Journal de me'd., chir. et pharm., p. 138. — Paris
3. Dans le même volume, p. 101, on trouve l'histoire d'une jeune fille qui serait restée vingt-cinq mois sans manger.
318 CHAUI.ES HICHET.
Yll. — MACKENrAiE, Fcmiiic qui Vit scuis manger et boire {Phil. Trans., p. 1, en anglais). — Londres, 1777.
Vill. — Cas d'abstinence de quinze mois, par Sghilyer {Mcd. Rev. Mag., p. 484, en anglais). — Londres, 1799.
Dans les auteurs mystiques, on trouve aussi des récits de jeûnes, comme Lidvinsa de Schiedam et Catherine de Sienne (voyez Sphùix, 1888, t. V, p. liSO).
A la vérité, il ne s'agit pas de jeûne absolu, mais d'un jeûne interrompu seulement par l'introduction de quelques gouttes de lait ou de bouillon, et vraiment il est impossible de ne pas reconnaître que certaines malades supportent, pendant un temps prodigieusement long, une abstinence presque complète.
Dans les temps modernes, nous retrouvons des histoires analogues, de sorte qu'il n'est guère possible de révoquer en doute le fait de ces jeûnes prolongés.
Je ne puis entrer dans le détail de ces nombreuses observations médicales, qui se rapportent presque toutes à Thystérie. Je ne rapporte pas celles <|ui sont citées dans la plupart des livres, et en particulier à V Index Catalogue.
A. Serrata, près Porto-Maurizio, vit une femme, couchée dans son lit, ayant des alternatives de catalepsie et de léthargie et qui, depuis vingt-sept ans, ne prend qu'un peu de pain et d'eau'.
• Ricci (cité par Schmalz, loc. cil., p. 222) raconte l'histoire d'une femme âgée de quarante ans, Anna Garbcro, qui, après un sommeil et un jeûne de quarante jours, est prise, le 8 septembre 1825, d'une répulsion absolue pour les aliments. Elle ne mange plus rien jusqu'au 19 mars 1828, jour de sa mort, après avoir présenté un sommeil léthargique d'une durée de trois mois.
A l'autopsie, on trouva un rétrécissement, probablement
1. Cité par Monin et Markchal, loc. cil., \\. 4G. Il est prubablc que l'autro malade qu'ils ritent ;i l.-i page 45 est l;i même.
cancéreux, de l'S iliaque du côlon ; ce rétrécissement pouvait à grand'peine laisser passer les liquides.
Un des exemples les plus extraordinaires est celui de cette femme* hollandaise hystérique et ayant des attaques d'hystérie, Angelina de Vlies, qui serait restée du 10 mars 1822 jusqu'en 1826 sans rendre autre chose qu'un peu d'urine et d'excréments. Elle buvait de temps en temps un peu d'eau qu'elle avait de la peine à avaler. Une commission l'a surveillée pendant quatre semaines, et a constaté que, réellement, elle a jeûné pendant tout ce temps. Elle est prise parfois de crampes et de tremblements. Agée de quarante et un ans, elle semble en avoir soixante-dix, et est tellement faible, qu'elle ne peut se lever sans aide.
BouRNEviLLE et d'OLLiER" citcut l'histoirc d'un enfant idiot qui aurait eu des accès de jeûne : un premier durant trois semaines, à deux ans; un autre durant vingt-huit jours, à sept ans. Il ne prenait que de l'eau et du bouillon.
En 1743, un individu de quarante-cinq ans fut pris, après une émotion, d'un accès de léthargie. On eût dit qu'il était mort. Pendant deux mois, il fut nourri uniquement avec quelques cuillerées de lait et de bouillon ^
En 1713, il y eut le cas du célèbre dormeur de la Charité, observé par Burette. De fin d'avril à juillet, pendant deux mois et demi, il fut nourri uniquement avec quelques cuillerées de gelée, de bouillon et de vin'.
Une femme de dix-huit ans ^ eut un accès de léthargie de quarante jours. Six ans après, elle en eut un de cinquante jours. On l'alimentait avec quelques cuillerées de lait et de bouillon. Douze ans après elle en a un qui dure un an.
1. Citée par Sciimalz {Journ.'der prafischen Heilkunch, suppl.,p.216). — 18i29.
2. Recherches clÏ7i. et thérap. sur. Vèpilepsie, l'hystérie et l'idiotie, p. 24, 1881, et Progrès médical, 1880, p. 708.
3. Cité par Semelaigne, Du sommeil chez les aliénés [Ann. tnéd. psychol., tirage à part, p. 33). — 1885.