TECHNIQUE PHYSIOLOGIQUE
Par M. Charles Richet,
Injections péritonéales pour l'anesthésie
Actuellement, dans la plupart des laboratoires, on a renoncé à anesthésier les chiens par le chloroforme, et, le plus souvent, on détermine l'anesthésie par l'introduction intra-veineuse de chloral. C'est un procédé qui, je crois, a été employé pour la première fois d'une manière méthodique par VuLPiAN et Bochefontaine, il y a déjà vingt ans. Il a de grands avantages sur la chloroformisation, mais cependant il comporte un inconvénient sérieux : c'est que l'injection intra-veineuse introduit directement dans le sang du chloral, qui est toxique et qui, par son action directe sur l'endocarde, lorsqu'il est trop rapidement injecté, amène quelquefois des
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syncopes mortelles. Ces syncopes surviennent surtout si la solution du chloral est trop concentrée, par exemple 250 grammes par litre.
Je préfère introduire lo chloral, non plus dans le système veineux, mais dans le péritoine ; l'absorption est rapide, et, en dix minutes, l'anesthésie est complète. Cela n'entraîne aucun accident inflammatoire. On n'a rien à craindre en piquant Tabdomen avec une aiguille de Pravaz, car l'intestin fuit devant l'aiguille et n'est jamais perforé.
En ajoutant du chlorhydrate de morphine au chloral, on obtient une anesthésie qui Jure très longtemps, près d'une heure, sans menace de syncope, ce qui permet alors de faire avec une complète sécurité des opérations très longues.
La solution que j'emploie contient, par litre, 200 grammes de chloral et 1 gramme de chlorhydrate de morphine, cette petite quantité de morphine étant tout à fait suffisante pour rendre le sommeil calme, profond et prolongé.
Quanta la dose anesthésiante, après de nombreux essais, elle m'a paru être, en tenant compte du poids de l'animal, de 5 décigrammes de chloral' et de 25 dixièmes de milligramme de morphine par kilogramme d'animal, ce qui représente le chitTre, commode pour l'usage, de 2 ce. 5 de la solution par kilogramme du poids de l'animal.
Mais c'est là un chiffre extrême, qu'il ne faut pas dépasser, surtout sur les jeunes chiens.
Chez les lapins et les cobayes, où l'injection intra-péritonéale réussit très bien également, la dose ne doit pas être aussi forte ; et on obtient l'anesthésie avec 2 décigrammes de chloral par kilogramme et la quantité de morphine correspondante.
En faisant cette expérience d'anesthésie sur des animaux de taille différente, appartenant soit à la même espèce, soit à des espèces diverses, on voit l'intluence curieuse de la taille sur le refroidissement : quoique la dose de chloral injecté soit proportionnellement la même, les petits chiens se refroi-