‹ Physiologie; (volume 3)Chapitre 32 sur 168 · URINE RIÎNDUE PAR MINUTE · texte numérisé non relu

URINE RIÎNDUE PAR MINUTE

Exp. I. Kxp. I. Exp.I. Kxp.IX. Exp.II.

2° Injection de sucre . . V%S 4",:5 1",06 2",09 1",37 Injection d'eau. . . 0",6 (r,:i 0",t5 i" 0",06

Un autre fait est h remarquer : c'est que l'urine qui s'écoule après les injections d'eau est sanguinolente et alors albumineuse. Au contraire, même après l'injection de doses considérables de sucre, jamais le sang ne passe dans l'urine, tandis qu'il suffit d'une dose relativement minime, soit 200 grammes d'eau (20 grammes par kilogramme), pour provoquer cette hématurie.

Le fait avait été noté par Magendie; il avait vu, dit Claude Bernard ', l'albumine passer dans les urines toutes les fois qu'on injecte dans le sang une certaine quantité d'eau. « Dans ces conditions, l'urine devient albumineuse et même sanguinolente Il faut admettre là une action particulière de l'eau

sur les éléments du sang, qui, sans doute, doivent garder entre eux des rapports de quantité tels qu'on ne peut les faire varier, sans que ce liquide s'altère et change de nature. »

D'autres expérimentateurs, Kierulf, Falck et Picot, ont aussi vu l'hématurie se produire; mais ils n'ont pas observé Tanurie consécutive à l'injection d'eau, et, môme, Falck et Kierulf ont cru pouvoir noter de la polyurie.

En réalité, ce n'est pas seulement sur le rein que l'injection d'eau a un efîot tout dilfércnt de l'injection de sucre; avec '-'intestin, le résultat est identique : l'expérience suivante en est la preuve :

Ayant mis à nu l'intestin et placé un tube dans chaque bout

\, Leço)is sur les liquides de l'organisme, t. II, p. 139.

POLYURIE EXPERIMENTALE. 193

de cet organe sectionné, nous ne vîmes aucun écoulement de liquide se produire, bien que nous eussions injecté 1,050"'' d'eau distillée; au contraire, il y eut une production abondante de liquide après l'introduction, dans les veines du même animal, de 216'" d'une solution de sucre concentrée.

A quoi faut-il attribuer ces phénomènes d'arrêt sécrétoire provoqués par les injections d'eau ? On pourrait supposer qu'il s'agit là d'une modification des éléments du rein ou de l'intestin, telle que ces organes, altérés dans leur structure, soient troublés dans leurs fonctions. Il n'en est rien cependant; car l'expérience IV nous montre que l'injection de la solution sucrée a pu provoquer l'écoulement d'un liquide intestinal abondant, malgré l'introduction préalable de 1,030'"' d'eau distillée dans le système veineux. De même pour le rein : les expériences I, II et IX montrent nettement la possibilité du rétablissement de la fonction rénale par le fait de l'introduction d'une solution de sucre, par exemple, dans le système circulatoire, alors que la sécrétion urinaire avait été presque tarie par une ou plusieurs injections d'eau distillée.

Pour ce qui concerne l'hématurie, il faut en revenir à l'opinion de Claude Bernard, qui voit dans ce phénomène la conséquence d'une lésion des globules et du plasma du sang \

Quant à l'anurie consécutive aux injections aqueuses, nous en connaîtrons mieux la cause lorsque nous aurons exposé l'action, des diverses substances sur la fonction du rein.

En résumé, nos expériences nous montrent que :

1° L'injection' d'eau à petites doses n'agit pas sur la sécré-

1. M. Mairet a trouvé que le sang des individus qui ont absorbé par la voie digestivc des quantités notables d'eau présente des altérations globulaires : les globules sont déformés et crénelés. [Montpellier 7nédical, 1879.)

2. Nous ne parlons ici que de Vinjection intra-veineuse^ et non de Yingestion stomacale; nous ne confondons pas des expériences qui consistent à faire passer de l'eau distillée dans une veine, avec l'introduction dans l'estomac de boissons abondantes, fussent-elles aqueuses, lesquelles ont toujours produit et produi-

tion urinaire : à doses moyennes (de 5 à 20 grammes par kilogramme de ranimai), elle ralentit la sécrétion; à doses plus fortes (an-dessus de 30 grammes par kilogramme), elle arrête cette sécrétion ;

2° La sécrétion peut être rétablie par le sucre et les autres substances diurétiques ;

3° L'urine est sanguinolente et albumineuse après les injections d'eau;

4" Les sécrétions intestinales, très abondantes après l'injection de sucre, n'augmentent pas après les injections d'eau.

Injections de sucre.

Des expériences antérieures nous avaient montré que l'injection intra-veineuso de quantités notables de lait provoque une polyurie abondante. Nous avons pensé alors que l'injection de sucre (lequel existe en quantité notable dans le lait, soit 40 grammes par litre) pourrait peut-être produire les mêmes effets, et l'expérience conlirma nos prévisions.

Sur des chiens, opérés comme nous l'avons dit plus haut, si l'on introduit dans la veine une petite quantité de sucre, aussitôt on voit l'urine s'écouler avec abondance. Ainsi (Exp. III), avant l'injection de sucre, on ne peut recueillir en SO minutes que quelques gouttes d'urine, tandis que, après l'injection de lO*"" d'une solution concentrée de sucre de canne, on obtient un écoulement de 12 gouttes par minute.

Cette urine est limpide, non sanguinolente, non albumineuse, beaucoup moins fortement colorée que l'urine normale;

ront toujours de la polyurie. Cette distiaction pourrait paraître superflue, si elle n'avait échappé à un rédacteur -du Montpellier médical (1880).

POLYTRIE EXPÉRIMENTALE. 497

elle est même d'autant plus incolore que la polyurie est plus abondante. Elle contient toujours de très grandes quantités de sucre. A mesure que l'on injecte des doses plus fortes, la quantité d'urine augmente rapidement, au point qu'il devient pour ainsi dire impossible de compter le nombre des gouttes qui s'écoulent par minute (nous avons compté une fois loO gouttesparminute).Pourtoutescesnumérationsdegouttes et de quantité d'urine s'écoulant dans un temps donné, nous renvoyons aux expériences placées à la fin de ce travail. Disons seulementquelapolyurie, après lesinjectionsde sucre, est, dans quelques cas, telle, que, si l'on représente par I la quantité d'urine normale, la quantité d'urine sucrée éliminée dans le même espace de temps peut être représentée par 40.

Nous nous sommes demandés s'il existe un rapport entre le volume du liquide injecté et le volume du liquide sécrété. Il est facile de voir, dans l'expérience I, par exemple, que le volume du liquide sécrété dépasse de beaucoup celui du liquide injecté, déduction faite du chiffre normal de l'excrétion urinaire pendant ce temps. Ainsi, un chien, en une demiheure, avait éliminé 14'''' d'urine; on lui fait une injection de 19"^ d'une solution sucrée dans la demi-heure qui suit : il sécrète 54"" d'urine, ce qui représente, déduction faite du liquide normalement sécrété, quatre fois le volume du liquide injecté. Il s'ensuit que, sous l'influence de l'excrétion rénale exagérée, il se fait une véritable déshydratation du sang. Cette déshydratation explique la soif intense manifestée parles animaux à qui on a fait seulement une injection intra- veine use de sucre.

Nous avons aussi cherché les relations qui pouvaient exister entre la quantité de l'urine et celle de l'urée excrétée à la suite d'injections intra-veineuses de sucre interverti. A mesure que l'urine est plus abondante, elle contient, par litre, une quantité beaucoup moins grande d'urée; mais cette diminution est compensée et au delà par l'augmentation de la sécrétion urinaire. En rapportant le chiffre de l'urée à 1 kilo-

gramme du poids de l'animal par 24 heures, nous avons obtenu les chiffres suivants :

expérii;n'cj:s.

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