammes, chaque capsule atteint en
- moyenne un poids de 12 centigrammes, alors que chez des lapins de 2 kilogrammes elles n’ont que 10 à 15 centigrammes et chez les chiens 1 gramme. Un autre point important, c'est la rareté des capsules accessoires. Alors que chez les lapins et les chiens on trouve fréquemment des capsules supplémentaires, chez le cobaye, malgré nos recherches attentives sur ce point, nous n'avons trouvé que deux fois une glandule accessoire. On comprend que l’existence de ces capsules accessoires, susceptibles de se développer très rapidement, puisse modifier beaucoup les résultats de la destruction des capsules principales, comme l'a montré M. Grey dans ses recherches sur les effets de l’ablation de la thyroïde chez le lapin. |
Tizzont et NoruxaGez ont employé la voie lombaire. Nous avons préféré sur le cobaye opérer à l’aide d’une laparotomie latérale, en faisant partir l’incision de la dernière côte ; une incision de 3 centimètres et demi, dirigée de haut en bas et de dedans en dehors suffit dans la plupart des cas. La contention des intestins et surtout du lobe droit du foie pour la capsule droite est une des parties délicates de l'opération et qui exige une certaine habitude. Nous avons réalisé cette contention avec des éponges très plates et douces, le foie se déchirant facilement. Inutile d'insister sur les précautions antiseptiques que nous n'avons jamais négligées. La capsule découverte, on la sépare avec l'extrémité d'une sonde cannelée du rein, qu'il faut incliner légèrement en bas. La face inférieure de la capsule se présente alors très nettement. Quand il s’agit d’une destruction partielle, il suffit alors de toucher avec la sonde portée au rouge un point quelconque de la capsule; mais, si l’on veut obtenir la destruction totale, il faut tout d’abord porter la sonde vers le tiers interne de la capsule, dans la région où la veine capsulaire émerge de l'organe. Il se produit alors une hémorragie d'un sang rouge (veine capsulaire) qu'un coup de sonde au rouge sombre ou une légère compression suffit à arrêter le plus souvent. On continue ensuite à