‹ Physiologie de l'aéronauteChapitre 10 sur 52 · AUTEURS LOCALITÉS ALTITUDE · texte numérisé non relu

AUTEURS LOCALITÉS ALTITUDE

D'HÉMATIES

Paache ee CE CHUSTANIAR SEE Schaner MGtlingen ti Re 148 m | 5.235 000 Reinert PNR os Le QUDIN TER E 324 m. | 3 329 :000 Een ALICE ZUNICh EEE LR 412 m. 3.752.000 HOPPER CE Auerbach. . . . . . . .|400 à 500 m. 5.748.000 qe RATE US GE Relbbldserun. 700 m. 5.970.000 Hgger. .. . . . .. ATOBR NN Le STORES 1.800 m. 7.000.000 TROUS ETS Morococha . . .. ! |! 4.302 m. 8.000.000

L'ensemble de ces chiffres fait admettre par Schaumann et

Rosenqvuit, que la polyglobulie des altitudes est figurée par une courbe qui s'élève régulièrement jusqu'à 1.800 mètres, pour se rapprocher davantage de l'horizontale au-dessus de cette altitude. Et, à son tour, Marie écrit : « La concordance entre l'augmentation de l'altitude et celle du nombre des globules est telle, qu’en l'absence du baromètre, on pourrait presque s’en rapporter au chiffre des globules rouges du sang des habitants d’un village pour en fixer l'altitude. »

Cependant, en examinant ce classement si régulier en dépit de la diversité des expérimentateurs et de leur technique, on doit noter que ces chiffres ont été choisis avec soin parmi ceux fournis jusque-là. Si Viault figure avec les résultats obtenus dans la Cordillère des Andes, il n’est plus tenu compte de son ascension du Pic du Midi.

L'examen des travaux effectués pendant cette période a permis à André Mayer et Armand-Delille, de dresser, en regard du tableau de Kæppe, des tableaux contradictoires. Ils remarquent que l'on ne peut ordonner certains chiffres suivant une série pro-

portionnelle à l'altitude. Aïusi :

Süerlin, à Zurich (412 m.) a trouvé . . . .. . . 5.732.000 Jaruntowski et Schræder, à Gorbersdorf (561 m.). 5.800.000 Karcher, à Champéry (1.052 m.) . . . . . . : . 5.112.000

Chiffres à peu près égaux malgré des différences d'altitude de

600 mètres.

De même :

Rudovici, à Leysin (1.470 m.), a trouvé. . . . . 6.048.000 Wolf, à Reiboldsgrün (700 m.), a trouvé. . . . 6.200.000

Si l’on étudie, à la même altitude, dans la même station, les | chiffres présentés par différents auteurs, on trouve des écarts qui |

peuvent être considérables :

A Davos, Kundig trouve chez l'homme . . . . 6.551.000 chez la femme . . . . 5.804.000

et Von Voornfeld,chez l'homme . . . . 6.099.000

chez la femme . , . . 5.008.000

À Arosa, Ræmisch trouve une augmentation de 26 pour 100,

Oliver de 10 pour 100 seulement.

Enfin, de même que Viault, à 2.877 mètres, sur le Pic du Midi, n’a pas découvert d'hyperglobulie chez l'homme, Koblbrugge et Eijkman, sur les hauts plateaux de Java, trouvent un chiffre égal ou même inférieur à celui de la plaine, Læœwy et Zuntz, à 3.600 mètres, n’ont pas non plus d'hyperglobulie.

Pour résumer cette première série d'expériences antérieures aux observations scientifiques recueillies en ballon, nous constaterons que les auteurs qui, depuis Jourdanet et Paul Bert, se sont occupés de la question, se contentaient pour la plupart d'examiner sur l'homme, à diverses altitudes, les modifications du nombre des hématies. Le sang destiné à leurs expériences était recueilli en piquant la pulpe du doigt ; mais aucun expérimentateur n'avait songé à étudier la circulation centrale après la circulation périphérique.La plupart ne fournissaient pas le tableau comparatif de l'état du sang dans la plaine et dans la montagne. Enfin il n'était tenu compte, nulle part, des autres facteurs q ui pouvaient influer sur la circulation périphérique, le froid, la sécheresse, l'humidité par exemple. Les auteurs négligeuent également de mentionner le mode d’ascension, sa difficulté et la fatigue déployée.

Leurs statistiques, forcément incomplètes, étaient contradictoires pour certaines, et notamment en ce qui concerne l'hyperglobulie du début.

Les expériences faites sur les animaux ne sont pas plus concluantes que les précédentes. Cependant, quelques auteurs ont

| examiné le sang prélevé dans les gros vaisseaux, mais sans com-

pléter leur travail par l'examen du sang recueilli à la périphérie. D’autres ont joint à la numération du sang le dosage de l'hémoglobine. C'est ainsi qu'Egger trouve chez dix lapins, après un mois de séjour à Arosa, une augmentation de 24 pour 100. Muntz trouve également une augmentation du taux de l'hémoglobine, que conteste Abderhalden.

A la numération du sang, de rares auteurs ajoutent son examen histologique. Mercier est frappé, à Arosa, de la grande quantité de microcytes existant dans le sang. Ces microcytes d'un diamètre moyen de 54 à 5u5, inférieur de 2g à celui des globules adultes, de forme régulièrement sphérique, présentant une coloration plus foncée au niveau des bords, sont très mobiles, se tassent difficilement dans la cellule de numération, et paraissent analogues aux globules nains de l'adulte normal. Mercier a observé jusqu'à 200 globulins sur 800 globules, chez sa fille. De plus, leur nombre va en augmentant jusqu'au neuvième jour, puis diminue à mesure que l’acclimatement se fait.

Ces résultats, très en faveur d'une hyperglobulie véritable, sont appuyés par ceux d'Egger. Dans leurs recherches de laboratoire Schaumann et Rosenqvuist constateront à leur tour la présence d'hématies nucléées.

Un dernier groupe d'auteurs essaye, en effet, par le contrôle du laboratoire, d'expliquer les divergences d'opinion constatées jusque-là. A côté de Schaumann et Rosenqvuist qui maintiennent sous la cloche d’une machine pneumatique des lapins, des chiens et des pigeons,et qui observent, à la pression de 450 à 480 millimètres de mercure prolongée pendant 2 à 5 semaines, une forte augmentation du nombre des globules et la présence, chez les pigeons, d’hématies nucléées, un autre expérimentateur, Sellier, cherche par quel intermédiaire agit cette diminution de pression.

Il détermine d'abord une hyperglobulie expérimentale en com-

40 MODIFICATIONS DU SANG DANS LES GRANDES ALTITUDES Reel un Momie ne "re

primant directement la trachée. Il place ensuite sous une cloche spéciale, une caille qui vivra à la pression de 760 millimètres, mais avec une quantité d'oxygène diminuée. Lorsque le chiffre de l'oxygène atteint 40 pour 100, un séjour de quatre jours donne

les résultats suivants :

Avant l'expérience Après l'expérience ASC ERA | 2.200.000 gl. r. 2.225.000 PME EPL ONE 2.420.000 — 2.310.000 BR EE NE AA SE 3.640.000 — 3.540.000

La diminution de l'oxygène paraît donc le facteur principal de l’'hyperglobulie des altitudes, analogue en cela à l'hyperglobulie obtenue par la diminution du champ de l’hématose,

Ces travaux de laboratoire terminent la série des études sur l’'hyperglobulie des altitudes avant les premières ascensions en ballon. Une grande confusion existe à ce moment. Si la numéra- | tion à fait reconnaître souvent une augmentation des globules rouges, elle a fourni ailleurs des renseignements contradictoires. Les examens histologiques, le laboratoire n'ont pas donné de conclusions satisfaisantes. C'est à cé moment que des observateurs auront l’idée de répéter, en ballon, les expériences effectuées dans les stations d'altitude. Dès lors apparaitront de nouveaux facteurs négligés jusque-là, qui permettront d'expliquer les résultats anciens, et qui ramèneront sur le terrain actuel la question de l'hyperglobulie. Les avantages du ballon sont, en effet, considérables. On réalise, grâce à lui, des variations rapides d'altitude, et ces altitudes sont atteintes en dehors de toutes causes d'erreur, comme par exemple la fatigue de l'ascension. Remarquons toutefois que les recherches en ballon ne doivent être effectuées qu'après avoir préparé soigneusement la technique des expériences. Dans la nacelle, la place est très limitée : les examens

directs au microscope sont presque impossibles. I] faut attendre

plusieurs heures, souvent même le lendemain, pour étudier le sang prélevé pendant l'ascension. L'équilibre du ballon est difficile à conserver lorsqu'on se trouve à de grandes altitudes, etles ‘travaux doivent être très rapidement effectués si l’on veut éviter des écarts de plusieurs centaines de mètres. Enfin, à une même altitude, le passage d'un nuage suffit à modifier la température et l’état hygrométrique de l'air. Remarquons cependant que ces difficultés ne sont pas insurmontables. Dans ces conditions, les observations faites dans la nacelle, et contrôlées par les expériences de laboratoire que l’on effectuera à la même pression sous la cloche d'une machine pneumatique, vont fournir aux expérimentateurs les données qui leur manquaient auparavant, et leur permettront de fixer sur de nouvelles bases les notions d’hy-

perglobulie des aéronautes.

2° Les premières ascensions scientifiques et l'hyperglobulie vraie.

La première série de travaux relatifs à la numération du nombre des globules avait donné des résultats favorables à l’hyperglobulie. Cette hyperglobulie signifiait qu'un trouble notable était apporté à l’une des fonctions du sang, la nutrition des tissus par l'oxygène. Il y avait, dans l'ascension aux grandes altitudes, un danger, celui de la désoxygénation, auquel remédiait l’organisme en multipliant le nombre de globules mis au contact d'un air pauvre en oxygène. L'équilibre s'établissait grâce à ce moyen de défense d’ailleurs incomplet jusqu'à la période d’acclimatement. De là découlaient les accidents observés à ces altitudes, le mal des montagnes et le mal en ballon. L’aéronaute qui s'élevait dans les hautes régions de l’atmosphère luttait, grâce à

ses organes hématopoiétiques, contre les dangers de mort par asphyxie, et cette prolifération globulaire ne suffisait pas toujours à enrayer les accidents ; c’est ce qui s'était produit lors de lascension du Zénith. Nous examinerons, au chapitre du mal en ballon, quelle est la pathogénie de ce phénomène. Indiquons cependant, dès à présent, que les premiers examens de sang elfectués au cours d’ascensions en ballon devaient amener des conclusions encore incertaines et parfois contradictoires.

En 1901, J.Gaule communique à l’Académie des Sciences, les résultats d'expériences qu'il a effectuées durant deux ascensions en ballon. Dans son premier voyage, l'examen du sang périphérique prélevé à 4.700 mètres d'altitude lui a permis de vérifier la très grande augmentation du nombre des globules. En outre, l’hémoglobine diminue pendant que les hématies se multiphent ; le fait est en faveur d’une hyperglobulie vraie. Si, en effet, il y avait eu simple accumulation de globules à la périphérie par concentration du sang, le chiffre de l’hémoglobine se serait étendu dans le même sens.

À la suite d’une seconde ascension, à 4.200 mètres, J. Gaule

observe la présence de très nombreux globules rouges avec

noyaux teints en bleu par la méthode d'Ehrlich. « Ce noyau est

souvent en état de segmentation ; on trouve des groupes de trois

ou quatre corpuscules comme s’il y avait eu subdivision. » Ce sont les mêmes globules nucléés qui apparaissent dans le sang en voie de grande prolifération pour une cause pathologique. Cette nouvelle observation complète la précédente, et « montre qu'il y a vraiment formation de globules quand on arrive à une grande hauteur et que ce phénomène se produit avec une très

grande rapidité ».

Enfin, avant l'ascension et au retour de celle-ci, l'examen du

sang n'a permis en aucun cas de retrouver ces phénomènes de fragmentation ou de division!

À la fin de la même année, le D" Guglielminetti propose d’organiser une série d'ascensions qui auraient pour objet l'étude de certains phénomènes physiologiques, et, entre autres, celui de la prolifération globulaire. Les ascensions ont lieu au mois de novembre 1901 sous le patronage de l'Aéro-Club de France.

Le premier de ces expérimentateurs, Raoul Bensaude, part dans le ballon Quo Vadis piloté par M. Bacon. Il s’est proposé de vérifier « si l'ascension en ballon s'accompagne d’une hyperglobulie rapide, et si cette hyperglobulie coïncide avec des modifications de la densité du sang ou avec la pénétration dans le courant circulatoire d'éléments nouveaux »,

La première partie de ce programme a trait au volume occupé par les globules rouges dans le sang complet. En raison des phénomènes de vaso-constriction périphérique, Bensaude prend du sang dans la carotide d’un chien. L'animal est ligotté au début de l'ascension, puis détaché à 3.000 mètres. La quantité de sang recueillie par ponction de la carotide est de 66 grammes, soit environ 7 pour 400 du poids de l'animal tout entier (9 kil. 500).On évite, grâce à cette méthode,les altérations produites sur une seule goutte par l’évaporation. Le sang est ensuite défibriné ou oxalaté, puis centrifugé pendant cinq minutes dans un hématocite muni de deux pipettes graduées. La première contient du sang prélevé avant le départ; l’autre, le sang recueilli à 3.000 mètres. Les résultats sont les suivants :

Entre 2.000 et 2.300 mètres, on ne constate pas de modification du volume des globules dans les deux pipettes. Entre 4.000 et 4.400 mètres, l'augmentation de volume est au contraire de |

4 à 6 pour 100. Enfin, après la descente, cette augmentation n'est}

oo

\ plus que 2 pour 100.Elle persiste done quelque temps après l’ascension.

Bensaude étudie ensuite la densité du sang. Il prend 6 centimètres cubes du sang de chien oxalaté, qu'il pèse à la température de 16 degrés. Les poids obtenus aux différentes altitudes sont comparés avec ceux de l'eau distillée.

Entre 2.000 et 2.300 mètres le poids du sang — 1.061410 (T. — 3° à + 5° centigrades).

Entre 4.000 à 4.400 mètres le poids du sang — 1.06525 (T. — 3° à + 5° centigrades).

À terre, au retour, le poids du sang == 1.06012 (T. — 0e).

Il y a donc, à 4,000 mètres, une légère augmentation qui ne persiste pas après la descente.

Enfin, les expériences sont complétées par l'examen histologique des préparations de sang sec. Le sang recueilli est celui de l’homme et du pigeon. Sur aucune lamelle, Bensaude ne retrouve, dans le sang humain, des globules rouges à noyau. Le diamètre des globules est celui-ci.

à terre Entre 4.000 et 4.400 Globules mesurant plus de 7 4 1/2 . . . 4,24 pour 100 2,4 pour 100 TuàTu1/2. 78,39 — 82,4 — a 6u1/2à7.. 10,59 — 41,2 — = Suà61/2 . 5,93 — 3,2 — 22 moins de 5u. . . . . 0,85 — 0,8 —

Nous rappellerons à ce propos que Mercier avait signalé, à Arosa, chez sa fille, plus de 200 globulins, d’un diamètre moyen de 5 4 à 5 4 5, sur 800 globules. Viault avait trouvé également, à 3.000 mètres, de nombreuses hématies de petit diamètre. Le tableau présent diffère donc sensiblement des précédents.

Pour conclure, Bensaude, tout en reconnaissant qu'il s'attendait

à des résultats opposés, les considère cependant comme conformes

aux faits connus jusqu'alors et concernant la fixité de composition du sang. Ainsi qu'Achard l'a fait remarquer, «ils sont en harmomie avec cette tendance à l'équilibre dont l'organisme vivant nous offre tant d'exemples ».

Les phénomènes observés par Bensaude sont d'accord avec ceux qu a remarqués Jolly. Parti, le 21 novembre 1901, dans le ballon Le Titan que conduisait M. Farman. Jolly s'était proposé :

«1°. — De voir si l'hyperglobulie des altitudes se produisait brusquement pendant l'ascension en ballon, fait déjà constaté par Gaule à Zurich ;

«20. — Dans le cas où cette hyperglobulie se produirait, de rechercher si elle s’accompagnait des phénomènes histologiques qu'on peut observer au cours des régénérations sanguines rapides, en particulier de l'apparition de globules rouges nucléés déjà signalés par Gaule dans ses examens. »

Pour mener à bonne fin ces expériences, Jolly avait préparé une technique appropriée au milieu dans lequel il allait travailler ; il fallait avant tout tenir compte de l’impossibilité d'examiner directement le sang dans la nacelle, aussitôt après la piqüre. Le procédé employé a été le suivant :

« Pendant l’ascension,avec un même mélangeur Potain, je faisais des mélanges de sang et de sérum de Marcano qui conserve très bien les globules rouges. Ces mélanges étaient recueillis dans de petits tubes fermés avec des bouchons de caoutchouc. Les numérations ont été faites le lendemain de l’ascension, au laboratoire, avec le compte-globules de Malassez. Des numérations de contrôle m'ont montré que dans ces conditions, il ne se faisait, dans les tubes, aucune concentration appréciable. Au moment de faire une numération, on laissait tomber, dans le tube à examiner, une petite perle de verre, et on agitait doucement le tube

fermé jusqu’à production d'un mélange homogène. »

Plusieurs prises de sang ont été effectuées pendant l'ascension. Le sang était obtenu par piqûre de la pulpe du doigt. Les numérations ont donné les résultats suivants :

Globules rouges.

12,h:930a terre 10 RE ET ee 4.760.000 4 h. 50, 1.100 à 1.600 Pen ER SNA 5.450.000 2h 41578 1000kmEtrEs MINE PERTE 5.060.000 2uhe Le 41000 metres Mers CREME 5.210.000 3 h. 2, 4.450 mètres (T. — 4°) SR mec 5.150.000 euh DOODLMOTES RER AN EN 4.800.000

Ce tableau montre que, pendant la montée, il y,a une auymentation de globules rouges qui atteint un million à 450 mètres,soit une proportion de 42 pour 100. À la descente, les chiffres reviennent très rapidement à la normale, avant même que les aéronautes aient atterri. Jolly remarque, en outre, que le chiffre élevé de globules rouges, à 1.100 mètres, doit être attribué à une erreur de technique. Enfin, la partie descendante du crochet ainsi produit est en rapport avec la traversée de la couche de nuages. Le fait, constaté par Jolly, recevra son explication dans la suite, lorsqu'on étudiera les rapports de l'état hygrométrique de l'air avec la concentration du sang à la périphérie.

Pour la nature même des hématies numérées, elle ne varie pas d'une façon appréciable pendant l'ascension. Comme Bensaude Jolly ne trouve pas un seul globule nucléé dans ses préparations. Le diamètre même des globules, évalué avec la méthode de Malassez, ne présente qu une « très légère diminution qui peut rentrer à la rigueur dans les limites d'erreur, Nous n'avons vu ni poikilocytose,ni augmentation des petits globules rouges (microcytes), ni augmentation des granulations libres ».

En résumé, Jolly constate une augmentation bien nette du nombre des globules rouges sans modification de la formule

histologique de ces hématies. Mais il ne tente pas de donner

om pe,

l'explication de ces faits après une seule ascension. Cette conclusion peut être rapprochée de celle de Bensaude qui, lui aussi, n'a pas trouvé de changement dans l'aspect des globules, et qui, de plus, étudiant le sang des carotides, est arrivé à une proportion de 4 à 6 pour 100 de nouvelles hématies, tandis que Jolly, dans le sang périphérique, atteignait 12 pour 100. Ces résultats seront confirmés dans les recherches ultérieures.

La série d’ascensions scientifiques organisées,en 1901 par l'Aéro-Club de France,se complète en ce qui concerne l'étude du sang, par le départ de Calugareanu et Victor Henri qu’accompagne M.Bacon. Le programme des expérimentateurs consistait dans une contre-épreuve des expériences précédentes. Il s'agissait de comparer le sang périphérique avec celui des vaisseaux profonds, ce double examen n'ayant jamais été effectué durant la période qui précédait les premières ascensions en ballon. Victor Henri et Calugareanu emmènent trois chiens de 10 à 12 kilogrammes. Les deux premiers sont normaux. Le troisième a été splénectomisé cinq mois auparavant, et s'est bien porté depuis cette époque. Le sang est recueilli par piqûre d’une veine de l'oreille. En outre, sur un chien,- on prélève 25 centimètres cubes de sang dans l’artère fémorale, avant le départ et à 3.000 mètres.

La numération des globules du sang périphérique donne les résultats suivants :

Chien À, normal :

Nombre de globules :

END 0 007-0681 000slobulestrouses ASPIRE RON ee 0e L8. 944000 — AS 00 re 2 11 09.880.000 —

soit une augmentation de 14 pour 100 à 2.200 mètres et de 26 pour 100 à 3.000 mètres.

ne

Chien B, normal :

BNIDAS CE RTE RCE . 1.648.000 globules rouges À 000 MU NN ec re 8.972.000 —

soit une augmentation de 17 pour 100 à 3.000 mètres.

Chien C, dératé :

ÉnRDAS EEE RATS 7.928.000 globules rouges ALI DRE RO DR ET. 8.356.000 — A 25 00 Eee Me at deu ARS 8.892.000 —

soit une augmentation de 5 pour 100 à 2.200 mètres et de 11 pour 109 à 3.000 mètres.

Le chien dératé présente ainsi, comme les chiens normaux, de ! l'hyperglobulie. Elle est surtout considérable à 3.000 mètres ; à cette altitude, la pression barométrique était de 520 millimètres de Hg. La température, de 42° à terre, tombait à 0° à 4.000 mètres.

En dehors de cet examen du sang périphérique, les auteurs analysent le sang de [a fémorale du chien B, mélangé avec une quantité déterminée de fluorure de sodium. Le dosage donne les chiffres suivants :

Densité (déterminée par la méthode du flacon sur 14 cc. de sang) :

A terre : 1.061 ; à 3.200 mètres : 1.062.

Azote total (méthode de Kjeldahl sur 5 cc. de sang) :

A terre : 3 gr. 16 d'Az pour 100 cc. de sang ; à 3.200 mètres : 3,14 pour 100.

Fer (dosage de Lapicque).

En bas : 0, 56 ; à 3.200 mètres ; 0,53.

Le dosage du sang de la fémorale, à 3.200 mètres. donne des chiffres analogues à ceux obtenus à terre, avant le départ. Les différences sont dans les limites des erreurs possibles. Le sang

central, pris sur une grosse artère, ne présente donc pas le même

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