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II. — EFFETS ANAPHYLACTIQUES

Tels sont les effets d’une première injection; et telles sont les doses toxiques. Mais, si l'animal a reçu précédemment une dose même faible de poison, l'action est toute différente.

Voici un premier tableau qui indiquera bien l’accrois-

sement énorme de l'action toxique (ou anaphylaxie) par l'effet d’injections antécédentes.

Dose Dose Temps écoulé d'actinod'actinotoxine entre les deux toxine Durée antérieurement. injections. injectée de la survie Nom du chien injectée. (en jours). en cc. (en heures). Mathurin, . 0,10 23 0,25 0,7ù Épagneul. . ? 15 0,25 2,00 PreITOC. - - 0,08 15 0,16 0,50 Bassette. , . 0,10 32 0,15 6,00 Galatée. . . 0,12 16 0,12 6,00 Chloralosa. . 0,06 1% 0,10 1,50 Arlequine. . 0,10 ? 0,11 4,00 (quatre fois).

Neptune. . . ,10 22 0,10 0,40 Diane. . . . ? 18 0,08. RTE) Fracasse . . deux fois injecté. 74 0,15 2,50 Angélique. . trois fois injectée. 72 0,15 6,00 Moyenne.", . :" 0/15 2,15

Ainsi la différence est éclatante entre la sensibilité des chiens ayant reçu une injection antérieure, et la sensibilité des chiens normaux.

A une dose faible, les animaux meurent en quelques heures, alors que cette même dose, injectée à un animal non injecté précédemment, est à peu près inoflensive.

Je prendrai notamment pour exemple le chien Neptune, gros mâtin, à poil ras, très vigoureux, qui, après avoir reçu, 22 jours auparavant, la dose de 0,10 qui ne l'avait presque pas rendu malade, reçoit du même liquide la même dose de 0,10. Alors aussitôt, quelques secondes après que l’injection a été terminée, il est extrêmement malade : la respiration devient angoissée, halelante. Il peut à peine se trainer, se couche sur le flanc, est pris de diarrhée et de vomissements sanguinolents. La sensibilité est abolie, et il meurt en vingt-cinq minutes.

Or, chez des chiens non injectés antérieurement, des doses dix fois plus fortes, { centimètre cube par kilogramme, ne tuent pas les animaux avec cette même rapidité.

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On ne peut assurément invoquer l’état défectueux de santé, au moins apparent, de l'animal. Car ces chiens anaphylactisés paraissent dans un état excellent. Leur poids à augmenté (après avoir baissé pendant la première semaine). Ils sont vifs, gais, le poil luisant, et on ne les distinguerait en rien des autres chiens normaux, non injectés.

On ne peut pas invoquer le fait de la non-élimination du poison; de sorte qu’il y aurait une action cumulative; car, même en faisant la somme des quantités injectées, et en supposant, ce qui est absurde, qu’en 22 jours ou 15 jours, il . n'y à pas eu une seule parcelle de la toxine qui ait été éliminée, on ne peut pas expliquer ces effets foudroyants, intenses, que détermine l'injection de toxine chez des animaux sensibilisés.

Ainsi la chienne CAloralosa, qui n'avait recu que 0,06, reçoit, 14 jours après, la dose de 0,10, et elle meurt en une heure et demie. Or, les chiens qui recoivent en une seule fois 0,16 ne meurent que tardivement, et quelquefois même survivent. Je n'ai jamais vu de mort déterminée en deux ou trois heures, chez des chiens intacts, par des doses d'actinotoxine inférieures à 1,5 (par kilogramme).

L'hypothèse d’une rétention de la toxine avec accumulation dans l'organisme est d'autant plus improbable que, même au bout d’un très long temps, l’anaphylaxie se produit encore. Pour diverses raisons, et surtout parce que je n’emploie plus l'extrait glycérique, mais la congestine pure, qui donne des résultats un peu différents, je n'ai pas fait beaucoup d’expériences sur des chiens ayant recu la première injection plus de trois mois et demi auparavant. Mais, même au bout de trois mois et demi, il y a encore anaphylaxie.

Le 26 mai, on injecte cinq chiens à la dose de 0,22. (Par suite d’une lente altération, l'extrait glycérique est moins actif, et la dose toxique différente de la dose toxique du liquide normal.) Quatre chiens neufs sont, le pre-

mier jour, à peine malades. Mais Pierrette, injectée cent cinq jours auparavant, et dont l’état de santé est florissant, est tout de suite extrêmement malade. Pendant la durée même de l'injection, elle fait des efforts de vomissement. Détachée, elle tombe sur le flanc, paraplégique. La respiration est anxieuse, et, au bout de quinze minutes à peine, s'arrête. Le cœur bat mal. On fait la respiration artificielle par compression de thorax; mais le cœur cesse de battre. La mort est survenue en moins de vingt-cinq minutes (un peu plus de vingt minutes) après le début de l'injection.

À l’autopsie, il n’y a pas de caillots dans le cœur; mais une suffusion sanguine considérable sous-endocardique dans le ventricule gauche. Rien au ventricule droit. L’estomac est rouge, violacé, avec une congestion intense. Le péritoine est hémorrhagié. Il n’y à rien au cerveau.

Voici la marche des poids de l'animal, marche qui indique qu'il était dans un excellent état de santé au 26 mai :

Kilog.

Le 16 janvier. . . . 42. (Première injection de 0,05). PRE 0 1e 10 février. . . . 411,3 (Seconde injection de 0,41). AV = Eve. 106 SH IAE, 0.4. 13.0 LOL... . . 46,0

Sur les quatre autres chiens injectés avec la même solution et à la même dose, trois survivent; un quatrième ne meurt que le septième jour.

Une autre expérience, qui devra être répétée, semble

prouver que, même au bout d'une année, l'anaphylaxie existe encore.

Le 12 février 1902, Lubin, chien loulou noir, recoit 0,18 de toxine.

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Kilog.

12 1évrier. . . , 7,3 D CH OS ME, es Le De 0 SA 110) AÉMMARS . » à 1,4 9 mai. . . . . . 7,2 {Seconde injection de 0,14). DDR: 5 as 03 7,0 Ce +

Le 28 février 1903, il pèse 8 kilogrammes et l'état de santé est excellent. Alors on lui injecte 05',06 par kilogramme de congestine (partie active du venin des actinies). Il meurt en quinze minutes, avec asphyxie, vomissements, diarrhée sanguinolente. Le même jour un autre chien de même poids reçoit la même dose de congestine, et meurt en quatre heures et demie.

Dans ce cas évidemment, la dose était trop forte, et pour Lubin et pour le chien témoin; mais, c’en est assez cependant pour prouver que, même au bout de neuf mois, il y a encore de l’anaphylaxie. Je poursuis en ce moment des expériences dans ce sens, afin de juger quel est le maximum de cette durée. J’ai lieu de croire qu'elle est beaucoup plus considérable qu'on ne serait tenté d’abord de le supposer.

Plus récemment, j'ai fait l'expérience suivante. Cinq chiens reçoivent des doses variables de congestine.

Massillonne. . 0,032 Mérovée . . , 0.032 (Le 24 novembre 1903.) Chilpéric. . . 0,042 Dagobert. . . 0,042 Chapelaine. . 0,047

Les deux chiens anaphylaclisés, Massillonne et Chapelaine, sont tout de suite extrêmement malades. Les trois autres chiens ont des vomissements, quelques défécations, mais ne paraissent pas dans un état grave. Mérovée meurt cependant au bout de cinq jours. Chilpéric et Dagobert survivent. Quant à Massillonne et Chapelaine, elles meurent

quelques heures après l'injection. Or, Chapelaine avait reçu l'injection anaphylactisante le 24 juin, et Massillonne vers le 11 juin ; ce qui montre à quel point se prolongent les effets de l’anaphylaxie. — Elles n'étaient malades ni l’une ni l’autre. Le poids de Massillonne avait monté de 5,5 à 6,5 au 24 novembre; le poids de Chapelaine, de 5 kilogrammes à 5 kilogrammes n'avait pas changé,

Non seulement au bout d’un long temps l’anaphylaxie n’a pas disparu; mais encore un certain temps est nécessaire pour qu'elle apparaisse; car, si l’on fait la seconde injection deux ou trois jours après la première, on n'observe pas d'effet de toxicité augmentée, et les chiens se comportent comme des chiens normaux. Souvent j'ai injecté à des chiens des doses de 0,12 quelques jours après une première injection de 0,12, et je n'ai pas observé d'accidents.

A vrai dire, je ne saurais préciser encore à quel moment l’anaphylaxie est à son maximum. C'est un point que je me propose d'étudier avec plus de détails lorsque j'aurai réussi à préparer à l’état sec l'élément actif du poison, ou congestine, débarrassé de son antitoxine, ou /halassine".

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