‹ Physiologie de l'aéronauteChapitre 15 sur 52 · HÉMOGLOBINE · texte numérisé non relu

HÉMOGLOBINE

«2° Cobaye normal. A terre, prise dans le cœur d’un centimètre cube de sang (une seringue de Pravaz). Epaisseur colorimétrique 44. À 3.100 mètres, ième prise. Epaisseur colorimétrique 46, soit 4 à 5 pour 100 de diminution dans la proportion de matière colorante. »

Ces expériences s'associent absolument à celles qui ont pour objet la numération globulaire. Il y a, dans le sang, concentration du plasma à la périphérie, sous l'influence de phénomènes vasomoteurs : ainsi s'expliquent les chiffres de globules et d’hémoglobine observés. Mais cette concentration n'existe pas dans les vaisseaux profonds dont les globules conservent, quant au nombre et quant à la richesse en hémoglobine, un équilibre constant.

Nous terminerons ce chapitre en rappelant les travaux de Guillemard et Moog, sur le Mont-Blanc. Ils constatent pendant le séjour, soit une variation du taux de l’hémoglobine dans le même sens que celle des globules, soit une variation en sens inverse. Le temps modifie d’ailleurs les résultats. Au début, lorsque les auteurs ont trouvé une diminution du taux de l’hémoglobine, elle indiquait la rétention d’eau; puis survient la décharge urinaire et l’augmentation du taux de l’hémoglobine. Cet intéressant phénomène produit du côté des reins par les grandes ascensions, sera étudié à l’occasion de la pathogénie du mal en ballon.

Nous conclurons donc en estimant que le taux réel de l'hémo-\ globine ne varie pas dans le sang pendant les ascensions en ballon : les modifications apparentes sont liées à l'hyperglobulie relative souvent constatée dans le système veineux périphérique,

et déterminée par des actions vasomotrices.

II]. — LES LEUCOCYTES

La concentration du plasma sanguin dans les vaisseaux périphériques y détermine souvent l'accumulation des globules rouges. [l n’en est pas de même des leucocytes. L'indépendance est complète entre ces deux éléments figurés du sang, et nous allons inscrire dans les divers examens de globules blancs, effectués à terre et en ballon, des chiffres à peu près identiques.

Les recherches de Quiserne, en 1902, avaient porté sur quatre

lapins transportés de Paris à Briançon. Les chiffres obtenus ont été les suivants :

à Paris à Briançon

(4 mai) (16 mai) Lapin n° | (splénectomisé). . . . 9.000 leucocytes 10.400 leucocytes Lapin n° 2 (splénectomisé). . . . 8.600 — 10.000 — Lapinent3}{sain) Me Fe TE NCA 4.800 — Lapin a fsain)e "17" 025 HO AURTORRIRREE 6.000 —

Chez les deux lapins sains, les chiffres de Briançon sont inférieurs à ceux de Paris. Les deux premiers lapins, qui présentaient une augmentation des leucocytes,avaient été splénectomisés avant le départ, et leur acelimatement était laborieux. ‘

C'est également dans une station d'altitude, au Lautaret (2.070 mètres), qu'Armand-Delille et André Mayer ont numéré les globules blancs de deux lapins.

Les chiffres qu'ils ont trouvés (5.000 par millimètre cube de sang), ne différaient pas des chiffres normaux du lapin.

Ces expériences ont été répétées en ballon. En 1901, Jolly

examine des préparations de sang et compte les leucocytes dans

LEUCOCYTES 95 à | des échantillons prélevés à terre et à 4.450 mètres. Il ne constate pas de leucocytose. Les chiffres forment une courbe très irrégulière : on remarque que le point le plus élevé de cette courbe correspond à l'altitude maxima.

FR ON RS RS TEE RE 6.800 leucocytes AIO C0 metres PRES On 7.200 — OO ETC EEE Mi Da mt re Qc 5.200 — AROUOPEA CROSS TANT Lee Re >.200 — PO OMNOIMEST RE En ere Ah dau à 9.200 De Au-dessous de 3.900 mètres. . . . . . . . 5.600 —- LP ACUUSEN CITES A NE EN RE 7.600 —

Les grandes oscillations de cette courbe empêchent d'en tirer des renseignements précis. Pour la proportion des variétés de globules blancs elle reste la même :

A terre, pour 100 leucocytes : 19 lymphocytes, 7 grands mononucléaires, 73.5 polynucléaires, 0.5 éosinophiles.

À 4.450 mètres : 18.5 lymphocytes, 3.5 grands mononucléaires, 78 polynucléaires, 0 éosinophile. |

Les différences minimes restent dans la limite des erreurs possibles. La morphologie des globules blancs n’a donc pas varié.

De nouveau. en 1904, Jolly examine avec Victor Henri les leu cocytes du sang recueilli, cette fois, en ballon, sur un lapin dont un sympathique a été sectionné au cou.

A terre, 2.800 leucocytes (sang de l'oreille normale) ; 4.600 (oreille du côté de la section).

À 2.500 mètres, 4.800 leucocytes (sang de l'oreille normale) ; 3.200 (oreille du côté de la section).

À 2.500 mètres, le sang carotidien contient 3.600 leucocytes.

11 n'y a donc pas, à proprement parler, de leucocytose.

Nous avons répété, à notre tour, ces expériences, en numérant,

en ballon, le sang périphérique de quatre cobayes.

OBservATION IX.

Nous avons examiné, au point de vue des globules blancs, le sang de quatre cobayes que nous avions placés dans des caisses décrites dans les observations IV à VII. Le cobaye À était dans une atmosphère saturée d'humidité ; le cobaye B, pris comme témoin, se trouvait dans une cage largement ouverte ; dans la caisse qui contenait le cobaye C, nous avions assuré la sécheresse complète de l'air ; enfin, pour le cobaye D, nous avions supprimé toute déperdition de chaleur.

Une première numération avait été effectuée deux jours avant l'ascension. La seconde et la troisième numérations ont été faites sur des échantillons prélevés à terre, avant le départ, et à 3.200 mètres, après deux heures et

demie d’ascension.

Au laboratoire A terre, A 3.200

Leucocytes : (31 juillet) 2 août mètres

Cobaye À (humidité). . . . . . , . 6.000 3.600 4.000 Cobaye B'(émoin) 00... Pt 600 10.400 9.200 Cobaye C (sécheresse) . . . . . . . 4.000 5.600 6.800 Cobaye. D. (chaleur): 0020/0610 0 180 7600 6.000 7.200

L'examen des chiffres nous permet de conclure à l'absence de la leucocytose pendant les ascensions en ballon.

Effectué sur le sang d'une grenouille, ce mème examen nous a

donné: :

Aü'laboratoiret, 22 OO 00 leucocytes A terre, avant le départ . . . 3.600

À 3.200 mètres. . . . . . 4.400 =

Nous avions constaté, dans l'observation VITE, que le sang des animaux à sang froid ne se prêtait pas aux recherches en ballon.

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