‹ Physiologie de l'aéronauteChapitre 14 sur 52 · HÉMOGLOBINE · texte numérisé non relu

HÉMOGLOBINE

Lapicque croyait alors à l’hyperglobulie vraie dans les ascensions en ballon, et pensait, en présence de ces résultats, « qu'il y avait eu une erreur dans l'étiquetage des échantillons, ou bien qu'il avait fait quelque faute de dosage, bien que l'écart des deux chiffres fût au-dessus, nettement, de l'incertitude du procédé ».

De son côté, Jolly compte les globules du sang prélevé en piquant la pulpe du doigt, et remarque que les quantités d’hémoglobine évaluées au colorimètre Malassez sont de 14 pour 100 à terre, de 15,5 pour 100 à 4.450 mètres et de 14 pour 100 à la descente. Ces quantités sont parallèles, et donnent une valeur hémoglobique constante et d’ailleurs normale.

C'est également en ballon que Schrætter et Zuntz constatent l'absence de variations de l’hémoglobine.

L'année suivante, en 1902, E. Reymond et Tripet communiquent à la Commission Scientifique de l’Aéro-Club de France,les résultats des expériences qu’ils ont faites, le 20 juillet, dans le ballon Eros que conduisait M. de la Vaulx. Les auteurs se sont proposé d'étudier, à 5.500 mètres, les variations de l’hémoglobine dans le sang, la durée et l’activité de la réduction de l'oxyhémoglobine. L'augmentation de l'hémoglobine atteint, chez M. de la Vaulx, 4 pour 100 à 4.000 mètres, soit 16 pour 100 contre 12 : pour 100 au départ. L'activité de réduction augmente également comme la durée de réduction. A 4.000 mètres, l’activité des échanges a plus que doublé pour deux sujets : elle n’est que de 1,8 chez le troisième.

En concluant, E. Reymond et Tripet déclarent que :

«1° Aux grandes altitudes, la durée de réduction de l'oxyhémoglobine diminue au point d'atteindre et même de dépasser la moitié de la réduction normale.

«2° Cette diminution est presque instantanée en ballon, en l’absence de toute fatigue,

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« 3° La proportion d’oxyhémoglobine augmente d’une façon manifeste chez les sujets observés.

«4° Au retour sur le sol, cette augmentation de l'oxyhémoglobine diminue ainsi que l’exagération de l'activité de la réduction pour se rapprocher de la normale.Cependant les deux facteurs restent encore supérieurs à l'état observé au départ, »

Ces phénomènes sont en rapport avec la tension de l'oxygène de l'air dans les altitudes élevées.[ls ne contredisent pas les résultats étudiés précédemment.

Enfin, dans l'ascension du 6 juillet 190%, Lapicque examine le sang central et y trouve, comme dans les ascensions de 1901, une diminution de l’hémoglobine, Cette diminution, qu'il avait autrefois attribuée à une erreur de technique, est donc bien réelle.

« 1° Chien jeune, 9 kilogrammes. A terre, canule dans la carotide ; recueilli 44 gr. 95 de sang dans un flacon taré contenant 0 gr. 97 de solution d'oxalate (de plus, prise de 30 grammes de sang environ dans une pipette de Saint-Martin). 2 centimètres cubes de ce sang oxalate sont étendus à 50 ; cette solution comparée à un étalon colorimétrique donne l'égalité de teinte sous une épaisseur de 42.

«A 300 mètres, canule dans l'autre carotide ; 44 grammes de sang sont recueillis dans un flacon taré avec 1 gr. 04 de solution anticoagulante. Etendu et observé dans les mêmes conditions : épaisseur colorimétrique 46, soit une diminution dans la proportion de matière colorante de 9 à 10 pour 100; la saignée effectuée en admettant que le volume sanguin eût été exactement établi, l'aurait fait baisser d'environ 6 pour 100.

« Sur les mêmes échantillons de sang, de Saint-Martin a trouvé

en hémoglobine dosée au spectophotomètre respectivement 13 gr. 10 et 11 gr. 58.

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