III. — CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Si surprenant que paraisse, au premier abord, ce fait qu'une dose de 1 milligramme, répartie dans 100 mètres cubes, puisse exercer une influence, en réalité, nous devons, après réflexion, constater que cette action des doses faibles est générale.
Je rappellerai, pour mémoire, l'expérience classique de Rauun sur la végétation de l’Aspergillus niger dans des vases d'argent.
Les doses d’émanation du radium sont pondéralement tellement faibles, et cependant si efficaces, ainsi que je l'ai établi dans un mémoire antérieur’, que, sans doute, le millionième de milligramme de formol est beaucoup plus lourd encore que la quantité d’émanation qui agit sur le ferment.
Même certaines réactions colorées se manifestent à des doses faibles comparables à celles-là. En cherchant la limite à laquelle la phénolphtaléine colore l’eau, j'ai vu qu'on parvient à distinguer deux litres d’eau dans l’un desquels on
a mis 0*",000 001 de phtaléine. C'est une dilution à peu près de même grandeur que nos doses minuscules de formol. Pourquoi le ferment lactique serait-il moins sensible à l’aclion du formol que notre rétine à la coloration rose de la phtaléine ?
Pour les zymases, on sait que des doses très faibles sont encore actives; et, comme les zymases sont probablement en très faible quantité dans ce que nous considérons comme zymase pure, il s'ensuit que la dose active de zymase est peut-être vingt ou cent fois, ou même mille fois moindre que nous ne le supposons.
La sensibilité de certains organismes à des quantités d'oxygène infinitésimales (ExGELMANN) est surprenante ; et il s'agit mème là de doses plus faibles encore.
Il semble, vraiment, que toutes Les entreprises sur l’action des substances diverses aient porté sur des quantités trop fortes. Assurément, au point de vue pratique, cette action de fortes doses (centigrammes ou milligrammes par litre) est de grand intérêt; mais, au point de vue théorique, aussi bien de la physique que de la physiologie générales, ces extrêmes dilutions de la matière ne doivent pas être négligées.
2° Action du chlorure de baryum.