‹ Physiologie; (volume 5)Chapitre 9 sur 93 · TOME vn · texte numérisé non relu

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tion soclo-calcique la laissent persister. C'est ainsi que l'excitation électrique du vague et celle du sinus produisent leurs effets habituels sur le cœur pendant tout le temps du passage de la solution salée physiologique, additionnée de chlorure de calcium. Très souvent le seuil est même reculé, c'est-à-dire l'excitabilité de l'appareil d'arrêt cardiaque augmentée par le passage de la solution salée calcique.

D'autre part, lorsqu'une liqueur sodiquc a rendu le vague inapte à produire l'arrêt cardiaque, il suffit de faire passer 2 ou 3 centimètres cubes de la même solution additionnée de CaCl^ pour que l'effet inhibiteur soit rétabli. Cette restauration n'est pas d'emblée complète. Le rétablissement intégral de la fonction cardio-inhibitrice peut être précédé d'une période où l'excitation du vague, ainsi que celle du sinus, produit simplement du ralentissement ou une diminution d'amplitude des battements cardiaques. D'autres fois, avant d'obtenir l'arrêt complet de toutes les parties du cœur, on observe la suppression des battements des oreillettes avec persistance des contractions du ventricule. Lorsque l'effet inhibiteur total est susceptible de se réaliser, il peut ne se produire qu'après une longue période de latence de l'excitation. Mais le temps perdu diminue graduellement pour les excitations consécutives et acquiert une brièveté normale, quand la quantité de liquide sodocalcique qui a traversé le cœur est suffisante. On peut ainsi faire passer successivement et plusieurs fois la solution sodique sans Ca et la solution sodo-calcique ; on voit le pouvoir d'arrêt disparaître et se rétablir tour à tour.

Les effets favorables du calcium dans la production de l'inhibition cardiaque se manifestent avec la netteté d'une expérience de cours, si l'on a soin de s'adresser à des grenouilles en parfait état de santé et possédant un appareil d'arrêt normalement bien excitable. Le passage d'une solution sodique doit seulement ne pas être continué trop longtemps après que l'action d'arrêt du vague a été abolie, si

l'on veut observer son rétablissement avec la solution sodocalcique. Une irrigation à l'eau salée physiologique, par exemple, poursuivie au delà de 20 centimètres cubes, peut compromettre définitivement la fonction cardio-inhibitrice. En se mettant à l'abri de cette cause d'insuccès, on peut dire que le calcium confère d'une aianièrc constante aux solutions isotoniques de sels de sodium la faculté de maintenir le fonctionnement de l'appareil cardio- modérateur.

II. — L'importance du calcium vis-à-vis de l'inhibition cardiaque apparaît tout particulièrement d'une manière évidente dans la faiblesse de la dose de Ca nécessaire pour rendre une liqueur sodique inoffensive à l'égard de l'appareil d'arrêt. Chez certaines grenouilles, par exemple, une proportion de 1 de CaCP pour 73 000 d'eau salée physiologique suffit pour permettre le fonctionnement du système modérateur. Néanmoins, en général, il faut atteindre une ;proportion de 1/SOOOO, et les solutions les meilleures sont celles qui renferment du GaCP à la concentration de 1/23 000 ou 1/20 000. Avec celles-ci, la conservation du pouvoir -d'arrêt est, pour ainsi dire, infaillible, et la période latente ■de l'excitation du pneumogastrique, longue avec les solutions plus diluées, est avec elles d'une brièveté normale. Des proportions de CaCP supérieures à 1/20 000 sont sans aucun avantage; même, si l'on dépasse la dose de 1/10000, le cœur a une tendance à se tétaniser, et le fonctionnement •de l'appareil inhibiteur se trouve, de ce fait, indirectement

compromis.

III. — Après la constatation de ce rôle si important de proportions infimes de Ca, nous avons cherché si ce métal jouissait de propriétés réellement spécifiques dans son influence conservatrice de la fonction d'arrêt cardiaque. Nous avons étudié à cet égard quelques sels de métaux bivalents

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(SrCP, BaCP, MgCP) du même groupe ou d'un groupe très voisin. Nous avons expérimenté les liquides suivants :

1° SoIuUon dans l'eau salée à 0 j). 1 000 de MgCl- à 1 p. iO 000 2» — — — — à 1 p. 20000

3° Solution dans l'eau salée à 6 p. 1000 de SrCl^ à 1 p. 10 000 4» — — — — à 1 p. 20 000

5° Solution dans l'eau salée à 6 p. 1000 de BaGl^ à 1 p. 10000 6° — — — — à 1 p. 20000

Ces divers liquides se sont tous montrés inaptes à maintenir pendant le lavage du cœur le pouvoir d'arrêt que possède normalement le vague.

Conclusions . — De cet ensemble de faits se dégagent les conclusions suivantes :

1° L'addition de calcium aux solutions isotoniques de sels de sodium leur confère la faculté de maintenir le fonctionnement de l'appareil cardio-inhibiteur, que par elles-mêmes elles suppriment, en circulation artificielle à travers le cœur.

2° Pour obtenir ce résultat, il suffit de doses infimes de calcium, ajoutées à une solution isotonique de sel de sodium.

S'» Le rôle du calcium dans le maintien de l'excitabilité normale et du fonctionnement de l'appareil nerveux inhibiteur cardiaque est spécifique.

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