‹ Physiologie; (volume 5)Chapitre 83 sur 93 · TOME VII. 2T · texte numérisé non relu

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inégalement vraisemblables. Ou bien le travail digestif s'accomplit dune manière défectueuse et des toxines passent dans le sang, qui ne se produisent pas dans la digestion normale; ou bien le sang contient une toxogénine spéciale, de sorte que si certaines substances solubles passent (en très petite quantité) dans le sang, elles vont provoquer une réaction anaphylactique, tandis que chez les individus normaux, ou immunisés, le passage de ces mêmes substances est sans effet. Or il est probable que cette dernière hypothèse est la vraie : car, dans les cas d'anaphylaxie médicamenteuse, le sérum des individus sensibles contient une * toxogénine spéciale, puisque, étant injecté à des animaux sains, il peut déterminer un état d'anaphylaxie passive.

Nous pouvons donc supposer que, si des individus sont empoisonnés par les œufs, le lait, les crustacés, ce n'est pas parce que ces aliments sont mal digérés, c'est parce qu'il y a dans le sang des toxogénines actives, devenant des toxines quand l'antigène se combine avec elle.

Ce qui a posteriori confirme cette hypothèse, c'est que les individus susceptibles à ces spéciales alimentations peuvent guérir par une méthodique et quotidienne ingestion de doses extrêmement faibles d'abord, puis de plus en plus fortes. Ils s'immunisent, alors que précédemment ils étaient anaphylactisés. Là encore on voit la phase d'ana- •phylaxie précéder la phase d'immunité.

Aussi peut-on dire que les individus normaux, ceux qui ne sont anaphylactisés ni pour les œufs, ni pour le lait, ni pour les crustacés, ne sont normaux que parce qu'ils sont immunisés contre l'absorption des albumines de l'œuf, du lait et des crustacés.

Deux faits extrêmement curieux sont encore à noter dans cette anaphylaxie alimentaire : d'abord la minuscule quantité de l'antigène qui suffît à déchaîner l'anaphylaxie (à peine Os^l d'œuf dans certains cas, ou une crevette); et ensuite une spécificité qui est parfois tout à fait extraordi-

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naire, comme, par exemple, quand tel est sensible au homard et n'est pas sensible à la crevette, tel enfant au lait de vache, et non au lait de femme, ou inversement.

On a distingué en clinique la grande et la petite anaphylaxie (Ed. Lesné et Gh. Richet fils). La grande anaphylaxie est caractérisée par des accidents aigus, rapides et plus ou moins sérieux, urticaire, prurit intense, vomissements; fièvre plus ou moins forte, tous accidents qui se montrent également dans la maladie du sérum [Serumkrankheit). La petite anaphylaxie se manifeste sans fracas; elle se confond plus ou moins avec les troubles intestinaux qu'on serait tenté d'attribuer à la suralimentation; haleine fétide, dyspepsie chronique, troubles cutanés, crises de prurigO;, d'urticaire ou d'eczéma, parfois môme de l'œdème. Un certain nombre de ces symptômes peuvent être attribués à de l'anaphylaxie alimentaire ; car les accidents disparaissent quand cesse telle ou telle alimentation qui a le privilège de les développer. Ce n'est que par l'analyse attentive des conditions d'alimentation dans lesquelles le malade se trouve, que peut en être diagnostiquée la cause, et par conséquent indiqué le traitement.

Peut-être y a-t-il lieu aussi de faire une place à l'intoxication anaphylactique chronique (G. Laroche, Gh. Riciiet fils et Saint-Girons) : « Même après avoir écarté un grand nombre d'observations de pathogénie obscure, il en reste quelques-unes auxquelles semble convenir le terme d'anaphylaxie chronique. Si ces deux mots peuvent au premier abord paraître antinomiques, cela tient à ce que, en général, on envisage l'anaphylaxie comme un état aigu et brutalement déchaîné par la seconde injection d'antigène. En matière d'anaphylaxie alimentaire, et quelle que soit l'interprétation que l'on veuille admettre pour les faits cliniques, il faut ajouter à cette anaphylaxie aiguë l'anaphylaxie chronique caractérisée par l'introduction journalière

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d'hétéro-albumines à petites doses se combinant chaque fois avec l'anticorps et produisant dans l'organisme, non plus le grand choc anaphylactique, mais une série de petites intoxications dont la répétition finit par déterminer des accidents plus ou moins graves. »

Vhéi'édilé de l'anaphylaxie alimentaire n'est pas douteuse. En voici un cas typique observé par Laroche :

X né en 1778 Intolérance absolue aux œufs, aux crèmes

Y né eu 1807 I peu atteint

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