Pénélope j
Moyenne des écarts de iî = 4,3 p. 100. — — il' = 3,5 p. 100.
La moyenne générale des écarts individuels est donc de 4 p. 100. Ce qui paraît assez peu, vu l'insuffisance des procédés de mesure, et ce qui nous permet de dire que nos chiffres sont exacts, à 4 p. 100 près, sauf, bien entendu, le cas d'une erreur systématique, que d'ailleurs nous ne soupçonnons pas.
Il était important de faire cette constatation, pour établir que, si l'écart moyen est de 4 p. 100, l'erreur moyenne probable est de 2 p. 100 : par conséquent insignifiante. L'écart maximum étant de 10 p. 100; l'erreur probable maximum sera de 5 p. 100.
On peut aussi comparer nos chiffres avec ceux que d'autres auteurs, mesurant des espèces voisines, ont obtenus.
1. Nous ne comparerons pas les Herodias, les Hirondelles, les Leucophoyx ; car, selon toute vraisemblance, il s'agissait d'espèces diflerentes.
2. Nous appellerons R le rapport entre la racine carrée de la surface alaire et la racine cubique du poids; R' , le rapport entre la racine carrée de la surface totale et la racine cubique du poids, en C. G. S.
Sur trois oiseaux de proie d'espèce différente, mais de poids voisins, on a :
282 Falco kobeck Marey) 4,7 »
287 Rupiornis magnirostris (Ch. Richet). . 4,5 5,1
290 Aster palumbarius (Mouillard). ... » 4,8 Sur deux Larus d'espèce différente on trouve :
194 Larus atrisella (Gh. Richet) 4,3 4,7
197 Larus ridibundus (Harting) 4,4 »
Sur trois Garrulus, on a :
188 Garrulus glandarius (Légal et Reichel. 4,1
315 Garrulus (?) (Ch. Richet) 3,8
291 Garrulus (?) (Ch. Richet 4,1
180 Garrulus glandarius (Mullenhoff). . . 4,2
Ecart
En somme, ces chiffres empruntés à tous les observateurs qui ont fait des mensurations de surface sont assez satisfaisants, sauf les chiffres de Mullenhoff qui donne, à ce qu'il nous a semblé, certainement à la surface du corps un chiffre trop élevé.
De ce tableau il se dégage d'abord un fait : c'est que le rapport [R) de la racine carrée des surfaces des ailes et du corps avec la racine cubique du poids ne varie pas beaucoup.
En effet sur 84 déterminations nous avons comme écart maximum : Pour R (ailes) .... de 2,8 à 5,6 — R' (corps et ailes), de 3,1 à 6,3
C'est-à-dire un écart du simple au double. Ce n'est pas beaucoup, si l'on songe à la diversité de conditions d'existence des oiseaux divers, et à la diversité de leur taille, de 3 000 grammes à 8 grammes.
Il faut analyser les chiffres extrêmes.
Le rapport le plus faible, de 2,8 [R] et de 3,1 (/?'), se rencontre chez Tinnamus guttatus^. Or cet oiseau est un gai-
linacé qui vole à peine. Au dire des personnes qui m'accompagnaient, il est tellement alourdi par son poids qu'il ne consent que rarement à s'envoler, faisant des bonds, plutôt que des vols, d'une centaine de mètres tout au plus.
Tout de suite après Tinnamus vient le Canard domestique dont le rapport 7^=3,1. i^' = 3,5. Il est clair que le canard domestique ne vole pas, ou vole si mal que cela ne peut compter.
Puis nous avons les petits oiseaux, qui peuvent parfaitement voler, avec des battements d'ailes rapides, Sicalia fJaveola : 3,2 et 3,6.
Ce sont ces deux chiffres que nous adopterons comme étant les minima de surface.
Le rapport maximum (pour la surface alaire) est donné par le Rliamphastus ou Toucan. Et c'est là un fait bien intéressant. Le Toucan a un énorme bec (chez un Toucan de SiO grammes le bec pesait 45 grammes) qui, tant par sa surface que par son poids, rend le vol difficile, et exige certainement un grand effort pour vaincre la résistance de l'air, et pour compenser cette déviation du centre de gravité reporté en avant (beaucoup plus que chez les autres oiseaux) par suite de cette singulière conformation du bec.
Le rapport maximum (pour la surface des ailes et du corps) nous est donné par un grand oiseau de proie, Urubutinga (?) et est de 6,3 ^
1. Dans l'excellent travail de Mullenhoff (Die Grosse der Flugfâchen, Avchiv fur die ges. PhysioL, 1885, xxxv. 407-433), on trouve de nombreuses déterminations de R et de jR' prises soit par l'auteur lui-même, soit par Harting, Légal et Reichel, Marey, Mouillard. Le minimum de /{ a été de 2.3 [Fuligula clangula) Mullenhoff ; le maximum de 6.0 [Strix flammea] Mullenhoff. Pour R le minimum a été de 2.6 {Anas ezecca) Harting, et le maximum de 6.73 [Strix flammea) Mullenhoff.
Les chiffres que nous avons donc obtenus sont tous entre ces maxima et ces minima. Soit R, 2,8 au lieu de 2,3 (minimum) ; 5,6 au lieu de 6 (maximum). Pour R' 3,1 au lieu de 2,6 (minimum), et 6,3 au lieu de 6,7 (maximum).
11 paraît donc bien établi que ces relations entre la surface et le poids comportent une conclusion scientifique définitive.
Pour étal)lir une moj'enne générale entre les oiseaux donl nous aA'ons pris les mensurations, nous éliminerons le Tinnanius, le Canard domestique, et le Ramphastm qui se trouvent .laus des conditions tout à fait spéciales.
Nous allons maintenant établir que c"est le genre de vol et non le poids qui exerce son influence sur le rapport.
Faisons des groupes d'après le poids:
En grammes.
de 3 000 à
de 1000 à
de liOO à
de 200 à
de 100 à
de 50 à
Nous trouvons alors le chiffre suivant qui donnera la moyenne générale :
II' = 't,7;i i
On remarquera que pour les petits oiseaux la surface alaire et la surface totale paraissent faibles. Mais il ne nous paraît pas qu'on puisse en conclure que chez les petits oiseaux la surface, pour l'unité de poids, est moindre que chez les gros. Tout ce qu'il est permis de dire, c'est que les grands oiseaux sont en général de bons voiliers, tandis que les tout petits oiseaux, qui n'ont pas de grand vol à parcourir, ont moins de surface que le gros oiseau.
Ajoutons que les petits oiseaux battent rapidement des ailes, tandis que les grands oiseaux, tels que les Urubus, les oiseaux de proie et les Hérons, battent lentement des ailes.
Il n'y a, parmi les gros oiseaux, pour voler avec une faible surface et des battements rapides, que les palmipèdes, et ceux-là sont remarquables par leur faible surface,
1. Si donc l'on veut avoir la relation entre la surface totale et la surface
aîaire, elle sera donnée par le rapport ^^ - =7-^7- . D'où -77^ 0,84. Ce qui
■yeutdirc que, si la surface totale esl de 100, la surface alaire sera de 84.