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I. A. Les effets sont plus nets (vomissements, prurit

A. I. Cas dans lesquels il y a eu ingestion alimentaire préparante et injection déchaînante.

Alors les accidents anaphylactiques éclatent avec une grande force. Des doses (inoft'ensives pour des chiens normaux) de crépitine amènent quelquefois la mort rapidement. J'ai observé un fait remarquable ; car l'ingestion datait d'un an. Un chien [Siei-ra] avait reçu en juin 1911 en ingestion une forte dose de crépitine, et il avait survécu. (On ne peut, quelle que soit la dose, empoisonner des chiens par l'ingestion de crépitine.) Au bout d'un an (juin 1912) il reçoit en injection une dose inoffensive, et il meurt en une heure et demie, comme foudroyé. (La mort rapide des chiens par choc anaphylactique est relativement rare.)

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En étudiant dans ces cas la leucocytose on découvre desfaits intéressants.

1° Après l'ingestion préparante de crépitine, il y a un léger degré de leucocytose (138 au lieu de 100). Ce qui prouve qu'il passe un peu de crépitine dans le sang.

2° Après l'ingestion déchaînante de crépitine, il y a une leucocytose plus forte (152 au lieu de 100).

Ainsi, même lorsque aucun symptôme d'anaphylaxie n'apparaît, l'examen des leucocytes permet de constater un changement organique. Nulle réaction n'est aussi sensible (au moins chez le chien) que la réaction des leucocytes.

De tous ces faits expérimentaux il résulte ceci, qu'on pouvait prévoir, mais qu'il était cependant bien nécessaire d'établir que : 1° par les muqueuses digestives, il ne passe jamais que de petites quantités àe colloïdes, mais il en passe ; 2° ces minuscules quantités suffisent parfois pour préparer et pour déchaîner l'état anaphylactique.

D'intéressantes expériences ont été faites par Ed. Lesné etL. Dreyfus pour essayer de voir à quel moment, sous l'influeniîe des sucs digestifs, les albumines de l'alimentation sont transformées assez pour ne plus produire d'anaphylaxie quand on les injecte dans le sang.

Ces expériences, commencées en 1909, et en partie exposées dans les thèses inaugurales de Bouteil et de Bar- NATHAiN, ont prouvé que l'ovalbumine injectée dans l'intestin grêle ne provoquait pas l'état anaphylactique. Il en est tout autrement quand l'ovalbumine est injectée par le rectum.

La congestine, qui, injectée dans le sang, provoque de si belles anaphylaxies, est inactive lorsqu'elle a été ingérée par l'estomac ou le duodénum. Mais, quand on fait agir les sucs digestifs sur la congestine, in vitro, la puissance anaphylactisante de la congestine n'est pas tout à fait détruite.

D'autre part. Ed. Lesné et L. Dreyfus, en digérant l'ovalbumine par la pepsine ou par la pancréatine, constatent que

les produits de la digestion n'anaphylactisent pas. Injectée par la veine porte, l'ovalbumine anaphylactise tout comme si elle était introduite par une autre voie veineuse. Le foie ne joue donc aucun rôle dans la transformation des matières albuminoïdes.

Ed. ZuNz a étudié avec beaucoup de soin le rôle des albumines transformées par la digestion *. Dans son mémoire, très riche en indications bibliographiques précises sur le rôle des peptones et albuminoses résultant de la désintégration de la molécule albuminoïde par la digestion, Zunz distingue (pour le lapin, en injection intra-veineuse) les protéoses primaires et les protéoses secondaires. Les protéoses primaires, ou proto-albuminoses, sont les seules qui puissent sensibiliser le cobaye ou le lapin : elles peuvent aussi déchaîner le choc anaphylactique. Mais déjà l'anaphylaxie est un peu différente de l'anaphylaxie normale, en ce sens qu'elle survient plus tardivement.

Si la digestion de ces albumines est poussée plus loin, on obtient des protéoses secondaires qui sont préparantes, mais non déchaînantes (synalbumine).

Si enfin ces produits sont encore plus disloqués dans leur molécule par la digestion tryptique, on obtient des corps (thioalbumoseetcomposésabiurétiques)qui n'ont plus aucun pouvoir ni dçchaînant, ni préparant.

En résumant l'ensemble de ces travaux sur l'anaphylaxie alimentaire expérimentale, on peut, semble-t-il, se faire une idée assez claire des phénomènes.

1° L'anaphylaxie alimentaire expérimentale (en ingestions préparante et déchaînante A. A.), dans les conditions d'intégrité de la digestion, est difficile à réaliser, qu'il s'agisse de toxalbumines, ou d'albumines nutritives, soit parce que les sucs digestifs interviennent activement pour transformer ces albumines et les rendre inoffensives, soit

i. A propos de l'Anaphylaxie, Bull, de l'Ac. de méd. en Belgique., 1911, tir. à part, 370.

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parce que l'individu est immunisé contre elles, en tout cas parce qu'il passe toujours une quantité minime d'albumines non transformées.

2° Cependant, quand il s'agit soit d'albumines solubles (non habituelles), soit de toxalbumines ingérées en grandes quantités, une fraction minuscule en passe dans le sang, en suffisante quantité pour anaphylactiser, et pour anaphylactiser pendant très longtemps.

3° Cette minime quantité est suffisante pour qu'une injection déchaînante succédant à l'ingestion alimentaire, provoque un léger choc anaphylactique (type A. I.).

4° Les albumines hétérogènes introduites ainsi par la voie alimentaire dans la circulation générale avant les transformations digestives traduisent leur action sur l'organisme par un léger degré de leucocytose.

S° En même temps qu'elles anaphylactisent, elles ont une tendance marquée à produire limmunisation, de sorte que dans les conditions habituelles de notre alimentation, nous sommes plutôt immunisés qu'anaphylactisés contre les albumines hétérogènes qui peuvent, échappant aux sucs digestifs, passer directement dans le sang. Presque toujours il y a immunité et non anaphylaxie (contre ces doses minimales); car presque toujours il s'agit d'alimentations auxquelles nous avons été habitués.

6° Le suc gastrique diminue la puissance anaphylactisante des albumines : la trypsine et l'érepsine en achèvent la transformation, de manière à les rendre finalement presque complètement inoffensives.

7^ L'injection par la veine porte, ou l'injection rectale, équivalent à une injection veineuse ordinaire, ou à une injection sous-cutanée ; car il n'y a ni par le rectum, ni par le foie, de transformation des albumines.

414 CHARLES RIGHEÏ.

L'Anaphylaxie alimentaire en Clinique.

Les faits exposés ci-dessus nous permettront d'être plus brefs sur les faits d'anaphylaxie observés sur l'homme.

Sur l'homme, c'est presque toujours le type A. A.. qu'on a l'occasion d'observer ; car il est tout à fait exceptionnel de faire des injections premières avec des antigènes préalablement introduits dans l'organisme par les voies digestives.

Pourtant parfois on a observé des faits rentrant dans le groupe des anaphylaxies alimentaires A. I.

RisT et Ch. RicHEï fils ont vu que les malades nourris à la viande crue de cheval réagissent plus vite que les sujets normaux à une injection sous-cutanée de sérum antituberculeux de cheval. Lafforgue ^ et Billard^ ont constaté les mêmes faits.

Bruck, notant que certains individus sont sensibles à l'iodoforme, a pris le sang d'un malade sensible à l'iodoforme et l'a injecté à des cobayes. Ces cobayes sont devenus sensibles à l'iodoforme administré à des doses inoffensives pour les animaux normaux, et Klausner a fait la même constatation ^

La même question a été très bien étudiée par E. Manoi- LOFF^. Il a vu que le sérum de certains individus ultra-sensibles soit aux sels de quinine, soit aux bromures, s'il était

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