Leçons sur la respiration, leçon XXIII, p. 408 (tig
3. Langendorff et Seelig, Archives de Pfluger, t. XXXIX, p. 223-237.
adapté à la partie inférieure de la trachée. Un autre bout est placé dans le bout supérieur de la trachée complètement sectionnée. Quant à la troisième branche, faisant saillie au cou, et à laquelle on peut adapter un tube de caoutchouc ou tout autre appareil, elle est munie d'une tige intérieure, mobile, qui peut faire passer le courant aérien, soit par le dehors, soit par le bout supérieur de la trachée et la glotte, soit à la fois par la glotte et par le dehors.
Le but de cette disposition est de pouvoir diriger la respiration de l'animal soit par la glotte, soit par le dehors. Il suffit de pousser la tige mobile pour obtenir le passage par le dehors. En retirant un peu cette tige, le courant passe par la glotte, les narines et la gueule, absolument comme si le chien respirait normalement.
Dans ces conditions, l'expérience donne toujours le même résultat très net. Dès que le courant aérien passe par la trachée, la respiration devient plus rapide, que le chien soit ou non chloralisé. Au contraire, dès que la respiration ne se fait plus que par la glotte, le rythme se ralentit. C'est là une expérience des plus simples, qu'on peut facilement répéter dans les cours et qui montre que la résistance de la glotte et des voies aériennes supérieures n'est pas négligeable. Grâce à la disposition de cette canule trachéale en T, on peut, sur le même animal, 10 ou i20 fois de suite, toujours avec le même succès, répéter cette expérience, qui paraîtra décisive.
Si cette influence de la pression est nette quand il s'agit de la respiration normale, elle est bien plus évidente encore quand il s'agit de la polypnée. Alors, en effet, le ralentissement est remarquable. La fréquence de la respiration cesse dès que la pression augmente quelque peu. Les tracés suivants indiquent bien ce phénomène.
Dans les trois exemples graphiques qu'on a sous les yeux, il s'agit d'une augmentation de pression survenant pour des motifs divers.
Dans le premier cas (fig. 85), il s'agit d'un chien rendu po-
POLYPNÉE THEHMKJLI;
lypnéique par suite du séjour à l'étuve. Quand il respire par la trachée ouverte, la respiration est très fréquente; mais on adapte alors à sa trachée, en A, un tube de caoutchouc qui plonge dans le mercure au moyen d'une soupape de Mulleh. Alors aussitôt le rythme change, devient très lent, et prend la forme indiquée dans le graphique 2 de la même figure.
(PaS', de /Pression
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Fie. 80. — Influence de la pression sur le rythme respiratoire.
A la ligne supérieure (1), polypnée d'un chien mis dans l'étuve, et respirant par la trachée ouverte. A la ligne inférieure (2), on voit combien l'interposition d'une colonne de mercure, de 6 centimètres seulement, a modifié le rythme. On peut même suivre sur les saccades do la courbe l'influence des soubresauts du mercure dans le tube qui sert a la fois à l'inspiration et à l'expiration. C'est la démonstration de la loi de M. Marey; mais elle est bien plus facile à établir ainsi, c'est-à-dire quand on expérimente sur des animaux polypnéiques, que sur des animaux respirant normalement.
Dans la figure 81, on voit combien le fait de respirer avec ou sans muselière modifie le rythme de la respiration. La température de l'animal mis dans l'étuve depuis quelques instants est de 39°, 4. Tant qu'il a une muselière, il ne peut
respirer qu'avec une grande lenteur. Mais, dès qu'on lui enlève la muselière, aussitôt le rythme s'accélère ; les respirations deviennent un peu moins amples, mais beaucoup plus fréquentes.
Enfin le troisième cas est tout à fait intéressant (fig. 82j ; il s'agit d'un chien chloralisé assez profondément, mais non suffisamment pour que l'élévation de sa propre température à
Avec Muselière. 39° i
Sans Muselière . 39°. 4
Fig. 81. — Influence de la pression sur le rythme.
Il s'agit d'un chien mis dans l'étuve muselé. Sa température est de 39". t. Tant qu'il a une muselière, il ne peut respirer que lentement (ligne 1); on le laisse respirer librement (a la gauche de la ligne 1), et alors aussitôt le rythme s'accélère ligne 2). L'amplitude des respirations va en diminuant de gauche à droite; car, dans la polypnée, l'amplitude est toujours faible. On notera aussi qu'il s'agit là d'une polypnée franchement réflexe; car la température rectale n'est que de 39°, 4; donc, pas d'échauffement des centres nerveux.
42° ne détermine pas l'accélération du rythme. Comme il est chloralisé, lagueule ne peut être largement ouverte, ainsi que pour les chiens exposés au soleil, qui respirent en tirant la langue au dehors. Il est étendu sur la table, et, quoique polypnéique légèrement, respire la gueule fermée. Alors, en A, on lui tire la langue au dehors. Cette extension de la langue fait que la base de la langue ne vient plus s'appliquer sur l'ouverture de la glotte de manière à faire croître la résistance à l'air inspiré. Le résultat de cette traction de la langue est tout à fait remarquable. Le rythme s'accélère aussitôt, et les mouvements deviennent bien plus amples. En A, on laisse la langue retomber sur la glotte, et aussitôt le rythme lent reparaît.
Quand un chien estprofondément chloralisé, il n'a plus que
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des forces inspiratrices extrêmement faibles, et là moindre
pression à vaincre suffit pour faire obstacle à ses inspirations. Les chirurgiens, quand ils pratiquent empiriquement, dans h ehloroformisation profonde, l'extension de la langue, qui empêche l'asphyxie, agissent en diminuant la résistance à l'inspiration.
L'expérience suivante prouve la faiblesse des forces respiratoires chez les animaux profondément chloralisés.
Un chien profondément chloralisé ne respire plus, sans
Fig. 82. — Influence de la pression sur le rythme.
11 s'agit d'un chien chloralisé et mis dans l'étuve. Il n'a pas été trachéotomisé ; par conséquent, il respire par la glotte; mais, par suite de la chloralisation, il ne peut ouvrir largement la gueule et tirer la langue au dehors, comme les chiens normaux. Alors il y a une résistance qui se traduit par une polypnée très peu marquée. En A, de A a A', on lui tire fortement la langue au dehors avec une pince. Aussitôt le rythme change, et la polypnée apparaît, car la base de la langue ne vient plus faire obstacle à la glotte; et la pression à vaincre diminue. Dès qu'on laisse retomber la langue en arrière, le rythme plus lent revient. C'est sans doute une raison analogue qui fait que, dans la ehloroformisation, il est bon de tirer au dehors la langue du patient. Ce n'est pas, comme on le dit vulgairement, parce qu'il ai<ale sa langue; c'est parce qu'on diminue la pression à l'inspiration et à l'expiration, pression difficile à vaincre pour les sujets profondément anesthésiés.
faire d'ailleurs aucun mouvement asphyxique. Alors on lui fait la respiration artificielle en comprimant et relâchant alternativement le thorax. Il se remet à respirer; mais, tant qu'on ne lui tire pas la langue en avant, de manière à diminuer énormément la pression à vaincre, il ne peut pas continuer à respirer spontanément, et bientôt sa respiration s'arrête. Elle reprend de nouveau si on lui fait la respiration artificielle, et si, après l'avoir faite, on lui tire encore la langue an dehors. Autrement dit, il ne peut respirer spontanément que si l'on