‹ Physiologie de l'aéronauteChapitre 11 sur 52 · EE · texte numérisé non relu

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phénomène que le sang périphérique et ne se modifie pas sous l'influence de l'altitude. Ù

Pour achever l'étude des premières ascensions en ballon, signalons la communication d'Abderhalden qui déclare n'avoir jamais rencontré d'hématies nucléées dans les prises de sang effectuées plusieurs fois en aérostat. De leur côté, Schrætter et ; Zuntz n'ont pas trouvé non plus la trace d'une néoformation de glo-| bules.

Il résulte de ces divers travaux que Gaule seul a observé en ballon, à 4.200 et 4.700 mètres, non seulement une multiplication immédiate du nombre des globules rouges, mais aussi l’apparition d'hématies nucléées. Jolly note une augmentation des globules rouges sans modification histologique appréciable du sang. Bensaude trouve.à 4.000 mètres, dans la carotide du chien, un chiffre de globules supérieur de 4 à 6 pour 100 seulement à celui reconnu à terre ; il ne signale ni globules à noyau, ni poussée de petits globules jeunes. Cette opinion est partagée par Abderhalden, Schrôtter et Zuntz.

Des expériences de laboratoire, destinées au contrôle des recherches effectuées en ballon, sont faites à cette époque par Ambard et Beaujard qui étudient les effets de la dépression barométrique de courte durée sur la teneur du sang en hématies. Nous avons montré la nécessité de ces travaux qui servent de corollaire aux précédents. L’attention d'Ambard et Beaujard avait été attirée sur l’incertitnde des résultats. L’hyperglobulie n’était ni proportionnelle à l'altitude, ni même équivalente età une même hauteur dans les circulations centrale et périphérique. Enfin, en ce qui concerne les rapports de la circulation centrale avec la circulation périphérique établis par Bensaude, Victor Henri et Calugareanu, « ces recherches faites avec l'hématocrite et le colori-

mètre étaient susceptibles d’une double interprétation : ou bien Soubies 4

pas de variations du nombre des globules, ou bien variation du nombre des globules, mais avec variation inverse de leur taille ».

La technique employée par Ambard et Beaujard est celle-ci : « Les chiens en expérience étaient enfermés dans une caisse d'une capacité de 100 litres. Le vide était fait par la trompe à eau ; de l’air frais se trouvait constamment admis par un tube capillaire. Le sang était prélevé dans l'artère crurale, il en était recueilli environ 9 centimètres cubes dans une éprouvette contenant déjà uu centimètre cube de la solution concentrée de fluorure de sodium. De ce mélange, une partie était réservée à l’hématocrite, l’autre à la numération des globules.

« A la pression normale, la prise du sang est des plus simples. Sous le vide, elle exige un dispositif spécial. La crurale est coupée entre deux ligatures : sur le bout central, une pince est appliquée près de l’arcade fémorale, de manière à laisser libre un segment de vaisseau long de 2 à 3 centimètres; c'est là qu'est introduite une canule munie d’un tube de caoutchouc qui traverse la paroi de la caisse pour déboucher dans une éprouvette où est fait le vide partiel. Le chien est alors enfermé dans une caisse, et c'est du dehors qu'on déclanchera la pince pour permettre au sang de jaillir dans les tuyaux. A cet effet, la pince est construite de telle sorte qu'elle tende normalement à s'ouvrir grâce à un élastique en caoutchouc ; mais elle est maintenue fermée par la tension d’un fil de chanvre. Autour de ce fil s’enroule un mince brin de cuivre qu’on fait rougir par le courant électrique. À ce moment, le fil de chanvre brüle, l'élastique ouvre la pince, le sang se précipite par la canule et les tubes jusque dans l’éprouvette. »

Deux expériences sont effectuées à l’aide de ce dispositif.

1 expérience. — On place un chien pesant 5 kilogrammes 5

GLORULES ROUGES 54

dans la caisse,et on abaisse progressivement la pression pendant 32 minutes jusqu’au chiffre de 450 millimètres de Hg. On fait alors couler le sang dans l’éprouvette :

Volume des globules Nombre des globules

Sang normal supposé. . . . 100 »

Sang sous le vide . ..... 101,6 »

2° expérience. — On abaisse progressivement la pression jus-

qu'à 450 millimètres de Hg. pendant 35 minutes, Puis on prélève Le sang :

Volume des globules Nombre des globules

Sang normal supposé. . .. . 100 6.400.000 Sang sous le vide . . .... 100 6.176.100 & Soit 3/2 pour 100.

11 résulte de ces expériences que le sang artériel ne paraît pas présenter une augmentation du nombre des globules, même lorsqu'on soumet l’animal à une dépression de 450 millimètres de mercure. L'hyperglobulie constatée dans les ascensions lorsqu'on prélève du sang à la périphérie, n’est pas absolue, et doit dépendre des phénomènes vaso-moteurs produits par exemple par le froid, et capables de modifier en quelques instants le degré de concentration du sang. Ces expériences de laboratoire vérifient donc les faits observés en ballon. Elles sont également en faveur de l'hypothèse d'une vaso-constriction qu’avaient déjà proposée Hallion et Dominici.

Tel est l'état dela question en 1902.Fernand Bezançon et Marcel Labbé résument dans leur Traité d'hémat glogie les diverses explications de l'hyperglobulie. L'erreur de technique avait été mdiquée en 1900 par Gottstein. A son avis,les dimensions de la chambre du compte-gouttes de Thoma-Zeiss augmenteraient à la suite de la dépression atmosphérique, la lamelle étant moins fortement ap-

pliquée. Mais les numérations s'effectuent à terre et non en ballon, et cette opinion ne peut donc se soutenir.

La concentration par évaporation est invoquée par Grawitz, Bunge, Malassez, Abderhalden. L’évaporation augmente au niveau de la peau quand la pression diminue. En même temps, les poumons dégagent plus de vapeur d'eau. Cependant cette évaporation est peu considérable par rapport à la multiplication des globules rouges, et, si l'on admettait cette théorie, il faudrait,pour correspondre à cette hyperglobulie de 15 à 25 pour 100 vérifiée en ballon, une perte de sérum allant d’un demi-litre à un litre.

Le troisième mécanisme, proposé par Schumburg et Zuntz, Lœwy, est celui de la répartition inégale des globules rouges : plusieurs facteurs, le froid, la lumière intense, la fatigue, l'activité de la respiration déterminent ces phénomènes de vaso-motricité. Nous avons vu que cette théorie semblait découler des expériences de laboratoire d'Ambard et Beaujard. Ajoutons dès à présent, que dans la période suivante, la répartition inégale des globules rouges sera vérifiée et reconnue comme la cause de l’hyperglobulie des aéronautes.

Enfin, à cette époque, une dernière explication est donnée à ce phénomène par les auteurs admettant une répartition différente, puis l’hypergénèse et une multiplication réelle. Kæppe croyait à une augmentation initiale du nombre des globules rouges par division directe des hématies dans la circulation, puis, dans la suite, à une hypergénèse véritable des globules rouges. La communication de Gaule, relative aux hématies nucléées, est en faveur de l'hypergénèse.

Mais déjà, les expériences de Jolly et Bensaude, en France, d'Abderhalden, Schrôtter et Zuntz à l'étranger, ont permis à ces auteurs de nier la présence dans le sang des hématies de néofor-

malion. À son tour, Grawitz déclare que les hématies nucléées

n'existent pas dans les ascensions, et que, à la descente, le nombre des hématies diminue rapidèment et sans troubles pathologiques, ce qui ne pourrait s'admettre dans le cas d’une hypergénèse véritable.

C’est'à ce moment que paraît la thèse de Quiserne sur {es Poylobulies.Ce nouveau terme de polyglobulie désigne l’ensemble « de ces états physiologiques ou pathologiques jusqu'ici classés sous le terme générique d'hyperglobulies et caractérisés par l'augmentation du nombre des globules rouges du sang, qu'il y ait ou non augmentation de la masse. La polyglobulie ne s'accompagne pas fatalement d'une augmentation de la masse comme pourrait le faire croire le terme hyperglobulie. Bien plus, c’est seulement dans des cas assez rares, que nous avons noté cette augmentation de la masse ; dans d’autres, au contraire, et non les moins nombreux, l'augmentation de la masse fait place à une diminution, ou bien encore le globule garde son aspect normal. On ne pourrait donc vraiment donner le nom d’hyperglobulie qu'à l’état pathologique du sang où, à l’angmentation du nombre des globules, s’ajouterait l'augmentation du diamètre, si l'on veut

respecter l'étymologie du mot hyperglobulie. Aussi, croyons-

nous qu'il serait préférable de se servir du terme polyglobulie, :

ou de polycythémie, comme le fait Limbeck dans son Traité de pathologie clinique du sang, pour désigner l’état caractérisé par l'augmentation du nombre des hématies dans le sang. Cette déno- - mination aurait l'avantage de ne pas préjuger des changements physiques des globules. De plus elle aurait encore, à notre avis, l'avantage de servir à une classification plus rigoureuse des polyglobulies. Celles qui s’accompagneraient d'une augmentation du diamètre des globules seraient dites polyglobulies avec hyperglobulie ; celles, au contraire, au cours desquelles les diamètres glo-

bulaires resteraient égaux, ou inférieurs aux diamètres normaux, | seraient appelées polyglobulies sans hyperglobulie. »

Nous avons indiqué les travaux de Malassez qui rappelle la. différence de composition du sang dans la cireulation profonde artérielle et dans la circulation périphérique veineuse. Le pointl de départ de ces variations réside dans le réseau capillaire périphérique, soumis à des actions vaso-motrices extérieures, le froid, la chaleur, la sécheresse par exemple. Il en est de même du rein et des glandes en activité. Ces phénomènes suffisent à produire une polyglobulie locale qui ne s'associe pas à une polyglobulie profonde. Les expériences de laboratoire de Beaujard et Ambard, d'Hallion et Tissot, ont désigné le froid comme un des principaux facteurs de la polyglobulie des altitudes.

À son tour, Quiserne divise les polyglobulies en relatives et vraies. Ces dernières sont causées par une néoformation : les premières résultent uniquement de la concentration plus ou moins grande du plasma sanguin, et dont la conséquence est la présence d’un nombre supérieur d’hématies dans une goutte de sang. | |

La polyglobulie relative se rencontre dans un certain nombre de cas. Au point de vue physiologique, on aura l'influence des nerfs vaso-moteurs. Le système nerveux sympathique a pour but de contracter normalement les vaisseaux ; son excitation augmente cette contraction ; sa paralysie la fait disparaître. Suivant Malassez, personne n'ignore qu'après la paralysie du sympathique,le sang sort plus rouge et en plus grande quantité ; l’auteur est alors amené à chercher si, dans les vaisseaux paralysés, l'augmentation globulaire notée au niveau de la peau était moindre que dans les vaisseaux non paralysés ; et ses expériences donnent les tableaux suivants :

Lapin n° 1, après section d’un sympathique au cou :

L \ Oreille normale Oreille sympathisée Leslondemain #4, : 5:570:000 5.050.000 Le surlendemain . . . .. . . . 5.820.000 5.320.000

Lapin n° 2, après section d'un sympathique au cou :

Oreille normale Oreille sympathisée

Quelques minutes après l’opération 5.820.000 5.820.000 Lé-lendemain "#5... . .,. 5.820.000 5.150.000 RO ER 4 à 4.810.000 4.620.000 ORPI P Rte eue ee te an. 200! 000 3.860.000

La diminution du nombre des globules est donc très sensible du côté où le sympathique a été sectionné. Et l'on a eu dans ces deux cas un phénomène de polyglobulie sans néoformation d’hématies. À leur tour, toutes les causes agissant sur le sympathique devront déterminer une modification du même genre. Parmi les causes de polyglobulie par excitation du sympathique, on peut en retrouver de physiques comme le froid, les injections souscutanées de sérum artificiel signalées par Chéron dans une communication à l'Académie des Sciences, mais on rencontre aussi des causes morales, la peur, par exemple, qui fait pâlir le visage. Dans ce groupe de polyglobulies par excitation du sympathique, figurent encore certaines augmentations de globules dans plusieurs états pathologiques.On trouve au premier rang parmi elles la maladie de Raynaud, asphyxie symétrique des extrémités, rapportée par cet auteur à une névrose du sympathique. Il en est de même pour différents cas de myxædème.

Nous nous trouvons ainsi en présence d'un facteur de polyglobulie, le froid, agissant par excitation du sympathique, et que l’on rencontre aux grandes altitudes dans les ascensions en ballon. 11 déterminerait la contraction des vaisseaux périphériques,et aug-| menterait ainsi le taux des globules rouges dans chaque goutte

du sang. Faut-il donc expliquer par la vaso-constriction cette hyperglobulie des aéronautes ? A cette question de la polyglobulie, Quiserne va répondre par la néoformation.

[l ramène encore au groupe des polyglobulies relatives celles qui tiennent à des causes purement physiques : le climat, la latitude. On à remarqué que, sous les tropiques, le sang présentait souvent un chiffre d’hématies supérieur à celui que l’on constate dans les régions tempérées. Alors même que l’individu est atteint d’anémie, affection fréquente dans les pays chauds, ses globules sont en nombre au moins égal à celui des hommes sains vivant dans des contrées plus froides.Marestang a reconnu cette polyglobulie après examen du sang de vingt soldats embarqués pendant trois mois et demi et séjournant depuis deux mois sous les tropiques. Chez quatorze d'entre eux l'augmentation des globules était de 500.000. Chez les 6 derniers, elle atteignait un million. Il en était de même du taux de l’hémoglobine. A Nouméa, des forçats arrivés plusieurs années auparavant avaient une moyenne de 5.770.000 globules. Marestang expliquait ces faits par la nécessité de compenser la tension moins forte de l'oxygène. Quiserne commente à son tour cette polyglobulie qui semble contradictoire, quand on la compare à celle que détermine le froid influant sur le sympathique. Elle est liée uniquement à la concentration du sang, et doit être rapprochée de « toutes les causes susceptibles d'exagérer une sécrétion normale, ou de créer une sécrétion anormale ». La chaleur, le soleil agissent donc par l'extrême évaporation cutanée, et l’on peut les rapprocher de la fatigue, des efforts, des courses prolongées. La concentration du sang se retrouve également dans la lactation et la menstruation, à la suite d’une diarrhée abondante ou d’une forte diurèse, dans les œdèmes, et enfin, chez les nouveau-nés, après l'apparition de l'évaporation cutanée et de la respiration, ù

Les polyglobulies relatives résultent, en conséquence, soit {d’un phénomène de vaso- constriction, soit d'une concentration | du sang. Ces deux facteurs permettent-ils d’ expliquer la polyglobulie des altitudes, dans les ascensions de montagnes où dans les voyages en ballon? Quiserne ne le pense pas, et il défend à son tour le principe de la néoformation. Il se range à l'avis de Jourdanet, de Paul Bert et de Viault qui rapportaient le mal des montagnes à la variation de pression atmosphérique, et pour lesquels l'acclimatement représentait seulement cette faculté pour le sang de transporter plus d'oxygène grâce à la multiplication des globules. Quiserne rappelle le tableau de Kæppe dans lequel l’'hyperglobulie semble proportionnelle à l'altitude. Le mal des montagnes et le mal en ballon sont dus « à la gêne apportée par la variation de pression à la fonction respiratoire du sang et persistent tant que la réaction organique n'a pas rétabli l’équilibre nécessaire à la vie par l'augmentation du nombre des hématies. Les différences constatées dans leur moment d'apparition et leur violence ne tiennent qu’à des facteurs individuels... Dans l’ascension en ballon où le travail musculaire et la fatigue sont au minimum, ce n’est qu'à 1.000 mètres que les aéronautes disent en avoir eu à souffrir... La polyglobulie des altitudes est due à une cause physiologique. Elle cesse avec elle, elle ne donne lieu à des phénomènes morbides que si la cause productrice agit avec une telle force qu'elle ne donne pas à l'organisme le temps de réagir. Enfin, cette polyglobulie des altitudes n'empêche pas non plus les causes physiologiques qui influent sur la composition du sang de s'exercer sur l'individu indépendamment de son action | propre. »

En somme, la polyglobulie vraie des altitudes Ar être rapprochée des polyglobulies vraies par obstacle mécanique à l'arrivée de l'air dans les poumons. La compression de la trachée

PTE ne PR EE ir EEE étudiée expérimentalement par Vaquez, Sellier, le pneumo-thorax partiel provoqué par Auscher et Lapicque donnent lieu à une cyanose que combat la polyglobulie. Quand l'obstacle à l'héma. tose est supprimé, le sang revient à la normale.

Il y a également un lien entre la polyglobulie des altitudes et celle de la cyanose congénitale. Vaquez a constaté chez un malade atteint de cyanose, et pour lequel la numération des globules avait donné le chiffre très élevé de 8.900.000 hématies, des vertiges analogues au vertige de Menière, des hémorragies gingivales, accidents fréquents dans le mal des montagnes. La concentration du plasma ne donnait pas, expérimentalement, les mêmes symptômes. Il y avait donc là une véritable hyperglobulie qui croissait, comme celle des aéronautes, avec l'altitude.

Existe-il, en faveur de la néoformation, des modifications histologiques du sang prélevé à de grandes altitudes ? Quisernerappelle le nombre anormal de microcytes reconnu dans le sang des habitants d'Arosa par Mercier qui trouve chez sa fille jusqu’à 200 microcytes sur 800 globules, maximum obtenu seulement au bout de 9 journées de séjour. Egger conclut de même.Ces microcytes persistent jusqu’à l'acclimatement, et, pendant ce temps, il n’y à pas hyperglobulie véritable, puisque le diamètre des hématies est diminué, mais polyglobulie. Onne peut affirmer la présence d’hématies nucléées que signalent Schaumann et Rosenqvuist dans le sang recueilli au laboratoire, Gaule sur des prises en ballon, puisque Jolly n’a pu en retrouver une seule. Mais Quiserne croit pouvoir dire, en ce qui concerne l'hémoglobine,« que la polyglobulie des altitudes, causée par la diminution de tension de l'oxygène dans l'air, doit forcément s'accompagner d’une augmentation de l’'hémoglobine proportionnelle à celle du nombre des globules rouges nécessaires à rétablir l'équilibre détruit

par ies variations de la pression atmosphérique. En effet, il ya

une augmentation réelle de l'hémoglobine dans cette polyglobu-} lie, mais cette augmentation est beaucoup plus lente à se pro-| duire que l’augmentation globulaire. » «

Tous ces faits déterminent Quiserne à admettre la néoformation, Sans doute, il reconnait que «la concentration joue un rôle dans la production des phénomènes, d'adaptation. Au cours d’ascensions en ballon, Jolly et Bensaude ont en effet constaté dans ces | cas, où les causes amenant la contraction agissent au minimum, | des polyglobulies bien inférieures à celles notées pour une même élévation au-dessus du niveau de la mer pendant une ascension faite à pied. Or la fatigue, l'exagération des sécrétions produites par le travail musculaire sont justement parmi les faits invoqués comme amenant le plus souvent la concentration. Il y avait donc réellement un phénomène mixte d'adaptation, dû à la concentra-| tion et à la néoformation. »

C'est par l'expérimentation que l’auteur veut démontrer le mécanisme de la néoformation. Déjà Sellier avait indiqué la relation entre la diminution de l'oxygène et la polyglobulie. Quelque temps après, Regnard note, chez cinq tourterelles auxquelles il fait respirer de l'oxygène pur pendant une semaine, tout en conservant un degré hygrométrique constant, une diminution de 470.000 hématies en moyenne. La polyglobulie est donc en rapport avec le taux d’oxygène de l’air. Palleri et Mergari augmentent de leur côté la proportion d'acide carbonique et trouvent de l’'hyperglobulie. Quiserne, à son tour, cherche à déterminer le rôle des organes hématopoiétiques. Il compte les globules de quatre lapins de poids égal et nourris d'une façon semblable,puis il procède àla splénectomie de deux d’entre eux :

18 mars 4 mai Lapin 14. 4.380.000 globules rouges 4.150.000 (après splénectomie). Lapin 2. 4.600.000 —— 4.700.000 (après splénectomie). Lapin 3. 4.486.000 — 4.520.000 (sain).

Lapin 4. 4.524.000 = 4.600.000 (sain).

Les lapins sont ensuite envoyés à Briançon (1.500 mètres).

L'acclimatement est facile pour les deux lapins sains, plus lent

pour les lapins privés de rate. Au bout de dix jours, une nouvelle

numération est faite :

Lapin 1 (dératé).

Sang de l'oreille :

Nombre des globules rouges. . . . . . .

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