‹ Physiologie; (volume 4)Chapitre 152 sur 210 · AIR LIBRE · texte numérisé non relu

AIR LIBRE

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FiG. 83 (figure réduite de moitié). — Influence de l'asphyxie sur la polypnée.

Chien échauffé, respirant en vase clos un mélange d'oxygène et d'acide carbonique, contenant 40 parties d'acide carbonique pour 60 parties d'oxygène. Tant qu'il respire ce mélange, il a une respiration assez lente, ligne 1 de B à H. Eu A, on le fait respirer à l'air libre : alors le rythme change, non pas immédiatement, mais graduellement, comme on le voit vers la tin de la ligne 1 et à la ligne 2. Ce tracé prouve, comme le tracé précédent, que la polypnée est incompatible avec la respiration d'un air riche en acide carbonique.

Un chien dont la température a été, par tétanisation, portée à42°,5, respire 232 fois par minute. Alors on le fait respirer par le tube, et successivement on voit, minute par minute, sa température restant au-dessus de 41°, 5, le rythme devenir 168, 132, 128, 124, 116, 112, 108, 100, 88, 78, 68, 64. 52. Alors on le laisse respirer librement, et son rythme revient à 232, comme avant la respiration par le tube.

La respiration dans ce tube de caoutchouc, que j'appellerais volontiers tube asphyxique, est identique à la respiration dans un milieu confiné. Le va-et-vient de l'air inspiré et expiré ne peut s'établir dans le long tube que d'une manière imparfaite, de sorte que l'animal inspire de l'air qui est déjà al-

CHAULES RICHET.

téré par un défaut d'oxygène et un excès d'acide carbonique. Si le tube (Hait plus long encore, le chien finirait par mourir asphyxié, comme s'il respirait dans un vase clos. Les conditions physiques sont ce qu'elles étaient quand l'animal respirait à l'air libre (car il ne faut pas tenir compte, comme résissistance, du frottement de l'air dans le tubej. Il n'y a que les conditions chimiques qui aient changé. Or cela suffit pour que le rythme polypnéique cesse, et soit remplacé par un rythme plus lent.

Ces deux expériences prouvent donc d'une manière tout à fait certaine que la polypnée ne se produit que si le chien

Fig. 86 (figure réduite de moitié). — Influence de l'asphyxie sur la polypnée.

Chien échauffé. ayant une respiration incomplètement polypnéique, a gauche de la figure, avant A. Alors on lui oblitère la trachée de A à B ; mais, cornai'- il n'était pas en état d'apnée, aussitôt le rythme est changé. En B. on redonne la liberté à la trachée pendant quelque temps, la respiration reste ralentie, mais bientôt elle reprend le type précédent de polypnée incomplète.

respire un air riche en oxygène et pauvre en acide carbonique.

Jusqu'ici, nous n'avons pas étudié l'influence des nerfs vagues sur ces phénomènes. Or, on sait, d'une pari, que les nerfs vagues sont les nerfs sensibles des poumons, et que des actions réflexes, nombreuses et importantes, ont lieu des poumons aux centres nerveux. En outre, quand on a sectionné les deux nerfs vagues, la respiration devient très lente. Il est intéressant de voir ce que devient la polypnée dans le cas de la section des deux nerfs vagues.

A cet égard, toutes les expériences sont très nettes; la polypnée n'est pas modifiée

Non seulement la polypnée n'est pas modifiée ; mais encore

POLYPNÉE THERMIQUE. i:i7

toutes 1rs expériences rapportées ci-dessus, sur l'influence du tube asphyxique, donnent mêmes résultats. Avec le tube de caoutchouc, la respiration se ralentit, sur un chien aux pneumogastriques coupés, comme sur un chien normal.

On peut donc en conclure, presque en toute certitude, que, d'une part, la polypnée et, d'autre part, l'arrêt de la polypnée par la semi-asphyxie, ne sont pas des phénomènes réflexes, ayant l'extrémité des nerfs vagues comme point de départ, puisque les nerfs vagues ne sont plus là pour envoyer aux centres nerveux l'excitation intra-pulmonaire. C'est donc bien un effet chimique, portant directement sur le bulbe, qui détermine la cessation de la polypnée.

Quoique ces faits soient suffisants, pensons-nous, pour établir que l'apnée est nécessaire à la polypnée, voici un autre ordre de phénomènes qui complète la démonstration. Il s'agit du tétanos électrique qui élève la température des chiens. Dans ce cas, il n'y a aucune modification des qualités de l'air inspiré. On ne peut donc invoquer que les modilications du sang, et non celles de Tair inspiré, pour expliquer Jes changements de rythme produits.

Quand un chien, avec la trachée ouverte, est fortement électrisé, sa température s'élève très vite, malgré la polypnée qui se produit, et elle monte en moins d'une heure à 44° ou 44", o, de manière à être mortelle. S'il n'y avait pas une cause quelconque de ralentissement du rythme, le rythme irait en croissant avec la température de l'animal ; mais il n'en est pas ainsi, et on n'observe pas de parallélisme absolu entre l'élévation thermique et l'accroissement du rythme.

En effet, un chien électrisé ne respire pas aussi vite qu'un chien ayant même température, et non électrisé. Cependant, si la cause du rythme fréquent était dans les altérations chimiques du sang par l'excès d'acide carbonique ou le défaut d'oxygène, c'est le contraire qu'on devrait constater, puisque, par l'électrisation, nous avons énormément augmenté les échanges chimiques interstitiels. Or, chez les chiens électri-

ses, la polypnée diminue et cesse presque : c'est donc que l'excès de l'acide carbonique produit par les combustions musculaires diminue la polypnée au lieu de l'augmenter, comme on l'eût supposé a priori.

On pourrait objecter que l'électrisation ralentit la respira-

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