TOME II. x
plus considérable des poumons, ou à l'existence des sacs aériens, qui permettent peut-être un grand apport d'air à chaque inspiration ?
Si des animaux ayant besoin de faire de la chaleur nous passons aux animaux à sang froid, il semblerait que nous ne dussions pas retrouver chez eux un rapport entre la surface et la respiration. Cependant ce rapport existe : c’est là un fait bien remarquable, que, dans ses belles Leçons sur la respiration, Paus Berr a signalé. Les petits poissons ont une respiration plus fréquente que les gros. Des carpes de poids différents ont donné les chiffres suivants, qui indiquent le nombre de leurs respirations par minute :
Poids.
grammes. Respirations.
AROET En LErre 8 SH Med 39 ADN ele 92
Par minute, un congre de 1 mètre respirait 10 fois, et un congre de 0",80, 25 fois.
Mais, ici, cette influence de la taille ne peut se ramener à une influence de surface; elle n'est donc pas due à une cause calorimétrique, puisqu'il s’agit d'animaux à sang froid. 1l s’agit probablement d’une autre influence, celle du volume des poumons ou de tout autre cause encore, qui mériterait, certes, d'être étudiée avec soin.
Na
Il existe un rapport presque constant entre le rythme car-
diaque et Le rythme respiratoire.
En effet, si l'on met en regard, pour des animaux d’espè-
ces différentes, le nombre des battements cardiaques et celui des respirations dans une minute, on obtient les chiffres sui vants, qui permettent d'établir une relation simple entre les deux chiffres correspondants :
Nombre Nombre des des systoles Espèces. respirations. cardiaques. Rapport.
Homme... ... 16 70 4,4 Chenetene à 24 100 4,2 Éléphant. . . . 8 28 3,5 Hans 2.2. «à 50 140 2,8 D'OURIS a. «7 à. 150 250 4,7 PIBeOn:" -2raN 36 220 6,0
En faisant ce rapport, on voit que, en moyenne, il y a environ quatre systoles pour une respiration. Toutefois, chez les animaux dont la respiration est très fréquente, on ne retrouve plus le même rapport, et l’on constate que le rythme circulatoire a crû proportionnellement moins vite que le rythme respiratoire.
Nous allons maintenant voir de quelles modifications physiologiques est susceptible le rythme respiratoire chez l’homme, qu'il s'agisse de respiration ralentie ou 4ypopnée, de respiration accélérée ou polypnée, de respiration supprimée ou apnée, de respiration laborieuse, difficile ou dyspnée.
Évidemment, c’est le besoin d'oxygène qui détermine le rythme respiratoire, et M. Bornoni, qui pratiqua la circulation d'air continue dans le système respiratoire d’un oiseau, le faisant entrer par la trachée pourvue d’une canule et sortir par une fistule pratiquée à un sac aérien ou à un humérus creux perforé, a vu l’apnée complète s'établir chez l'animal. Le besoin de respirer avait donc été complètement Supprimé par
celte circulation artificielle d'air, par ce lavage oxygéné des organes respiratoires.
Cependant cette opinion, également soutenue par M. Ro- SENHAL, Qui à pu produire l’apnée chez les lapins en saturant le sang d'oxygène, a contre elle un certain nombre d'expériences qui ne permettent guère qu’on l’admette sans réserve.
D'abord, si l’on coupe les pneumogastriques d’un lapin, c'est-à-dire si l’on supprime les nerfs centripètes de la respiration, il devient impossible de produire l’apnée chez l'animal ainsi opéré. L’apnée paraît donc être un phénomène de sensibilité pulmonaire, plutôt qu'un phénomène lié à la qualité chimique du sang.
Seconde preuve : si l’on fait respirer de l’oxygène pur à un animal, on ne voit pas la respiration se modifier, bien que le sang soit saturé de ce gaz.
Troisième preuve : si l’on insuffle dans le poumon un air pauvre en oxygène, mélangé par moitié d'hydrogène, par exemple, on obtient l’apnée tout aussi facilement que si l’animal respirait de l’air pur.
Enfin, comme M. Here et M. Ewarp l'ont montré, le sang d’un animal en état d’apnée ne contient pas plus d’oxysène que le sang d’un animal normal".
Toutes ces expériences nous prouvent que le poumon est doué d'une sensibilité spéciale à la distension mécanique, et que l’apnée qui en résulte est un phénomène nerveux, d'ordre dynamique, un réflexe consécutif à une excitation mécanicophysique de la périphérie, plutôt qu’à une excitation chimique du système nerveux central.
Mais pouvons-nous diminuer le nombre de nos respirations sans modifier nos conditions physiologiques essentielles ?
M. A. Mosso a montré que la respiration, ainsi d’ailleurs que la plupart des fonctions chez l’homme et chez quelques