DÉCADES
ce
'fi
Moyennes. . .
Si nous rangeons ces chiens d'après la quantité de riz consommé, par jour et par décimètre carré, en grammes, jious avons :
Sierra . .
Gambie . .
Toucan . .
Spitzbergo Algérie. .
Rata . . .
f Transvnl ...... 21,7 81
f Dahoméa 21,0 79
j Maroc . 20,8 78
Berlin 19,9 75
f Martinique ..... 17,1 64
f Illinois 13,6 51
Et nous mettons à part :
Vérone 21,6
Splénita 19,6
Spitzberga 14,1
La moyenne de consommation pour six ehiens sans rate est de 23,16. La moyenne pour six chiens avec rate est de 20,13.
Alors, l'expérience de l'alimentation au riz pouvant être considérée comme terminée, je résolus de les soumettre de nouveau tous au jeûne pendant trois jours, et les poids ont baissé dans les proportions suivantes :
Perte par le jeûne en grammes :
Vérone . .
Spitzbergo
Algérie^ .
Spitzberga.
Berlin. .
Gambie.
Toucan .
Rata . .
j Sierra. .
j Maroc. .
f Transval f Illinois .
f Dahoméa f Martinique
Poids
Poids
Perte absolue
au 23 avril.
au 26 avril.
en 3 jours.
1. L'absence de perte de poids s'explique tant bien que mal par ce fait que les chiens pouvaient boire de l'eau pendant leur jeûne.
En calculant la perte par décimètre carré et par jour, on
a (en grammes) :
Vérone 7,2
Rata 6,7
Spitzberrjo 6,4
f Sierra 5,5
-{- Martinique 4,9
Berlin. ...... 4,1
Gambie 4,0
Toucan 3,6
f Transval 3,1
f Illinois 2,7
f Dahoméa 2,1
7 Maroc 1,9
Spitzberga 1,3
Algérie 0,0
La moyenne de la perte est pour les huit dératés : 4s'',16 et Ss^ST pour les six normaux.
Si cette expérience ne donne pas des résultats aussi cohérents que la première, c'est sans doute que l'alimentation au riz avait notablement épuisé ces chiens, alors que le jeûne précédent portait sur des chiens en bon état de santé.
Mais en réunissant les deux expériences de jeûne on a la moyenne suivante, qui représente la perte de poids en grammes par décimètre carré et par jour, pour sept jours de jeûne en deux périodes distinctes (en éliminant Splénita et Spitzberga, pour lesquelles il n'y a eu que 4 jours et 3 jours).
Spitzbergo 6,4 100
Rata 6,2 97
Vérone . . . . ^ . . 5,7 89
Gambie 5,5 86
7 Martinique 4,6 72
Berlin. ....... 4,4 69
7 Sierra 4,3 67
Toucan 4,2 66
f Maroc 2,9 46
f Illinois 2,8 44
•j- Dahoméa ...... 2,7 42
i Transval 2,3 36
Algérie . 1,9 30
La moyenne des sept dératés = 4,9; des six normaux = 3,3.
Nous avons donc en résumé quatre sortes d'épreuves pour apprécier l'activité de l'assimilation chez ces divers chiens :
1° La soupe de pain;
2" La viande crue ;
3° La pâtée de riz ;
4° Le jeûne.
Nous allons donc, pour mieux connaître cette activité, et identifier ces quatre ordres d'épreuves, faire égale à 400 la quantité maximale observée chez tel ou tel chien. Cela nous permettra d'apprécier quelle est celle des autres en comparaison,
7 Sierra . . .
Gambie. . .
Spitzbergo .
Toucan. . .
Rata. . . .
y Transval. .
Berlin . . .
Algérie. . .
-j- Martinique.
j Illinois. . , 7 Maroc . .
Soupe.
Jeûne.
Viande.
Riz.
On peut constater alors que chaque chien a pour ainsi dire son coefficient personnel de combustion (ou pour mieux dire d'alimentation.) Et ils se classent ainsi (moyenne des
quatre épreuves) :
Spitzbergo 96
Gambie 92
7 Sierra 89
Rata.. 83
Toucan 82
Berlin 74
7 Martinique 74
7 Mar^OG 63
7 Transval 63
Algérie ^ 61
f Illinois 53
1. Probablement alimentation insuffisante, puisque, après l'expérience, Algérie a maigri beaucoup et a fini par mourir.
Si le chiffre des six chiens sans rate est en moyenne de 81,3, il est chez les six chiens avec rate de 57, soit de 30 p. 100 plus faible.
C'est, au milieu des centaines de chiffres que j'ai dû donner ici — ce dont je m'excuse — le chiffre essentiel à retenir.
Si la consommation des chiens normaux est de iOO-, celle des chiens dératés est de 140.
Très intéressante aussi est cette constatation, prévue depuis longtemps, mais qu'on n'avait pas donnée encore, je crois, avec autant de certitude, que chaque individualité a son taux spécial de nutrition.
Parmi les chiens normaux Sierra a toujours consommé presque le double à'Illinois : 100, 67, 90, 100, contre 66, 44, 49, 51, à'IlBiois.
Parmi les chiens dératés, encore que la différence soit moindre, Spitzberga a toujours consommé beaucoup plus ([uAlgérie : 95, 100, 100, 90, contre 73, 30, 58, 84, à' Algérie.
J'ai pris à maintes reprises la température de ces divers chiens. Mais cette mesure est assez délicate; car les moindres influences changent la température, et il suffit qu'un chien ait couru, ou se débatte pendant qu'on fait la mesure thermométrique pour changer les chiffres obtenus.
Il faut donc éliminer Rata qui se débattait énergiquement chaque fois; S'plénita, dont la fistule abdominale n'était pas guérie, et Illinois, le seul de tous les chiens qui soit à long poil, ce qui fait par cela seul une augmentation de tempérade près de 0°,5, ainsi que je l'ai démontré antérieurement.
Enfin Vérone a présenté de curieux symptômes d'hypothermie (29", 1 sic) ayant, pendant quatre jours une température inférieure à 35", ce qui le met en dehors de toute normale rationnelle.
Voici les températures de ces divers chiens (27 mensurations pour chacun).
Gambie 39°, 03 \
Spitzbergo 38°,76 K, ^„„ -,
D ,. 000 -K ( Moyenne. . . 38",/ 4
Berlin 38", /5 \ ■'
Toucan 38°,42 '
7 Martinique 380,71 \
-j- Transval 38»,71 i
j Dahoméa 38°,26 l Moyenne. . . 38«,35
f Sierra 38°,23 \
T Maroc ....... 38°, 21 ]
Cette difTérence est minime; mais elle n'est pas négligeable. Un excès constant de 0^,4, c'est un excès tout à fait positif. Je n'ose cependant conclure; car, dans une autre série d'expériences entreprises sur de jeunes chiens dératés appartenant à une même portée, je n'ai pas pu retrouver cet excédent thermique des chiens dératés sur les autres
J'arrive maintenant à l'autre série d'expériences portant sur 8 jeunes chiens.
Six de ces chiens sont les petits de Spitz-bei^ga et de Toucan (tous deux dératés au moment de la conception).
A ces six chiens on en a ajouté deux autres, du même âge, à peu près, nés aussi en janvier 1912 [Circé et Ohoka, petits de Dahoméa).
A quatre de ces huit chiens la rate a été enlevée [Mokado, Maficate, Nyanza, Circé) en février. Huit ou dix jours après, ils étaient complètement rétablis.
L'expérience a commencé le 14 mars, et nous l'arrêterons au 23 avril.
On leur a donné la soupe ordinaire ; croûtes de pain sec, 15 p. 100 ; eau, 73 p. 100 ; lait, 10 p. 100.
Un seul fait est à noter, c'est que, comme un des chiens non dératés. Sultan, paraissait chétif, mangeait mal, et croissait peu, il m'a paru nécessaire de changer un peu son régime. Du 21 mars au 4 avril il a reçu du lait et de la viande crue, ce qui lui a rendu vigueur et santé. Je noterai à ce propos que l'alimentation à la viande crue est, sauf de très
rares exceptions, l'aliment de choix pour tous les chiens malades.
Soupe (en grammes) par décimètre carré et par jour du 15 mars au 23 avril 1913
aq O
ol
oO
Moyennes .
La moyenne de la consommation d'aliments pour les quatre chiens sans rate est de 43,3, tandis que celle des quatre chiens avec rate est de 35,9 *.
La marche des poids a été (en grammes) :
10 mars.
23 avril
Clvcè
Nyaiiza ....
Mokaclo .....
Mascate ....
Totaux. .
f Iman
7 Sultan
f Kalife
T Oboka
Totaax. .
(1) Chez les chiens adultes, pour la même alimentation, soupe de pain, nous avions trouvé par décimètre carré et par jour : Chiens sans rate, 41,9.
Chiens avec rate, 37,3.
La moyenne générale devient alors :
Chiens sans rate, 42,6.
Chiens avec rate, 36,6.
366 CHARLES RIGHET.
Le croît a donc été de 41,4 p. 100 chez les chiens sansrate et de 48,4 p. 100 chez les chiens avec rate.
La comparaison est plus rigoureuse encore si l'on élimine Cii'cé et Oboka qui sont d'une autre portée, tandis que les six autres petits chiens sont les petits de Toucan et de Spitzberga (ils ressemblent tous les six à Toucan et non à Spitzberga).
Soupe en grammes et par décimètre carré :
Mokado 44,2 \
Mascate 51,2 > Moyenne. . , 43,1
Nyanza 40,0 )
f Sultan 38 1
f Kalife 38,7 [ Moyenne. . . 36,2
j Iman 32 )
Et pour le poids p. 100 du croit :
Mokado 32,9 J
Mascate 59,9 | Moyenne. . . 41,8
Nyanza ....... 32,6 J
-[- Sultan 72,4 \
f Kalife 42,4 | Moyenne. . . 54,1
f Iman 47,5 )
Pour donner une signification plus précise à ces chiffres,. il faut rapporter le croît à l'alimentation et savoir comment chez les uns et chez les autres est utilisée l'alimentation pour le croît.
Autrement dit nous pouvons calculer combien, pour une quantité d'aliments donnée, il y a eu de croît.
Quantité totale d'aliments du 14 mars au 23 avril (en grammes)
Mokado 41,200
Mascate 41,250
Nyanza 41,900
Circé 40,100
t Iman 36,240
f Sultan^ 30,280
t Kalife 32,290
f Oboka 33,770
(1) Rapporté à 40 jours.
Pour 1 kilogramme cV aliments, croît total (en gramme) :
Mokado 33,3 1
Mascate 23,9 f .,
Tir ^, , i Moyenne. . . 2o,0
Nyanza 21,1 '
Circé 19,7
7 Iman 41,4
f Sultan 40,0 ... „^ „
llialife 23,9 ^^^y*^""^- ' " ^^'^
Oboka 29,6
Ainsi se trouve toujours un excédent d'alimentation chez les animaux dératés.
On remarquera que cette proportion de 25 à 33,7 (c'està-dire 100 à 135) est tout à fait comparable à celle de 100 à 140, résultats des expériences sur les chiens adultes.
Conclusions.
Un fait paraît donc incontestable, c'est que chez les chiens dératés l'aliment est consommé en plus grande quantité pour qu'un même résultat de nutrition soit obtenu.
Si les chiens ne sont pas malades, et s'ils ne maigrissent pas; s'ils continuent à croître, à se bien porter, et même, parfois, à engraisser, c'est qu'ils compensent par une alimentation plus abondante cette dénutritution plus active.
Car il ne peut être question d'un trouble digestif. Non seulement aucun trouble digestif n'apparaît — ni inappétence, ni vomissements, ni diarrhée — mais surtout, quand ils sont soumis au jeûne, ils perdent plus que les chiens normaux. Et cette expérience est capitale; car elle permet d'éliminer formellement toute altération des sécrétions digestives, puisque la consommation des tissus dans le jeûne n'exige l'intervention d'aucun suc digestif.
Alors quelle est la cause de cette dénutrition plus active?
Est-ce un léger degré d'hyperthermie? La rate agirait-elle par quelque sécrétion interne sur le centre régulateur de la
chaleur? Un moment j'ai été tenté de le croire, quand je voyais, dans la première série expérimentale, mes chiens dératés être toujours en léger excédent thermique sur les chiens normaux. Mais dans la seconde série (celle des jeunes chiens) il n'y a pas eu la moindre différence thermique observable.
S'agit-il d'une stimulation réflexe partant de la cicatrice intrapéritonéale? C'est assez peu vraisemblable.
Toute hypothèse me paraît prématurée, et je ne prétends nullement donner une explication du fait que j'ai établi.
Le fait reste en tout cas, et il est, ce me semble, assez rigoureusement prouvé. Je proposerai de le formuler ainsi.
Chez les animaux dératés, la dénutrition est plus active : par conséquent, pour se maintenir intacts, ils ont besoin de consommer plus d'aliments [un tiers en plus) que les chiens normaux.
DÉLIMITATION DE L'ANAPHYLAXIE
Par M. Charles Richet.
La délimitation exacte de l'anaphylaxie est beaucoup plus difficile qu'on n'est tenté de le croire tout d'abord.
En se référant à la définition que j'en ai donnée en 1902, et âmes premières expériences, on peut dire que c'est un état d" hypersensibilité aux actions toxiques, déterminé, après une certaine période d incubation, par V injection ou V absorption dune substance hétérogène.
Spécificité de l'anaphylaxie.
L'injection déchaînante doit-elle être de même nature que l'injection préparante?
Le plus souvent, pour ne pas dire presque toujours, quand on a étudié l'anaphylaxie, c'a été pour comparer une injection préparante et une injection déchaînante identiques.
Mais cette identité n'est pas nécessaire.