TOME VI. LG
conditions sont relativement peu importantes; les substances »
organiques qui y sont dissoutes sont en quantité extrêmement minime.
Dans une dernière série de recherches, nous avons essayé de fractionner la précipitation par l'acide phosphotungstique. La solution alcoolique est encore évaporée, traitée par l’eau, l'acide fluorbydrique, le carbonate de chaux, filtrée, exactement de la même façon que dans le cas précédent.
On ajoute alors au liquide une petite quantité d’acide phosphotungstique et on obtient un précipité À, on filtre. Dans le liquide filtré, par l'addition d'une nouvelle quantité d'acide phosphotungstique on obtient un précipité B, et on continue de même pour des précipités Cet D.
On les traite tous quatre de la même façon par la baryte, l'eau et le carbonate de soude, et l'essai systématique sur 4 chiens donne les résultats suivants :
Précipité A. — Actif, les démangeaisons apparaissent lentement, mais l'animal éternue, se gratte, se frotte contre les murs.
Précipité B.
dent. La dose employée est triple que dans le cas précédent et les phénomènes sont bien moins nets.
Précipités C et D. — Aucun effet.
En résumé nous pouvons conclure que l’acide phospho-
Actf, mais beaucoup moins que le précé-
tungstique donne dans les liqueurs actiniennes un précipité qui entraine la thalassine. Cette précipitation est presque complète dans les premières fractions précipitées. La thalassine n’est pas le seul poison entraîné.
d) Essai d'extraction de la thalassine par l'alcool et l'éther en milieu alcalin. — L'alcool et l’éther seuls en présence de baryte ou de chaux dissolvent la thalassine et la séparent d’un grand nombre d’autres produits. On peut encore par ce moyen arriver à obtenir des liqueurs pruritogènes d’une grande activité et d'une propreté relative.
2) Essai en milieu barytique. — 1 kilog. de tentacules
d'actinies est complètement épuisé par l'alcool. Les liquides obtenus sont évaporés et concentrés et la masse sirupeuse restante est traitée par la baryte en petite quanüté. On reprend la masse par l’eau, et après filtration le liquide qui passe est très limpide et pas très coloré. On l'évapore alors à presque siccité et on traite le résidu par l'alcool à 95°. Il se précipite alors des matières visqueuses et des sels. Le liquide parfaitement limpide est traité par l’éther. On se débarrasse par filtration du précipité cristallin qui s'est formé. Un eme. du liquide éthéro-alcoolique équivaut alors approximativement à 0,5 d’actinies. La composition de ce liquide éthéro-alcoolique est, au point de vue
chimique, la suivante :
Pour 100.
Cendres. 5,4 Chaux Re Matière organique. . . . . 2,9 Azote. 0,7
On évapore alors l'alcool et l’éther, on reprend le résidu par l’eau et on ramène ainsi au même volume.
Un chien de 8 kilog. reçoit 8 cc. de ce liquide, soit environ 08r,5 d’actinie par kilog.; — démangeaisons extrêmement nettes; très vive agitation, se frotte le museau, se roule par terre, renifle, éternue. — Les phénomènes disparaissent très rapidement.
Un chien de 5 kilog. avec 1 ce. du produit précédent dilué avec 4 ce. d’eau présente encore des démangeaisons manifestes.
Un chien de chasse de 8 kilog. avec le même produit est pris de démangeaisons frénétiques.
Le liquide aqueux provenant de l’évaporation de l’éther et de l'alcool est alors traité par l’ammoniaque. Il se forme un précipité blanchâtre gélatineux insoluble dans l'alcool et soluble dans l'acide acétique. Il est formé presque excelusivement de magnésie. La dissolution de ce précipité dans l'acide acétique provoque sur un chien de berger de 15 kilog. des démangeaisons manifestes.
Un chien mâtin de 11 kilog. reçoit 30 milligrammes de ce précipité
dissous dans de l’acide acétique et présente, lui aussi, des démangeaisons éclatantes.
Les liquides alcooliques provenant du lavage du précipité de magnésie et les liquides dans lesquels cette précipitation a été effectuée sont encore actifs.
Un chien de 20 kilog. avec une dose correspondant à environ 1 gramme d’actinies par kilog. présente des démangeaisons très nettes.
B) Essai en milieu calcique. — 8 kilog. d’actinies sont mis en contact avec 8 kilog. d'alcool. On fait bouillir et on épuise complètement par des lavages à l'alcool.
On évapore l'alcool par ébullition dans le vide et le liquide final sirupeux et boueux représente 2370 ce., dont 1 ce. équivaut à 35,38 d’actinies.
Son action totale est donnée par l’expérience suivante :
G XIX. — 66,500. A la dose de 85",52 par kilog. est pris d’éternuements répétés, de diarrhée, puis d'un abattement extrême, mais ne meurt pas.
G XX. — 35 kilog. Au bout d’une injection de liquide représentant 5 grammes d’actinies, est pris de démangeaisons et de frissons; cinq grammes de plus font redoubler les démangeaisons et les éternuements. 2 grammes de plus provoquent un abattement extrême et un peu d’insensibilité; 28,5 encore entrainent l'arrêt du cœur.
La dose mortelle correspond donc à 0,40 d’actinies par kilog.
Cette masse sirupeuse est mise en contact avec de la chaux et un mélange d'alcool absolu et d’éther. Le liquide est évaporé dans le vide, la masse reprise par l’eau donne d’une part un précipité qui reste sur le filtre, d'autre part un filtrat.
Le produit qui est sur le filtre, émulsionné parfaitement dans l’eau, est injecté à :
G XXI. — 5K6,500, reçoit la quantité correspondante à 50 grammes d’actinies, ne présente aucun phénomène.
Le liquide est alors précipité par le carbonate de soude, redissous dans l'acide acétique, évaporé à siccité, repris par l'eau en présence d’une goutte d'acide acétique. On obtient un liquide clair renfermant 1 p. 100 d'extrait.
G XIV. — 14 kilog. Recoit 6 ec. de cette solution, ne présente pas de démangeaisons, mais paraît particulièrement hébété.
G XXIL. — {8 kilog. Avec 5 cc. de la même solution présente des démangeaisons frénétiques, soit par kilog. à la dose de 05",0027 d'extrait sec,
e) Purification de la thalassine par évaporation et préet- Pilations successives par l'alcool et l'éther. — Lorsque l’on pratique sur les liqueurs actiniennes des évaporations et des précipitations successives par l'alcool et l'éther, on arrive tout d’abord à séparer grossièrement 3 produits :
1° Un produit incolore en très petite quantité que l’on ajoute à la masse totale du résidu;
2° Une masse abandonnant par précipitation par l'alcool absolu de grandes quantités de chlorure de sodium et des principes huileux noirâtres ;
3° Enfin une masse résiduelle, formée de principes huileux d'aspect analogue aux précédents. Ce produit bouilli avec de l'alcool abandonne des masses solides, et le filtrat a été trouvé inactif par des essais successifs pratiqués sur 3 chiens.
Au contraire, en se servant de la masse n° 2 dont une petite quantité est, après élimination complète de l'alcool, dissoute dans un peu d’eau et filtrée, nous observons alors sur un chien les phénomènes suivants :
G XXIIT. — Caniche de 18k£,2 présente après injection de ce produit une très vive agitation, des démangeaisons furieuses; il se secoue les oreilles et se gratte avec rage.
f) Purification de la thalassine par précipitation des substances insolubles dans l'eau. — Les liqueurs alcooliques sont
alors, dans ce cas, distillées dans le vide, mais on a soin de remplacer l'alcool au fur et à mesure qu'il s'en va par des quantités d’eau équivalentes. On obtient ainsi :
1° Une couche semi-huileuse noirâtre adhérente à un filtre Chardin ;
2 Un liquide très trouble que l'on additionne d'une petite quantité de chlorure de calcium et de fluorure de sodium qui, par la formation du précipité de fluorure de calcium permettent une filtration parfaite. Finalement on obtient ainsi un liquide limpide légèrement jaunâtre. Ce liquide est injecté à : |
Un chien de 17 kilog., après 10 ce., présente de faibles démangeaisons, une agitation extrèmement vive, une selle solide; avec 10 cc. de plus, les démangeaisons sont beaucoup plus marquées, le chien tousse et essaie de cracher; une selle demi-solide. Enfin avec 10 ce. de plus, les phénomènes deviennent extrêmement intenses, le chien se roule par terre et semble en proie à des démangeaisons atroces.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur ces essais qui nous ont donné, ainsi qu’on à pu le voir, un certain nombre d'indications sur les propriétés de la thalassine, mais qui ne nous ont pas conduit à la préparation d’un corps déterminé.
g) Préparation de produits cristallisés jouissant de propriélés prurilantes. — Lorsque l’on précipite les liqueurs | actiniennes concentrées par l'alcool et que l’on répète plusieurs fois ces précipitations d’une façon méthodique on parvient à isoler des substances cristallisées jouissant de propriétés pruritantes.
Les liquides provenant du traitement initial des actinies par l'alcool sont évaporés à consistance sirupeuse.
On mélange cette masse noire et épaisse avec une cerlaine quantité d'alcool absolu et on obtient une huile noire insoluble restant au fond du vase tandis que le liquide alcoolique qui surnage, d’une couleur rouge foncé, est parfaitement limpide. On décante et on filtre. On évapore de
nouveau à consistance sirupeuse et une petite fraction du produit ainsi obtenu est dilué dans l’eau et injecté à :
Série H.
H I. — 10%,500. Le chien présente des démangeaisons extrêmement vives. Il se frotte frénétiquement le museau par terre en même temps qu'il manifeste la plus vive agitation. C’est ainsi que, le museau frottant sur le sol, il parcourt sans arrêt tout le laboratoire.
Le produit est de nouveau précipité par l'alcool qui donne encore naissance à des huiles noires et visqueuses mélangées à des sels, et à un liquide rouge qui surnage; on fait subir encore à ce liquide le même traitement que précédemment, et on le répète plusieurs fois. Lorsqu'il n'y a presque plus élimination d'huile, on constate l'apparition par refroidissement d’un précipité très légèrement cristallisé qui, par filtralion, se dépose à la surface des filtres.
Ces flocons légers dissous dans l’eau donnent une solution claire et jaunâtre.
H IL. — 7 kilog. Avec 05',01 manifeste une agitation extrêmement vive, il se gratte, éternue, se frotte contre les objets et les personnes, tousse, etc. La démonstration est évidente et les effets sont éclatants.
Les produits jaunâtres sont traités par dissolution dans l'alcool chaud et cristallisation par refroidissement. Au bout de 2 ou 3 cristallisations on obtient finalement de jolies paillettes nacrées, parfaitement blanches, solubles dans l’alcool chaud, moins solubles dans l’alcool froid, extrêmement légères, solubles dans l’eau.
h) Essai physiologique des produits obtenus par cristalhisation dans l'alcool. — Quatre centigrammes de ce produit sont dissous dans 40 centimètres cubes d’eau de telle sorte que À emc. renferme 1 milligramme du produit.
On injecte cette solution le jour même à un certain nombre de chiens, qui donnent les réactions suivantes :
19 H II. — Chien mâtin genre Fox, de 8,500, reçoit 1 cc. soit 4 milligramme de substance en tout et Omil,1 par kilo. — Après 2 cc. envi-
ron, l'animal présente des phénomènes extrêmement nets. Il se gratte, éternue frénétiquement, secoue la tête, etc.
H IV. — Petite chienne, terrier-basset, de 6 kilog. recoit 5 centimètres de la solution précédente diluée dans dix fois son volume d’eau, soit en tout Omi1,5 et Omil,4 par kilog. Les phénomènes sont lents à se produire et douteux, et l'injection de 1 cc. de la solution mère provoque l'apparition de quelques phénomènes moins marqués et moins nets que dans le cas précédent. |
H V. — Chien loulou à poils longs (très effrayé) reçoit 1 ec. de la solution mère, ce qui provoque chez lui quelques phénomènes atténués.
H VI. — Chien braque à poils courts de 19 kilog. recoit d'emblée 5 cc. d’une solution à 1 p. 400. Le chien est très excité, comme tous les autres d’ailleurs, il court en reniflant par terre, mais il ne se gratte pas, au moins tout de suite, Le lendemain, les démangeaisons semblent un peu plus fortes. On lui injecte alors une nouvelle dose de 5 cc.; dose qui ne parait pas plus efficace que la première.
H VII. — Chienne braque terrier de 23k5,500, avec 5 cc. ne présente que des effets douteux et faibles, le chien ne paraît d’ailleurs même pas sensible à l'injection de 1 cc. d’extrait glycériné primitif, même après une demi-heure.
H VIIL. — Chien mâtin terrier, 10 kilog. avec 1 cc. de la solution au millième ne présente que quelques effets très douteux.
Enfin une chienne fox de 5K5,500, reçoit 1 ce. puis 4, de solution, sans présenter aucun effet.
H IX. — Mälin de 10 kilog. reçoit 5 cc. de la solution au millième (en présence d'une petite quantité de carbonate de soude); agitation, le chien court le nez par terre; s’ébroue un peu; quelques grattements. Avec 10 cc. de plus les mêmes phénomènes se produisent mais un peu plus accentués : l’animal se frotte contre nous et semble de plus en plus excité; 10 cc. de plus font augmenter encore les phé-
nomènes, on croit remarquer l'érection des bulbes pileux du museau inférieur.
H X. — Chien mâtin de 12k8,500 recoit 2 ce. de la même solution soit 0,00015 par kilog. de produit cristallisé. Éternuements; le museau rougit, l'animal est très excité, se gratte énergiquement, fait le chariot, se roule par terre, se frotte le museau avec ses deux pattes. Les phénomènes sont éclatants.
H XI. — Chienne basset de 12 kilog. reçoit 2 milligrammes de produit. L’animal ne présente tout d'abord que peu de chose : il se secoue la tête ; puis au bout d’un certain temps les démangeaisons se produisent éclatantes : le chien ne cesse pas de se gratter.
H XII, — Chien de chasse braque de 9k5,500, recoit d'emblée 1 ec. de substance cristallisée. Très rapidement l’agitation est intense, les démangeaisons éclatent ; le chièn se frotte le museau contre le sol; il éternue, fait le chariot, se gratte, etc., manifestations érectives manifestes.
Les essais suivants sont faits avec une solution du même produit mais préparés à une concentration double, soit 2 grammes par litre.
H XII. — Petit chien mâtin poil ras de 7 kilog. reçoit 18 ce. de cette solution, soit 5 milligrammes par kilog.
Immédiatement l'animal présente des démangeaisons violentes et répétées, il se gratte alternativement les deux côtés du corps avec la patte correspondante, il se frotte le museau, se gratte et se mordille le dos.
H XIV. — Grande chienne braque de 17K6,8, reçoit 1 cc. de la même solution soit environ 1 dixième de milligramme par kilog.
Les phénomènes sont lents à apparaître ; nuls au début ils augmentent progressivement jusqu'à. se manifester sous la forme de démangeaisons bien marquées au dos et sur le côté du corps.
H XV. — Chien genre espagnol à longs poils de 22 kilog., reçoit 42 ce. de la solution à 2 p. 1 000.
Les démangeaisons provoquées sont très fortes, l'animal se gratte frénétiquement, se frotte le museau avec ses pattes, etc.
H XVI. — Chien genre petit Saint-Germain de 758,5, reçoit 370,5 de la solution à 2 p. 1 000; l’animal présente des manifestations très violentes : en particulier les phénomènes érectifs sont si marqués que l'animal pratique un coït rectal avec un autre chien (N. VII). Ce dernier avait reçu de la congestine et par suite présentait un état d’abattement très profond l’empêchant de réagir contre cet acte.
H I. — Chien de 7 kilog., reçoit 28 cc. de cette même solution, soit 8 milligrammes par kilog. L'animal ne présente aucun phénomène.
H XVII. — 126,500, recoit des doses progressives de produit cristallisé. Celui-ci dissous dans l’eau à la dose de 0%",1 p. 100 est injecté par petites fractions de 4,5 à la fois. L'animal après 4,5 se gratte mais faiblement. Les phénomènes augmentent après la deuxième : il est agité et éternue. Les troisième et quatrième injections ne semblent plus avoir aucune action.
Soit en tout 12 milligrammes et 08",001 par kilog.
H XVIII. — Fox de 6%5,500 reçoit 08",001 de produit cristallisé. Il présente quelques traces de démangeaisons. Mais il semble que la peau rougit. Le lendemain l'animal est un peu hébété, il se gratte un peu; il a encore la peau des oreilles très rouges.
H XIX. —9%5,5, recoit 08',0005 par kilog. Les phénomènes sont d’une netteté extraordinaire. Il s’agite, court, se lèche les bouts des pattes; ne sait où aller. Se roule par terre et semble affolé. Il pousse de sourds gémissements. Les phénomènes persistent pendant une demi-heure.
H XX. — Chien de » kilog. reçoit 0,005 par kilog. Les phénomènes sont éclatants : démangeaisons, éternuements, grattements, toux, agitation. Au contraire H XX (bis) chien du même poids avec 0,02 par kilog. ne présente que peu de chose.
H IX. — 10 kilog., déjà injecté antérieurement reçoit 0,0025 par kilog. éternuements rares, grattements, en somme peu de chose.
H X. — Déjà injecté antérieurement, 12 kilog., recoit 0,00015 par kilog., présente au contraire des phénomènes très nets, éternuements, grattements énergiques, l'animal fait le chariot et se roule par terre.
H XXI. — 20 kilog. reçoit 0,0005 par kilog., et ne manifeste aucune réaction.
H XXII. — 1355,7 avec 0,0001 par kilog., présente des démangeaisons éclatantes. Il se secoue les oreilles, se gratte, éternue. Les manifestalions sont encore sensibles le lendemain.
H XXIIL — Recoit 0,00013 par kilog. et présente des phénomènes très nets. Il se gratte frénétiquement l'oreille, éternue, se roule par terre, etc.
Enfin dans l'expérience suivante nous avons recherché systématiquement et aussi exactement que possible la limite minima de la sensibilité de ce produit et cela en diminuant progressivement les doses; 2 gr. de produit cristallisé sont dissous dans 100 cc., chaque centimètre cube représente donc 0,02.
H XXIV. — Chien terrier anglais de 5%£,5 recoit 27%,5, soit 0,1 par kilog. L'animal paraît avoir des démangeaisons au bout des pattes entre les doigts, qu’il se lèche sans cesse. IL a l'air très abattu et les phénomènes sont peu marqués. Mort trois mois après.
H XXV. — Chienne terrier anglais de 7 kilog. reçoit 17,5, soit 0,05 par kilog. Il présente la plus vive agitation, il secoue frénétiquement les oreilles. Éternuements, démangeaisons.
Une demi-heure après, paraît un peu abattu. Mort deux mois et demi après.
H XXVI. — Chien terrier de 7 kilog. reçoit 3,5 de la solution, soit 0,01 par kilog. Il se secoue immédiatement les oreilles. Déman-
geaisons frénétiques et continuelles, agitation extrèmement vive, puis abattement. Mort trois mois après.
H XXVII — Chien terrier de 7k8,500 recoit 2 ce., soit 0,005 par kilog. Démangeaisons violentes : l’animal se secoue la tête et les oreilles, éternue, se gratte, se frotte le museau, présente encore des démangeaisons très vives, un mois après.
H XXVIIL. — Chien mâtin poil ras de 9 kilog. recoit de la même solution après dilution une quantité correspondante à 0,001 par kilog. Le chien se secoue : éternuements violents et répétés; l'animal se gratte et présente de violentes démangeaisons à l’anus.
H XXIX. — Chienne de chasse mâtin de 10,500 recoit 0,0001 par . kilog. : elle se secoue la tête, mais ne présente plus aucun effet. Morte trois mois après.
Si nous cherchons à résumer l’ensemble de ces expériences nous voyons que nous avons obtenu les résultats suivants :
Série H.
Milligr. Milligr.
par kgr. Effets. par kgr. Effets.
He : … 01 Très nets. SMNÉ 0, 1,0 Éclatants.
IX VER | © Atténués. XXVIIT. . 1,0 — NE: + 0 04 Douteux. AXIEL |: . 4,3 Très nets. AV #0 Ci LPS CSN EN PP 1,5 Éclatants.
NXIX.". “04 Rien. DORE CRT Fe, ut Éclatants. En TU 25 Douteux.
NELé.a: ‘02 Rien. HIT ER 5,0 Éclatants.
Hem, 5. Un Très nets. NÉ an 5,0 —- VIE... 0,7 Rien. XAME - 5,0 — te OUR Atténués. | let 8,0 Rien.
NIXS 0. 0 Très nets. XVI. . . 10,0 Éclatants. IE: . . 0,5 Rien. ANR eu, LO,0 — HIT c . Æ0 Éclatants. XX bis. . : 20,0 Rien.
Te à « di Très nets. XANVS, . 60 Frésnels.
NUE ; 2 A0 Nets. IN 0 AOOO RESTE
Nous voyons done que jusqu’à 0,05 et même quelquefois 0,01 les effets bien que très nets dans certains cas sont loin d'être certains dans beaucoup d’autres. C’est entre 1 milligr. et 10 milligr. par kg. que les effets sont en général les plus beaux. A des doses très élevées nous voyons les accidents
s'atténuer, voire même disparaître. Nous avions déjà observé des résultats analogues avec des produits alcooliques concentrés : tel a été, par exemple, le cas du chien G IT:
]) Propriétés et nature des produits cristallisés prurilants. — Ainsi que nous l'avons dit plus haut, ce sont des produits blancs cristallisés en petites paillettes nacrées très légères, solubles dans l’eau, peu solubles dans l'alcool froid, solubles dans l'alcool chaud, les cristaux fondent vers 170. A 200° en vase clos, ils se subliment partiellement en donnant, outre des produits pyrogénés brunâtres, des dérivés amidés reconnaissables à leur odeur et de l’ammoniaque. Les solutions ne précipitent, ni par l'acide phosphotungstique ni par l'iodure ioduré de potassium. Elles ne précipitent pas non plus par le chlorure de platine et l’azotate d'argent.
Le produit soumis à l'analyse donne comme composition :
Carbone. LES SAS Hydrogène nee. 2 9,8 APDICR RER LL CN AIDE
L'ensemble des réactions etla composition chimique rappellent exactement les propriétés et la composition de la leucine.
Nous avons vu que la /halassine, nom par lequel nous désignons le produit pruritant actif, se colle sur un grand nombre de précipités, en particulier, sur les précipités amidés à base d'acide phosphotungstique, sur les précipités de fluorure de calcium même dans certains cas; la thalassine est fixée de même par le noir animal.
Si d'autre part nous considérons les doses relativement élevées qu'il faut injecter de ces produits cristallisés, tandis que certaines solutions préparées par d’autres méthodes étaient actives à des doses beaucoup plus faibles de matières organiques, il semble bien que ces produits ne constituent pas encore la thalassine pure, mais bien de la leucine imprégnée de ce produit pruritant.
Cette considération nous est encore confirmée par ce fait
que, dans certaines expériences, les premières cristallisations étaient toujours plus actives que les dernières. Enfin dans des produits analogues retirés des crevettes, la caractérisation de la leucine a encore été plus nette peut-être ‘,
Néanmoins au point de vue physiologique nous devons considérer ces produits comme des corps cristallisés jouissant de la propriété de provoquer des démangeaisons intenses, des phénomènes sternutatoires violents, une vive agitation accompagnée souvent d'exeitations génésiques, de l’æœdème et de la congestion des muqueuses et des fosses nasales, quelquefois des éruptions cutanées.
k) Essai de séparation de la thalassine dans les précipités calciques. — Nous avons encore cherché à fixer la thalassine sur des précipités calciques à la facon d’une diastase.
C'est ainsi que nous nous sommes fait envoyer des tentacules d’actinies dans des solutions de fluorure de sodium à 6 p. 100. Les tentacules broyés et la masse filtrée, on obtenait un magnifique liquide fluorescent sur les propriétés duquel nous aurons à revenir. Mais dans ce liquide on peut déceler la thalassine et on peut obtenir des liquides renfermant peu de matières organiques et cependant actifs.
Le liquide fluorescent est additionné de chlorure de calcium: il se produit un précipité abondant; on filtre et le liquide qui passe est légèrement verdâtre, limpide, riche en matières organiques. Il ne contient pour ainsi dire plus de matières albuminoïdes : il ne précipite presque plus par l'acide azotique et par l'alcool.
JI. — 76,500. Après injection de 5 ce. de ce liquide, ne présente aucune manifestation de quelque ordre que ce soit.
Le précipité de fluorure de calcium très abondant est alors traité par l'alcool à 50 p. 100 au bain-marie. On filtre à nouveau, on évapore l'alcool et on injecte au chien une quantité correspondante à la première injection. On à alors des démangeaisons éclatantes. Les effets
sont incontestables.
1. La leucine ordinaire essayée de la même façon ne provoque aucun phénomène analogue.
Nous avons obtenu des résultats analogues avec le phosphate de chaux.
En effet, dans des solutions aqueuses provenant de la distillation de l'alcool d’actinies et de la reprise du précipité par l’eau, nous déterminons par l'addition de chlorure de calcium et de phosphate de soude la formation d’un précipité de phosphate de chaux. Ce précipité bien lavé à l'alcool, puis à l’eau froide, est traité par l’eau bouillante, filtré, injecté à un chien.
J II. 116,700. Se gratte, démangeaisons manifestes, vive agitation.
Le liquide est alors précipité par l’alcool absolu, donne un précipité relativement faible, riche en matière minérale, injecté à :
JL. — Griffon de 4 kilog., présente d’abord quelques vomissements
et défécations, puis démangeaisons frénétiques, se gratte sans interruption et change alternativement de côté pour se gratter.
Un précipité de phosphate de chaux provoqué dans la solution alcoolique mère donne les mêmes résultats. Le précipité bien lavé à l’alcool est traité par l’eau bouillante et le soluté bien transparent jaune clair est alors injecté.
JIV.—S8 kilog., présente avec une dose très faible une agitation extré-
mement vive, des éternuements répétés et violents, il se frotte Le museau avec sa patte. Effets éclatants.
Enfin nous avons cherché à fixer la thalassine sur certaines albumines. A cet effet une solution de leucine active est chauffée à 100° avec un peu de sérum de chien et on filtre pour se débarrasser du coagulum. Un ec. de la solution correspond à environ un milligr. de produit cristallisé.
JV. — L'injection de 10 ce. de ce liquide à J V, chien de 6 kilog., amène l’apparition de démangeaisons faibles, mais nettes. Deux mois après, l'animal présentait encore des manifestations urticantes.
Comparativement J VI, 7 kilog., recoit la même dose du même produit sans sérum. Les mêmes phénomènes de démangeaisons peu intenses, mais nets se produisent, éternuements, grattements, etc.; un
mois après il est très malade, presque mourant; on l’alimente à la viande crue, il survit.
En somme, dans ces conditions l’albumine ne fixe pas la
thalassine. Nous reviendrons sur cette action des sérum-
albumines, lorsque nous nous occuperons de quelques tentatives de sérothérapie relatives à la thalassine.