EXPÉRIENCES D'INHIBITION SUR LA GBENOUILLE
d'arrêl se manifester. .Mais dans ces divers cas l'expérience est beaucoup moins nette, car il s'agit là de substances toxiques, alors (jue le chlorure do sodium est peut-être, de toutes les substances minérales connues, la moins offensive.
Il me parait donc certain qu'il y a là un arrêt des phénomènes nerveux, arrêt consécutif à l'excitation violente des nerfs sensitifs rachidiens. Celte excitation transmise à la moelle arrête la fonction nerveuse, et fait qu'alors il n'y a plus ni mouvement réllexe ni mouvement volontaire.
Je rapprocherai ces faits d'une autre expérience que j'ai mentionnée ailleurs '.Si une grenouille est fixée sur une planchette et se débat vivement, dès qu'on excite par un courant électrique la membrane interdigitale, aussitôt toute l'agitation cesse, et, pendant tout le temps que passe l'électricité, la grenouille reste parfaitement calme ; mais ce relâchement n'est qu'un phénomène d'inhibition ou d'épuisement nerveux. Dès que l'excitation cesse, aussitôt reparaissent les mouvements de défense et les efforts de fuite.
Dans ces deux expériences, il s'agit toujours du même phénomène : une excitation forte, — soit électrique, soit chimique, — qui provoque l'arrêt des actions nerveuses réflexes et volontaires.
Chez certains poissons de mer, et en particulier chez les (jirellcs [Julis vulgaris), qui abondent sur les rivages de la Méditerranée, on peut faire aussi une expérience intéressante. Que l'on prenne une des lèvres de ce petit poisson dans les mors d'une forte pince, et l'animal, après s'être énergiquement débattu pendant la première seconde, reste ensuite tout à fait immobile, sans respirer, sans se débattre, sans remuer la queue. Dès que la pression cesse, alors aussitôt l'animal semble revenir à la vie et reprend toute sa spontanéité.