‹ Physiologie; (volume 3)Chapitre 12 sur 168 · III. — Effets de la compression céréhrale sur · texte numérisé non relu

III. — Effets de la compression céréhrale sur

LA respiration.

Dans une étude expérimentale sur le rôle du cerveau dans la respiration, est-il légitime de rapporter des expériences dans lesquelles, après trépanation crânienne et ouverture des méninges mettant à nu Fécorce cérébrale, on produit artificiellement la compression cérébrale par des injections d'eau ordinaire poussées au niveau de l'orifice trépané? Je sais bien qu'il pourra m'être objecté que dans ces expériences l'effet produit sur la respiration tient non pas à la compression de l'écorce cérébrale, mais bien, en réalité, à la compression du bulbe que l'on ne peut, en l'occurrence, dissocier de la précédente. Il est fort vraisemblable, en effet, qu'au cours de telles expériences le bulbe doit être comprimé aussi bien que le cerveau proprement dit. Mais est-il indiscutable que l'arrêt res-

piratoire qui se produit alors soit et surtout soit exclusivement d'origine bulbaire? Si l'on admet que les centres bulbaires ne sont que des centres d'inhibition pour les mouvements respiratoires (Brown-Séquard, LoYE, Dastre), certes, l'arrêt respiratoire produit par l'excitation de ces centres se comprend fort bien; mais si l'on admet que les centres bulbaires sont des centres d'action, c'est-à-dire des centres excito-moteurs pour la respiration (Larorde, H. Girard, Markwald, Aducco), dès lors l'arrêt respiratoire produit par l'excitation de ces centres ne se comprend plus. Dans ces conditions il peut être permis, sans doute, de ne pas accepter comme un dogme classique l'origine bulbaire de l'arrêt respiratoire dans les expériences de compression cérébrale. D'autre part, si l'on se reporte aux arrêts respiratoires que l'on peut obtenir par Texcitation électrique directement appliquée sur la substance corticale (Fr. Franck, Ch. Richet), ou si l'on veut bien encore se reporter à certains faits cliniques d'encéphalocèle, par exemple, dans lesquels la compression digitale de la tumeur produit parfois des syncopes cardiaque et respiratoire, il pourra dès lors paraître légitime de rapprocher des effets obtenus dans ces diverses conditions expérimentales ou pathologiques ceux que l'on obtient dans les essais de compression cérébrale en expérimentation physiologique. C'est, pour ma part, ce que j'ai pensé pouvoir faire très légitimement.

Expérience IX. — 26 janvier 1892. — Lapin. T. 39". 3. — Température du laboratoire, 12°.

2 h. 30. — Le crâne est trépané sur la région latérale droite, l'orifice de 0,00o millimètres de diamètre laisse pénétrer l'extrémité inférieure de la seringue ordinaire dont on se sert en clinique pour la ponction de l'hydrocèle; les méninges sont incisées, laissant à nu la substance céré brale.

2 h. 43. —La respiration du lapin est enregistrée avec le cardio-pneumographe à lapin de Mahey. Le début du tracé représente cette respiration normale.

2 h. 30. — On enfonce la canule de la seringue à bydrocèle remplie d'eau par l'orifice trépané, l'injection est faite lentement (on a, du reste, à lutter contre une assez grande résistance pour pousser le piston de la se-

riiK-ue) Dès le début de l'injection se produisent des mouvements convulsifs indiqués sur le graphique; l'arrêt de la respiration se produit

après l'injection de 0,04 centimètres cubes de liquide. La canule est maintenue immobile en place pour éviter toute issue de liquide. La respiration reprend progressivement.

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