‹ Physiologie; (volume 5)Chapitre 3 sur 93 · TOME VII · texte numérisé non relu

TOME VII

2 HALLIBURTON.

Les bienfaits résultant de cet accroissement de nos connaissances porteront non seulement sur les êtres humains, mais encore, comme dans la pratique vétérinaire, sur les animaux eux-mêmes. Jamais nous ne tentons de défendre soit des expériences entreprises pour une autre intention que de soulager la douleur et de diminuer l'ignorance, soit des pratiques dans lesquelles, comme cela fut dans le passé, on ne prendrait pas souci de la douleur de l'animal.

Je suis sûr que, si le public anglais était bien convaincu que les expériences faites dans nos laboratoires étaient toujours conduites en accord avec nos lois actuelles, toute la croisade des antivivisectionnistes s'évanouirait aussitôt. Mais nos adversaires, dans leur propagande active, veulent faire grandir l'agitation, en omettant de mentionner que toutes les opérations sont faites sans que l'animal soufTre, ou en suggérant, soit directement, soit par des insinuations, que l'anesthésie est un leurre.

Or ma propre expérience, qui est assez considérable, m'a appris que non seulement les physiologistes obéissent littéralement à la loi, mais encore qu'ils se montrent très pointilleux dans tous les détails de son observance. Certaines irrégularités ont pu être citées à Home office par les inspecteurs chargés de vérifier l'application de la loi sur la vivisection ; mais ils n'ont pu trouver de cas dans lesquels il n'avait pas été fait usage d'anesthésiques. Le plus souvent, au contraire, il s'est agi de l'emploi inutile des anesthésiques. Il est parfaitement vrai que, dans certains cas, on a omis d'anesthésier l'animal. Mais c'était quand l'opération était insignifiante, même moins sérieuse que la piqûre de la peau pour une injection hypodermique.

Néanmoins, même dans ces cas, l'opérateur a quelquefois employé un anesthésique, et, en conséquence, il a été signalé au Home office. Pawloff a dit avec raison que l'idéal d'une expérience, c'était d'être accomplie sans anesthésie et sans douleur.

Dans beaucoup de cas, cela peut être réalisé, mais, dans d'autres cas, c'est impossible.

Les physiologistes ont, par conséquent, à choisir lequel de ces deux facteurs de trouble ils doivent éliminer. Et, sans hésiter, ils ont préféré éliminer la douleur.

Il ne faut pas qu'il y ait de douleur :

1*' Par raison d'humanité;

2" Parce que la douleur trouble les fonctions plus que ne le fait l'anesthésie;

3" Parce que les contorsions de l'animal qui souffre dérangeraient une expérience délicate et mettraient en danger les appareils fragiles que l'on est forcé d'employer.

Les mêmes arguments peuvent être donnés pour l'emploi des méthodes chirurgicales antiseptiques ou aseptiques dans les cas oiî l'animal doit survivre à l'opération.

Les processus de guérison se passent sans douleur, et il n'y a ni fièvre ni inflammation, ce qui compliquerait l'issue de l'opération.

Il est donc deux raisons pour lesquelles l'expérimentateur doit se servir à la fois d'anesthésique et d'antiseptique :

\° Pour empêcher l'animal de souffrir;

2° Pour assurer le succès de son expérience.

Les barbaries que mentionne l'agitation antivivisectionniste n'existent pas. En dépit de démentis répétés, ils racontent quantité d'histoires dues tantôt à de volontaires malentendus, tantôt à d'incompréhensibles exagérations; car vraiment ils ignorent le plus souvent les termes techniques employés par les physiologistes.

Dans les séances de la commission royale qui a étudié la question de la vivisection, les soi-disant cas de barbarie invoqués ont été l'un après l'autre réduits à néant, et on n'a pas pu maintenir un seul cas authentique de cruauté.

Tous ceux qui voudront étudier les quatre Bluebooks qui ont été imprimés pour rendre compte des séances, pourront le constater sans peine.

4 HALLIBURTON.

De fait un important journal d'anti vivisection, Verulam Review, avril-juin 1907, page 186, en se référant à ce que disait un des témoins devant la commission, a dû confesser ceci : « Chacun des cas horrifiques de M. Cook a semblé s'évanouir quand on l'examinait de près. »

Une publication antivivisectionniste qui a obtenu quelque notoriété, The Shambles of Science, a figuré dans un récent procès. Les charges particulières qu'a motivées ce procès ont fait l'objet d'une enquête prolongée devant le Lord Ghief Justice. Un jury anglais a montré qu'il comprenait l'énormité de cette diffamation en accordant aux physiologistes incriminés des dommages et intérêts de cinquante mille francs. L'éditeur de ce livre hystérique, pour se servir des mots mêmes du Lord Ghief Justice, a cru devoir d'abord ne pas le publier tel qu'il avait paru ; mais cependant les auteurs ont repris sa publication en enlevant le chapitre incriminé et en ne faisant aux autres parties que de très petits changements.

Les affirmations injurieuses contenues dans ces chapitres peuvent encore être lues par les amateurs de choses sensationnelles.

Sans doute, les auteurs ont espéré que leurs lecteurs ne prendraient pas le soin de lire les témoignages présentés à la commission royale, dans lesquels toutes les accusations de cruautés ont été prouvées n'avoir aucun fondement.

Les expériences de pharmacologie dans lesquelles on étudie l'action des poisons peuvent être et sont pratiquées avec l'anesthésie, ainsi que les expériences de physiologie même. Mais l'expérimentation des pathologistes qui inoculent des germes ou des produits morbides à des animaux, comporte d'autres conditions.

On ne peut nier que, si à un animal on inocule une maladie, cette maladie ne va pas le faire souffrir; mais il est difficile de juger la quantité de douleur dont est capable un animal comme le rat, le cobaye ou le lapin.

(Tels sont les animaux qu'on emploie généralement à cet effet.)

Souffrent-ils plus ou moins que dans les maladies ou les morts violentes qu'ils encourraient, s'ils continuaient à vivre normalement? On ne saurait le dire. En tous cas leurs souffrances ne peuvent être comparées à celles d'êtres humains.

Un homme, quand il est malade, se sent mal à l'aise et éprouve quelques douleurs physiques, mais ce n'est qu'une goutte d'eau par rapport à la souffrance morale et à l'angoisse qu'il endure, angoisse que n'endure certainement pas le lapin qui souffre.

D'ailleurs le pathologiste voit, derrière la douleur qu'il inflige, la douleur qu'il prévient.

La mort de quelques animaux inférieurs sera, comme elle a été dans le passé, efficace à prévenir la douleur ou la maladie des animaux eux-mêmes et de l'homme, en comptant par milliers et même par millions ceux qu'elle a protégés ainsi.

Nul témoignage ne peut être plus important à cet égard que celui qui a été donné devant la commission royale et qui ne doit pas être omis par le Lord de Justice Fletcher

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