‹ Physiologie de l'aéronauteChapitre 13 sur 52 · II. — L'HÉMOGLOBINE · texte numérisé non relu

II. — L'HÉMOGLOBINE

Nous avons indiqué, au cours de notre étude sur l’hyperglobulie des ascensions, les rapports fixés par les auteurs entre le nombre de globules observés et la richesse du sang en hémoglobine. Cette hémoglobine qui donne au sang sa couleur rouge est un véritable ferment oxydant, très riche en fer. Elle absorbe l'oxygène au niveau des alvéoles pulmonaires, se transforme en oxyhémoglobine et se réduit ensuite dans le réseau capillaire, abandonnant son oxygène aux tissus. L'augmentation réelle du nombre des globules sous l'influence de Ia diminution de tension d'oxygène devrait ainsi s'accompagner d'une augmentation de la richesse du sang en hémoglobine. Rappelons enfin que l’hémoglobine se trouve à deux états, hémoglobine jeune et hémoglobine achevée, dont la valeur chromométrique est différente.

Les travaux de Paul Bert sur /a Pression barométrique concluent en faveur d'une modification dans la nature ou la quantité d’hémoglobine. A leur tour, Viault et Jolyet observent que le sang des animaux vivant en plaine absorbe seulement 10 à 12

|pour 100 d'oxygène, tandis que le sang de la vigogne et du lama {en absorbe 19 où même 21 pour 100. Le chiffre de 10 à 42 pour 100 au niveau de la mer est d’ailleurs inférieur à la normale. A Arosa, Egger dose sur dix lapins la quantité d'hémoglobine du | Sang. I constate une augmentation moyenne de 24 pour 100 | après quatre semaines et demie de séjour. De plus, il remarque

que l'hémoglobine diminue légèrement les premiers jours pour

HÉMOGLOBINE 89 ee ee St

augmenter ensuite. Il a trouvé au bout de douze jours, chez neuf personnes, une augmentation À hémoglobine de 7.23 pour 400 seulement, tandis que celle des globules atteignait 19.75 pour 100. Le rapport se modifie ensuite, et, après un mois de séjour, il y a un supplément de 15 à 32 pour 100 d’hémoglobine contre 23 pour 400 de globules. Le fait est d'accord avec la théorie de la néoformation globulaire. Les hématies jeunes sont peu riches en hémoglobine et ne se chargent qu'assez lentement de cette substance.

Les résultats de Mercier sont conformes aux précédents ; après une première période caractérisée par l'apparition de très nombreux microcytes (jusqu'à 200 sur 800 globules) et par la diminution de l'hémoglobine, le taux de celle-ci remonte et arrive à

- la normale quand s'achève la troisième semaine du séjour. Müntz trouve enfin, sur des animaux vivant au Pic du Midi, une augmentation du fer. Cependant, Abderhalden déclare que cette augmentation n'est qu apparente, et qu'elle disparait complètement si l'on rapporte le chiffre de l’hémoglobine à la masse totale du sang et au poids de l'animal.

Dans leurs expériences de laboratoire, Auscher et Lapicque diminuent, chez un chien, le sang de l’hématose en pratiquant sur lui un pneumothorax partiel et aseptique. Le développement du nombre des “globules et de l’hémoglobine doit compenser la

gène apportée à l’hématose. [ls arrivent à ces résultats :

18 décembre. 5.124.000 globules rouges. Teneur en fer (1.000) : 0,34.

Opération.

29 décembre 5.800.000 — — »

7 janvier 6.240.000 — — »

Les auteurs obtiennent ainsi une hyperglobulie liée à l’aug-

mentation de la teneur en fer, qui indique que cette hyperglobulie

est vraie.

À son tour, Quiserne étudie les rapports de l’hémoglobine et

des globules. fl transporte à Briançon (1.500 mètres) quatre lapins dont deux ont été splénectomisés avant le départ. Il note les

chiffres suivants, à Briançon:

Lapin 1 (dératé) 5.850.000 globules rouges (oreille) 100 hémoglobine Lapin 2 (dératé) 5.620.000 — 90 — Lapin 3 (sain) 6.514.000 — 101 — Lapin 4 {sain) 6.940.000 — 110

Tous ces cobayes présentent de l’hyperglobulie, moins nette chez les cobayes dératés, et en rapport avec une augmentation de l’hémoglobine.

Cette production de l'hémoglobine aux altitudes, parait donc un fait acquis. Mais, les expériences effectuées dans les ascen- | sions en ballon vont modifier ces résultats comme elles transformeront la question de l’hyperglobulie.

Pendant les ascensions de novembre 1901, Victor Henri et Calugareanu recueillent dans l'artère fémorale d’un chien deux échantillons de sang. La première prise est faite à terre avant le départ ; la seconde, à 3.500 mètres, à la température de 0°. Les analyses de ces échantillons montrent que la composition en eau, en azote et en fer est très voisine, à 3.500 mètres, de celle constatée à terre avant le départ. Le dosage du fer est effectué au retour par Lapicque.

«Il m'a été remis deux échantillons pesés de chaque sang, contenant, déduction faite de fluorure, les volumes de sang suivants :

[ a. O cc. 934. Rapport color. 45/88 Fer pour { ce . , . . 0.558 1, b. 1 ce. 704, — 45/47 = s, + MOOD ll, a. 0 ce. 803 —— 45/102 Sr US 50 HD MICc 1608: — 45/56 — RE a DST

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