TUBERCULES QU ADRIJ UME AUX SUR LA RESPIRATION
Les expériences que j'ai faites à ce sujet ont été également pratiquées sur des pigeons, si bien qu'il s'agit à vrai dire de tubercules bijumeaux, les oiseaux étant moins riches à cet égard que les mammifères. Voici quelques-unes de ces expériences :
ExpÉRiENCK VI. — 10 février 18SI-2. — Vigeon. T. 41°8. — Températuredu laboratoire 12", ii.
4 h. 20. — Le cerveau est mis à nu. Le tubercule bijumeau droit est découvert; il est suffisamment isolé pour qu'on puisse facilement porter l'excitation électrique directement sur cet organe. C'est là une
t'iG. l[)-2. — Pigeon. En + excitation du tubercule bijumeau droit : arrêt do
la respiration.
opération qui ne laisse pas que d'être assez pénible; les tubercules bijumeaux sont dissimulés sous les lobes cérébraux et aussi sous le cervelet; pour les atteindre il faut attaquer la paroi crânienne assez près en arrière de l'orbite, on blesse là fatalement des sinus veineux et l'animal perd beaucoup de sang. Aussi bien la respiration du pigeon se ressent-elle de ces hémorragies; c'est ce qui explique que sur le tracé ci-dessus on ait affaire à une respiration fréquente et assez irrégulière.
4 h. 43. — Excitation du tubercule bijumeau droit, la bobine inductrice du chariot de G.viife étant à 0,04 cent, de l'échelle du chariot.
Après une inspiration convulsive, la respiration s'arrête en expiration; de plus cet arrêt se prolonge pendant un certain temps alors qu'on a cessé toute excitation.
L'excitation des tubercules bijumeaux chez le pigeon produit, on le voit, l'arrêt de la respiration. Cet arrêt est-il absolument identique à celui que produit toute excitation sensible de la périphérie; est-ce là un arrêt absolument de même nature, c'est-à-dire un simple arrêt réflexe? Cette opinion est celle de Girard, de Genève, qui pense que cet effet de l'excitation des tubercules bijumeaux ou quadrijumeaux sur la respiration est dû simplement à ce que ces organes contiennent des fibres sensibles des nerfs optiques en particulier, et, en réalité, lorsqu'on excite les tubercules quadrijumeaux, ce sont ces fibres que l'on excite ; il s'agit donc là exclusivement du réflexe respiratoire ordinaire produit par l'excitation de tout nerf sensible'. Ce n'est pas là l'avis de Markwald. Ce physiologiste, qui s'est beaucoup occupé de l'influence exercée par le cerveau en général et les tubercules quadrijumeaux en particulier sur la respiration, pose cette conclusion dans l'un de ses travaux : « Outre les pneumogastriques, les voies et noyaux des tubercules quadrijumeaux postérieurs et ceux de la portion sensitive du trijumeau sont également très importants pour la production de la respiration rythmique normale. Les ganglions des tubercules quadrijumeaux postérieurs possèdent un tonus naturel et sont capables de suppléer à l'absence des pneumogastriques ^ » Certes Markwald n'admet pas de centres respiratoires cérébraux — pour lui, comme pour Girard, les centres respiratoires sont exclusivement bulbaires, — mais il admet comme incontestable que les voies supérieures encéphaliques (obère Bahnen) et plus spécialement les tubercules quadrijumeaux postérieurs exercent une action constante, ce qu'il appelle un tonus régulier sur la régulation de la respiration. Il y a là, on le voit, une opposition absolue avec l'opinion qui considère l'effet de l'exci-
1. Girard, h Recherches sur l'appareil respiratoire central, » Genève, 1890, p. 132.
2. Markwald. Die Bedeutung des Mittelhirns. Zeitschrift fiir Biologie, XXVI p. 258, 1889.